14 septembre 2026

Boeuf bourguignon, version 2026 +

Une chouette découverte, nous mangeons de moins en moins souvent du boeuf, même pas une fois par année, ce fut donc une première pour nous, nos invités se sont régalés et nous aussi. Pour cet excellent repas, je me suis inspirée de plusieurs recettes et y ajouté des garnitures dont nous raffolons, champignons et prosciutto.

Ingrédients pour quatre

2 ou 3 c à soupe de farine

Sel et poivre au goût

1 c. à soupe d’huile d’olive + 1 c. à soupe de beurre

650 g de palette de boeuf, coupée en cubes moyens

2 c. à soupe d’huile d’olive + 1 c. à soupe de beurre

3 oignons petits, en demi-quartiers

4 carottes moyennes en rondelles épaisses

1 ou 2 gousses d’ail, pressées

1/2 c. à thé de chacun, basilic, origan, sauge, thym

2/3 tasse de vin rouge

3 c. à soupe de concentré de tomate

2 tasses de bouillon de boeuf réduit en sel

Sel et poivre au goût


Garnitures

3 tranches de prosciutto, découpés aux ciseaux en petits dés

1  barquette de 227 g de champignons cremini, nettoyés et tranchés

2 c. à soupe de porto


1. Déposer les cubes de boeuf dans une grande assiette, les saler, les poivrer et les saupoudrer de paprika. Puis les saupoudrer de farine sur toutes leurs faces.


2. Dans un grand poêlon, verser l'huile d'olive et ajouter un peu de beurre. Y dorer les cubes de boeuf, au besoin en deux fois selon la surface du poêlon et les dorer sur toutes leurs faces. Déposer ensuite sur une assiette et réserver.

3. Dans le poêlon, faire revenir les oignons dans le gras restant, en ajouter au besoin. Bien gratter le fond du poêlon pour décoller les sucs de cuisson.

4. Ajouter les carottes, l’ail, les herbes séchées, le vin rouge et le concentré de tomate, porter à ébullition, et laisser réduire de moitié. Remettre le boeuf réservé dans le poêlon, mélanger le tout,  ajouter le bouillon et réduire le feu. Laisser mijoter à feu doux pendant 1 heure 30.

5. Une dizaine de minutes avant la fin de la cuisson, ou le lendemain comme je l’ai fait, dans un autre poêlon, faire dorer les dés de prosciutto sur feu moyen-vif jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés. Ajouter les champignons poursuivre la cuisson jusqu’à ce qu’ils soient bien grillés. Verser le porto, saler et poivrer et cuire 3 minutes.


6. Transférer ces garnitures dans le poêlon et laisser mijoter une dizaine de minutes. Au besoin, épaissir la sauce avec 1 c. à soupe délayée dans un peu d’eau, porter à ébullition et laisser mijoter 3 minutes avant de servir avec des pâtes ou une purée et des légumes.

L’argent et le bonheur - « Ce qu'on a ne fascine plus ! »


« En classant de vieux papiers l’autre jour, je suis tombé sur un CV que j’avais rédigé quand j’avais 19 ans.


J’avais complètement oublié ce document, et donc j’ai pu le relire avec un regard neuf.


Voyage en solitaire, réalisations sportives, expérience de travail : mon CV décrit la vie d’un jeune adulte déterminé, travaillant, sûr de lui. Or, je me souviens qu’à l’époque, j’avais l’impression de chercher mon chemin, de ne rien accomplir, que tout prenait du temps…


Avec le recul, je réalise que ce décalage n’est pas anecdotique. C’est vrai pour ma petite existence. Mais c’est aussi vrai pour notre société.


Imaginez si le Québec faisait son CV.


Qu’est-ce qu’on y verrait ?


On a des réussites assez incroyables. Pas moins de 71 % des 25 à 64 ans détiennent un diplôme d’études postsecondaires. C’est la proportion la plus élevée au Canada.


On jouit du niveau de vie le plus élevé de l’histoire de la province. Même ajustés pour l’inflation, nos revenus en 2026 atteignent des records. Le taux de chômage est historiquement bas.


La quasi-totalité de la population a accès à l’électricité, à l’eau chaude, à un frigo, à une machine à laver, à un véhicule motorisé, à un ordinateur, à des soins de santé de pointe – toutes des inventions magiques longtemps réservées aux riches.


