08 novembre 2026

Se connecter à l'essentiel -«Je n’ai pas de téléphone et je n’en veux pas »

 



Vivre sans téléphone intelligent, c’est possible. Je le sais parce que vous avez été nombreux à m’écrire votre décision dissidente de vivre en marge du monde (virtuel) : « Je n’ai pas de téléphone intelligent. »


Mathieu Surprenant : « J’ai eu un téléphone cellulaire, de style flip flop, sans internet. Je disais à tout le monde que je ne voulais pas recevoir de textos, un téléphone, c’est fait pour appeler. La plupart du temps, il restait à la maison : je ne voulais pas être dérangé par du monde avec qui je n’étais pas… »


Luc Martin : « Je n’ai pas de cellulaire et je n’en veux pas. Je joue au badminton et certains joueurs ont une montre connectée. En plein milieu du match, ils reçoivent un appel et parlent à leur montre. C’est fou. Ils sont incapables de se déconnecter. »


Pascale Boulay : « Voici le compromis, efficace pour moi : oui à l’internet, sur ma tablette. Non au cellulaire. Ça implique que je n’utilise pas le mobile à longueur de journée. Même chose dans ma classe : je suis enseignante et je suis revenue au tableau vert, à la craie ; aux livres, aux crayons et au papier. »


Vincent Painchaud, lui, a eu une épiphanie en regardant sa bibliothèque pleine de livres non lus : « Et j’ai pensé à ma famille, aussi. Se peut-il que dans une journée ordinaire, je passe plus de temps à regarder mon cellulaire que ma blonde ? TikTok, que ma fille de 3 ans qui fait des pirouettes dans le salon ? »


Sarah Lalonde, « 46 ans et toujours pas de cell, je résiste », m’a écrit pour raconter son trip en solo sur la Véloroute des Draveurs, en Outaouais. Pour l’occasion, elle a pris le vieux cell de son chum, « pour la sécurité » et « pour ne pas tout prévoir à l’avance ».


Avoir un téléphone intelligent sur elle fut « merveilleux et weird », m’a confié Sarah. Elle a mal dormi la première nuit, en camping, trop chaud, puis trop froid, matelas de sol inconfortable ?


Enweye, trouve le seul B & B de la région sur le téléphone de son chum pour la deuxième nuit. Utile, ce bidule ! Elle s’est aussi mise à fouiller sur Google pour trouver un bon matelas de camping : « Un problème ? Tadam, une solution… L’outil nous permet vite de sortir de l’inconfort. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? J’sais pas trop encore… »


Comme néophyte du cell, Sarah a découvert qu’elle aimait le contact constant avec ses proches, ça atténuait le sentiment de solitude qui l’avait un peu envahie, dans des voyages solos à vélo précédents.


Une tortue sur la route ?

Photo à une amie, avec les mots : « C’est ma vitesse du jour. »


Pierre tombale artisanale dans le cimetière de Wakefield ?

Photo à une autre amie. Fatiguée à sa troisième journée, envie de « crisser le feu » à son vélo ? Texto de défoulement à sa maman…


Sarah a cette belle image : « En temps réel, j’étais reliée à ceux que j’aime. Je ne voyageais plus seule. Je voyageais avec eux, voire pour eux. »


Pas grave, pour la vie de tous les jours, elle ne se dotera pas d’un téléphone intelligent.


Martin Gendreau, lui, n’a pas de téléphone intelligent, son adresse de courriel est encore Hotmail, il n’a qu’une ligne fixe à la maison.


Bref, Martin en convient : c’est comme s’il vivait en 1996 ! Et il aime ça.

« Je navigue sur l’internet 30 minutes par jour, sur mon ordinateur. Mon char n’est pas connecté, même pas de GPS. Lorsque je vais chercher du take-out au restaurant, je retourne dans la voiture le temps qu’ils préparent la commande… »


Et comment passe-t-il le temps, sans cellulaire, seul dans son char, en attendant son lunch ?


« Je feuillette le livret de l’album qui joue dans l’auto à ce moment-là. Power Windows de Rush, présentement… »


Vous aurez deviné que Martin a un lecteur CD dans son auto. Et un lecteur DVD/Blue Ray pour regarder des films à la maison !


« Tout le monde autour de moi a la face constamment rivée sur un écran, peste-t-il. Lorsqu’un collègue s’approche de moi avec son téléphone, ma première question est toujours la même : “C’est quoi que tu veux me montrer ?” »


Puis Martin pose une bonne question : « C’tu moi qui est pas normal ? »


Mathieu Surprenant jazze aussi à propos de la normalité – ou de l’anormalité – de l’époque quand il parle de la difficulté à ne pas avoir de téléphone : la quintuple vérification devient une plaie pour les gens sans cellulaire, dit-il, et tout le monde s’attend à ce que tu en aies un : « L’employeur t’envoie un code de vérification sur ton cellulaire pour que tu puisses ouvrir ton ordinateur de travail. Je ne comprends pas pourquoi on trouve ça normal. Peut-être est-ce moi qui ne suis pas normal… Ce ne serait pas la première fois. »


Pour Luc Martin, celui qui a des partenaires de badminton qui répondent à leur téléphone-montre en plein match, c’est ceux qui ont des cellulaires qui ne sont pas normaux…


« Au parc, il y a toujours des parents qui promènent leur jeune enfant dans un carrosse. Le petit regarde son père ou sa mère qui a le nez collé sur son écran. Je me fais un plaisir de parler à l’enfant en lui demandant s’il s’amuse bien avec papa ou maman… La réaction du parent est toujours la même : “C’est vrai que je passe trop de temps sur mon téléphone…” »


L’entourage de ces gens qui n’ont pas de téléphone intelligent est toujours ébahi, curieux, les questions reviennent sans cesse, pas mal toujours les mêmes : Comment tu fais ?!


La réponse de Luc Martin englobe celle de tous les dissidents numériques : « Pendant que vous regardez la vie des autres, moi je lis et je regarde le paysage quand je conduis mon auto… En essayant de vous éviter. »


Vincent Painchaud, lui, a retrouvé une quiétude d’esprit depuis qu’il a largué son téléphone intelligent. Il s’est doté d’un « téléphone niaiseux », comme il l’a qualifié dans un petit texte qu’il a publié dans la Revue Notre-Dame, il y a un an.


Je le cite : « Combien de fois ai-je sorti mon cellulaire comme un cowboy dégainant son pistolet pour le faire tournoyer, par ennui plutôt que pour m’en servir ? Verdict : même privé de certains outils, je suis plus productif que jamais. Le temps ainsi reconquis a pu être redonné non seulement à mes passions, mais aussi consacré à mes proches et à ma vie intérieure. Je me suis reconnecté à l’essentiel. »


Le mot de la fin revient à Martin Gendreau, celui qui vit comme en 1996, avec Hotmail, une ligne fixe à la maison et des lecteurs CD et DVD : « On peut me joindre du lundi au mercredi, entre 19 h et 22 h. Si je ne suis pas là, laisse un message sur le répondeur. »


Chronique intitulée

« Je n’ai pas de téléphone et je n’en veux pas »

Patrick Lagacé

La Presse

Le 8 novembre 2026

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07 novembre 2026

Gratin de courge musquée aux deux saumons +

En cette belle saison des courges, un délicieux gratin auquel j’ai ajouté une petite conserve de saumon dans l’huile d’olive et un sachet de saumon fumé ciselé en délicieux petits carrés, le tout surmonté de cheddar et de croûtons. Léger mais nutritif, un plat tout-en-un, une savoureuse alternative au poisson et frites du vendredi.