Je peux le constater dans ma propre famille, issue de la classe moyenne. Mon grand-père a voyagé en Europe pour la première fois à l’âge de 68 ans. Mon père, à 26 ans. Moi, à 17 ans. Mon fils, à 10 ans. Au rythme où ça va, mes petits-enfants vont naître dans l’avion !


Côté social, la violence a fortement diminué. Il y a eu 31 meurtres à Montréal en 2025. Il y en a eu 48 en 1990. Une chute de 35 %, alors que la population a beaucoup augmenté.


Côté santé, notre espérance de vie atteint des records. La mortalité liée au cancer a diminué de 20 % depuis 20 ans. Le taux de suicide a aussi chuté durant cette période.


Ça, c’est notre CV. Plutôt pas mal.


Le problème ? Le problème, c’est que notre CV est enfoui au fond du tiroir. On ne le remarque plus.


Ce qu’on remarque ? Les nids-de-poule, les maisons trop chères, une avenue temporairement inaccessible aux véhicules motorisés…


Ce qu’on a ne fascine plus.


En fait, on est tellement prospères aujourd’hui qu’on cherche à régler les problèmes d’hier.


Prenez la mode des véhicules à quatre roues motrices. Il y a plusieurs décennies, ils auraient été bien pratiques : aucune rue n’était asphaltée, la neige n’était pas ramassée et les familles étaient nombreuses.


Aujourd’hui, les rues sont asphaltées et déneigées professionnellement. Les familles sont minuscules. Mais les VUS et les camionnettes de deux tonnes sont vus comme non négociables en ville et en banlieue.


Nos vies de citoyens nantis, et la banalité avec laquelle nous les traitons, ne cesseront jamais de me fasciner. Il y a 30 ans, pratiquement personne n’avait la télé payante, de cuisine rénovée, ou n’allait dans le Sud l’hiver. Le summum du confort et de la réussite ? C’était d’avoir une télé lourde comme un coffre-fort, un lit d’eau et un téléphone avec une antenne.


Je ne dis pas que c’est mal d’avoir tout ce qu’on a aujourd’hui : c’est ça, le progrès. Mais je remarque que ça ne nous a pas rendus plus heureux. Les mesures de satisfaction de la vie stagnent depuis les années 1970 et 1980 au Canada.


Comment l’expliquer ?


L’auteur Morgan Housel a écrit dans La psychologie de l’argent : « Vous pensez peut-être que vous voulez une voiture chère, une montre de luxe… Mais vous ne les voulez pas. Ce que vous voulez, c’est le respect et l’admiration. »


Le respect et l’admiration ont une durée de vie limitée. Ils doivent être renouvelés. Alors on continue.


Que faire pour être heureux ? Je ne peux pas le dire pour vous. Mais pour moi, être heureux veut dire refuser d’évaluer ma vie à travers le prisme de ce que fait mon voisin. De faire de l’activité physique même quand je suis fatigué. D’accomplir des projets que je trouve difficiles. De rire même quand je suis dans la chnoute.


La boucle des désirs ne sera jamais assouvie. La seule chose qu’on peut faire, c’est la rétrécir jusqu’au point où on ne la remarque plus. »


Chronique intitulée

L’argent et le bonheur -Le syndrome du lit d’eau

Nicolas Bérubé

La Presse

le 13 septembre 2026


13 septembre 2026

Environnement - « Tout n’est pas foutu !»



« C’est officiel, nous ne réussirons pas à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius. Mais l’ex-ministre de l’Environnement Steven Guilbeault reste optimiste sur la capacité de l’humanité à éviter le pire.


La nouvelle m’est rentrée dedans : l’ONU a confirmé au début du mois qu’il est devenu impossible de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius.


Il me semble pourtant que c’était hier, à Paris, que l’humanité se fixait cet objectif destiné à limiter les dégâts (c’était en 2015). Un peu plus de 10 ans plus tard, on a déjà bousillé cette occasion.


C’est donc un brin démoralisé que j’ai appelé Steven Guilbeault. Je voyais un certain parallèle entre le constat d’échec qu’il a fait en quittant la politique et cette incapacité de l’humanité à se mobiliser pour atteindre une cible si cruciale.


Bref, je voulais ses lumières sur les façons dont on peut garder espoir et se mobiliser alors que l’Accord de Paris prend l’eau et que l’ex-ministre vient lui-même de jeter l’éponge sur la possibilité d’influencer les choses de l’intérieur.