Ingrédients pour deux avec restes (4 portions raisonnables)

1 courge musquée moyenne, coupée en une vingtaine de tranches fines

1 oignon rouge, tranché finement

1/2 tasse de crème légère + 2 c. à soupe

1 oeuf battu

1 gousse d’ail, pressée

1/2 c. à thé d’estragon séché + 1/2 c. à thé de basilic séché

1 petite conserve de saumon de 80 g dans l’huile d’olive, égouttée, le poisson défait à la fourchette

1 sachet de saumon fumé de 50 g, ciselé en petits carrés 

3/4 tasse de cheddar fort, râpé

1 grande tranche de pain multigrain taillée en petits cubes (croûtons)


La cuisson se fait dans un four préchauffé à 375 °F (190 °C) et dure une cinquantaine de minutes.


1. Dans un plat allant au four légèrement huilé, disposer un premier rang de tranches de courge. Recouvrir de tranches d’oignon, puis de tranches de courge jusqu’à épuisement de celles-ci. J’ai obtenus 3 rangs de courge et deux d’oignons. 


2. Dans un bol, battre la crème avec l’oeuf, les herbes séchées et les deux saumons.


3, Verser cette préparation crémeuse sur l’étagé de courge et d’oignon, recouvrir de fromage et de croûtons et enfourner.


Cuire entre 45 et 50 minutes minutes.

 

Librement adaptée de la recette suivante,

https://www.recettesdici.com/fr/recettes/categorie-de-plat/accompagnements/recette/gratin-de-courge-musquee-et-cheddar







États-Unis - Un peu de lumière au bout du tunnel

« La vague démocrate qui déferle au Congrès américain injecte une bonne dose d’espoir dans un monde qui en a bien besoin. Enfin, on entrevoit un peu de lumière au bout du trumpisme.


Donald Trump, qui avait insisté pour que les élections de mi-mandat soient un référendum sur lui-même, s’est fait prendre à son propre jeu narcissique.


« Faites comme si j’étais sur le bulletin de vote », a répété durant la campagne un Trump qui se croyait inébranlable. Et pour cause… Voilà un président autoritaire, corrompu, misogyne et raciste qui, il y a à peine deux ans, avait réussi à se faire réélire en dépit des multiples scandales qui lui collent à la peau et de l’assaut du Capitole en 2021.


En 2016, alors qu’il était candidat, Trump avait déclaré que même s’il tirait sur quelqu’un au beau milieu de la 5e Avenue, ça ne lui ferait pas perdre un seul vote. C’était complètement fou et néanmoins presque vrai…


Dix ans plus tard, la vague bleue qui balaie les États-Unis nous montre que ce ne l’est plus. En faisant comme si Trump était sur le bulletin de vote, les électeurs lui ont fait subir une défaite historique, du Texas au Michigan.


Ce référendum perdu par Trump est beaucoup plus qu’un concours de popularité pour déterminer qui est le mieux placé pour répondre aux préoccupations terre-à-terre des Américains sur le coût de la vie et le prix de l’essence à la hausse en raison de la guerre en Iran.


C’est aussi un test de résilience pour la démocratie américaine mise à mal par un oligarque, plus obsédé par son propre intérêt et celui de ses amis milliardaires que par celui du peuple qui l’a porté au pouvoir.


Les victoires démocrates dans de nombreux bastions républicains ont montré qu’il est finalement possible de déjouer les stratagèmes populistes de Trump et de ses ingénieurs du chaos qui, jusque-là, semblaient marcher à tout coup.


Elon Musk aura eu beau dépenser près d’un demi-milliard pour influencer l’issue des élections de mi-mandat – une somme record pour une personne qui n’est pas elle-même candidate –, cela n’a pas donné les résultats qu’il espérait.


La désinformation et la haine (antitrans, antimigrants, antimusulmans, etc.) comme choix politiques pour fédérer la colère et la peur… aucun de ces « vieux trucs » trumpistes n’a fonctionné non plus.


On l’a vu au Texas avec la victoire historique du démocrate James Talarico, élu en dépit du fait que Musk ait injecté des millions dans la campagne de Ken Paxton, son adversaire républicain empêtré dans de multiples scandales.


Une victoire qui prouve, selon Talarico, que tout l’argent du monde ne fait pas le poids face au pouvoir du peuple. Et qu’une politique de division ne fait pas le poids devant une « politique d’amour » – une idée qui, visiblement, a interpellé les Texans choqués de voir des voisins tout à fait respectables être traités comme des criminels par la police de l’ICE chargée d’exécuter la plus grande expulsion de l’histoire des États-Unis promise par Trump.


On l’a vu au Michigan avec la victoire du Dr Abdul El-Sayed, premier homme musulman élu sénateur aux États-Unis, malgré une campagne électorale marquée par la vague la plus intense de rhétorique islamophobe en politique américaine depuis le 11-Septembre.


En fin de campagne, Trump et J.D. Vance avaient misé sur un blitz raciste délirant pour mieux démoniser El-Sayed. Après l’avoir rebaptisé de son deuxième prénom « Mohamed » et traité de terroriste, le président a prétendu que le candidat démocrate allait inviter au pays des « hordes de djihadistes » jusqu’à ce que les Américains ne puissent plus fêter Noël.


J.D. Vance a de son côté tenté d’associer El-Sayed aux débordements des manifestations en France et a prétendu que ce médecin, ancien responsable de la santé publique, allait encourager des émeutiers à « brûler Detroit », rien de moins.


J. D., habibi [mon chéri, en arabe], il y a cette délicieuse ironie dans le fait que tu es constitutionnellement obligé de me faire prêter serment en janvier.

- Abdul El-Sayed dans son discours de la victoire


Et il a ajouté à l’intention de Trump : « Je sais que tu as du mal avec mon nom, alors après que J. D. m’aura fait prêter serment, tu peux simplement m’appeler sénateur. »


On voit donc poindre un peu de lumière au bout du trumpisme, disais-je. Mais disons que l’on n’en est pas sortis pour autant. Il reste plus de deux ans au mandat de Trump et il serait pour le moins étonnant que cette défaite cuisante soit suivie d’un soudain sursaut de sagesse du locataire de la Maison-Blanche ou d’une folle envie de collaborer avec les démocrates pour le bien de la nation et de l’humanité.


Le pire est peut-être à venir de la part d’un homme humilié et imprévisible qui n’a plus rien à perdre. Mais, au moins, se dresse devant lui une forte résistance. »


Chronique intitulée

La lumière au bout du trumpisme

Rima Elkouri

La Presse

le 5 novembre 2026

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06 novembre 2026

Choisir d’être heureux

 



La décision la plus courageuse 

que vous prenez chaque jour, 

c'est d'être de bonne humeur.


Voltaire

écrivain et philosophe français

1694-1778

05 novembre 2026

Pouding à l’ananas et à l’érable allégé ou presque +

Pour préparer ce dessert, je me suis servie d’une recette de pouding en m’efforçant de réduire les ingrédients du sirop, mais je dois dire que cette réduction étant encore trop sucrée à mon goût, je recommande de réduire les quantités de chacun des éléments du sirop à 1/3 de tasse au lieu de 1/2 tasse.


Ingrédients pour huit


Gâteau

1 tasse de farine tout usage

1 1/2 c. à thé de poudre à lever (levure chimique) 

1/2 c. à thé de muscade râpée ou moulue

Une pincée de sel

1/4 tasse d’huile de pépins de raisin (ou autre que huile d’olive)

1/2 tasse de cassonade

1 œuf à température ambiante

1/2 tasse de lait de coco léger

1 tasse d’ananas frais, coupés en petits dés


Sirop

1/2 tasse de crème 15 % ou de lait de coco léger

1/2 tasse de sirop d’érable

1/2 tasse de cassonade


La cuisson se termine dans une assiette à tarte profonde bien beurrée ou un plat carré huilé, dans un four à 350 °F (180 °C).


Gâteau

Dans un bol moyen, mélanger la farine, la poudre à lever, la muscade et le sel.

Dans un bol plus grand, fouetter ensemble l’huile et le sucre pour mélanger, ajouter l’œuf et battre jusqu’à consistance homogène Ajouter, en alternance, les ingrédients secs et le lait. Ajouter les ananas et verser dans le plat de cuisson. Étendre à l’aide d’une spatule en caoutchouc.


Sirop

Dans une petite casserole, faire chauffer la crème ou lait de coco, le sirop d’érable et la cassonade jusqu’à ce que cette dernière soit dissoute.


Verser doucement la sauce tiède sur la pâte, sans mélanger.

Faire cuire entre 40 et 50 minutes ou plus, jusqu'à ce qu'un cure-dent, inséré au centre du gâteau en ressorte presque propre.

Laisser refroidir 15 minutes avant de servir le pouding tiède dans une petite assiette creuse ou un bol et le napper de sauce.


Un dessert économique

Les ananas sont en promotion cette semaine (du 5 au 11/11/26) 

chez Métro.




États-Unis - Les démocrates se remettent enfin à rêver

 

Avez-vous regardé le ciel hier ? La victoire démocrate y était inscrite de façon spectaculaire !

« Enfin une victoire pour les opposants à  Donald Trump. Le triomphe des démocrates aux élections de mi-mandat, dû notamment à la percée de l’aile gauche du parti, redonne espoir aux progressistes américains. Mais la course informelle à la présidentielle de 2028 est lancée, et le scrutin de mardi a mis en lumière de profondes divisions au sein du Parti démocrate.

La vague bleue a atteint une ampleur inespérée grâce à des candidats relativement jeunes ou issus de la diversité. Les démocrates ont arraché plusieurs sièges, y compris dans des bastions républicains, leur valant ainsi la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants, ainsi que des postes de gouverneur d’États importants.


« Ces résultats n’ont été possibles que parce que des candidats exceptionnels se sont présentés dans toutes les régions du pays, y compris dans des secteurs où la victoire paraissait improbable », a réagi Barack Obama tard mardi soir. Ces nouveaux élus « venaient d’horizons différents et représentaient un éventail de perspectives politiques, mais étaient unis par des valeurs communes, une foi dans le service public et l’engagement d’accorder la priorité aux habitants de leurs districts et de leurs États », a ajouté l’ancien président démocrate.


Sans être décrits d’emblée comme des aspirants à l’investiture démocrate à la présidentielle de 2028, de nouveaux élus issus de la vague bleue viennent renforcer le mouvement progressiste, estiment des analystes.


Le vent dans les voiles

La victoire d’Abdul El-Sayed, premier sénateur musulman de l’histoire des États-Unis, est considérée comme un gain majeur pour l’aile gauche du parti. Ce médecin de 42 ans, né au Michigan de parents égyptiens, a fait campagne contre le financement politique par les milliardaires — qu’il souhaite par ailleurs taxer davantage.


James Talarico a réalisé un autre coup d’éclat en devenant le premier démocrate du Texas à remporter un siège au Sénat depuis 38 ans. Ce petit-fils de pasteur baptiste, qui se réclame du « christianisme biblique », n’était pas né lorsque le dernier sénateur démocrate du Texas a été élu. Talarico a battu le républicain Ken Paxton, un fidèle de Donald Trump qui traîne un lourd bilan en matière d’éthique.


Réélu sénateur en Géorgie, Jon Ossoff est aussi pressenti comme un candidat potentiel pour l’élection présidentielle de 2028. Ce diplômé en sciences politiques de la London School of Economics est devenu en 2021 le plus jeune sénateur des États-Unis, à 34 ans, en battant son adversaire républicain.


Ray La Raja, professeur de science politique à l’Université du Massachusetts, estime que la victoire de candidats démocrates ayant un profil national, comme Abdul El-Sayed, renforce l’aile progressiste du parti en vue de l’élection présidentielle de 2028. « Une socialiste démocrate comme AOC [Alexandria Ocasio-Cortez, élue de New York à la Chambre des représentants] est susceptible de se présenter à la présidence, parce que ses partisans vont sentir que le mouvement a le vent dans le dos », dit-il.


Les élus de la nouvelle vague progressiste se joignent à des vétérans réélus mardi, comme les gouverneurs JB Pritzker (Illinois) ou Josh Shapiro (Pennsylvanie), pressentis pour une éventuelle candidature à la présidence. L’ex-gouverneur de Californie, Gavin Newsom, se positionne aussi comme un aspirant aux plus hautes fonctions. Kamala Harris, défaite par Donald Trump en 2024, est également perçue comme une candidate plausible à une nouvelle tentative, dans deux ans.


Débats déchirants à l’horizon

La percée des « socialistes » entraîne toutefois une fracture au sein du Parti démocrate. Ainsi, le soutien indéfectible à Israël s’effrite au sein de la relève progressiste du parti. Une frange importante des sympathisants démocrates du Michigan s’était d’ailleurs abstenue de voter à l’élection présidentielle de 2024 en raison de l’appui de Joe Biden à Israël malgré la campagne de destruction massive du pays à Gaza.


En campagne, Abdul El-Sayed a vivement critiqué le financement américain de la guerre que mène Israël à Gaza. Cette prise de position en faveur de la Palestine avait provoqué une volte-face spectaculaire de la représentante démocrate Haley Stevens, qui a alors appuyé l’adversaire républicain d’El-Sayed. Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, avait qualifié ce geste de « trahison abjecte ».


Signe des temps, un autre candidat démocrate critique envers Israël a été élu mardi. Adam Hamawy, un chirurgien et vétéran de l’armée américaine, est allé soigner bénévolement des victimes palestiniennes de la guerre à Gaza en 2024 et 2025. Il est devenu le premier musulman du New Jersey à la Chambre des représentants.


L’aile progressiste démocrate se distingue de l’establishment du parti en prônant une intervention de l’État plus assumée. Comment ? Notamment en taxant les ultrariches, en soutenant le réseau public d’éducation ou en offrant des soins de santé universels.


La montée de l’aile gauche annonce des débats houleux au sein du Parti démocrate d’ici à la présidentielle de 2028, estime Rafaël Jacob, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM. « Si l’aile plus à gauche tire l’ensemble du caucus trop loin du centre, où se jouent les élections américaines, il y a un risque », a-t-il dit à l’émission Midi info de Radio-Canada.


« Si l’aile plus à gauche tire l’ensemble du caucus trop loin du centre, où se jouent les élections américaines, il y a un risque »

- Rafaël Jacob


Des raisons de célébrer

Mercredi, au lendemain de la vague bleue qui a submergé le mouvement MAGA (Make America Great Again) de Donald Trump, les démocrates avaient surtout envie de célébrer.


Le pasteur Adam Hamilton a été le premier démocrate du Kansas élu au Sénat depuis 1932. En Caroline du Sud, la pédiatre Annie Andrews a créé la surprise en battant la républicaine Darline Graham. Dans le Maine, Troy Jackson a vaincu l’indélogeable sénatrice républicaine Susan Collins.


En Géorgie, Keisha Lance Bottoms, ancienne mairesse d’Atlanta, est devenue la première femme noire élue gouverneure d’un État. Gina Hinojosa, elle, a arraché la direction du Texas, État pivot traditionnellement républicain. En Ohio, la médecin Amy Acton a vaincu l’entrepreneur de la tech Vivek Ramaswamy. Deux États ont aussi élu mardi leur premier gouverneur noir : Aaron Ford, au Nevada, et David Crowley, au Wisconsin.


Article intitulé

Aux États-Unis, les démocrates se remettent à rêver

Marco Fortier avec Magdaline Boutros

Le Devoir

le 5 novembre 2026

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