Je redoutais presque qu’il me lance quelque chose comme : « Écoute, man. J’ai essayé comme militant, puis comme ministre. Rien ne fonctionne. Je pars élever des alpagas dans Charlevoix. »


Eh bien, non. Steven Guilbeault semble avoir cette capacité de regarder un verre et d’évaluer lucidement sa part de contenu et sa part de vide sans verser dans les hyperboles.


C’est donc un regard très nuancé que jette l’ancien ministre de l’Environnement tant sur les impacts de sa propre carrière politique que sur la capacité de l’humanité à lutter contre les changements climatiques.


Commençons par cette dernière. Steven Guilbeault n’est ni surpris ni terriblement abattu d’apprendre qu’on dépassera le cap du 1,5 degré Celsius. L’écologiste rappelle que l’objectif principal de l’Accord de Paris était de limiter le réchauffement à 2 degrés, et que cela demeure possible.


« Il y a eu ce mouvement pour mettre 1,5 degré parce que moins il y a de réchauffement, moins il y a d’impacts. Mais même à l’époque, des gens très crédibles dans la communauté scientifique disaient que notre capacité à éviter un réchauffement de 1,5 degré était limitée. Comme diraient nos amis anglophones, c’était un long shot. »


M. Guilbeault rappelle qu’en 2015, les projections montraient qu’on se dirigeait vers une augmentation de température pouvant atteindre 4 degrés en 2100.


« Aujourd’hui, les prévisions oscillent de 1,8 à 2,6 degrés, dit-il. Ça montre quand même que, collectivement, on est capables de faire des progrès importants. Ce sont des milliards et des milliards de tonnes d’équivalent CO2 qui n’ont pas été relâchées dans l’atmosphère. »


« Il faut être réalistes et constater que nous sommes entrés dans l’ère des changements climatiques », ajoute-t-il.


« Mais je demeure optimiste qu’on puisse laisser à nos enfants et à nos petits-enfants une planète qui ne soit pas trop mal en point. Ils auront du travail à faire pour finir ce que nous n’aurons pas fait, mais ce sera atteignable.»

- Steven Guilbeault


M. Guilbeault trouve espoir dans le fait que si le Canada et les États-Unis reculent actuellement sur le climat, d’autres pays avancent.


« On parle souvent de la Chine, avec raison, mais il y a l’Inde, l’Indonésie… Au Pakistan, le boom du solaire est incroyable. Et l’Europe continue. On va être complètement dépassés et on va avoir l’air de dinosaures dans un monde qui est passé à autre chose », estime-t-il en parlant des États-Unis et du Canada.


Un bilan en demi-teintes

Steven Guilbeault est aussi moins catastrophé que je l’anticipais par rapport aux reculs environnementaux du Canada. Encore ici, il voit ce qui reste dans le verre.


Celui qui vient de laisser son poste de député de Laurier–Sainte-Marie rappelle que lorsque le premier ministre conservateur Stephen Harper a quitté le pouvoir, en 2015, le Canada se dirigeait vers des émissions en hausse de 11 % en 2030 par rapport à 2005.


L’an dernier, l’Institut climatique du Canada estimait que si toutes les politiques climatiques annoncées étaient mises en œuvre, le pays pouvait espérer des réductions allant jusqu’à 36 % par rapport à 2005.


Depuis, on sait que Mark Carney a démantelé plusieurs pans du plan climatique, en plus de promettre un nouveau pipeline.

« Je soupçonne qu’on va être quelque part autour de -15 % en 2030 [par rapport à 2005]. C’est moins bien que -36 %, mais mieux que +11 % », relativise Steven Guilbeault.


Il dit ne toujours pas comprendre ce qui a poussé son ancien patron, Mark Carney, à se lancer dans la construction d’un nouveau pipeline et à détricoter une bonne partie des mesures environnementales qu’il avait mises sur pied en tant que ministre de l’Environnement.


« Je n’ai pas de réponses, lance-t-il. L’une des raisons qui expliquent mon départ, c’est que je ne comprends toujours pas pourquoi on a fait ça et quelle est la stratégie. »


Trump ?

« La guerre des tarifs et la position de l’administration Trump ont été utilisées comme excuse pour faire des choses qu’on n’aurait pas dû faire », répond-il.


Le secteur du pétrole et du gaz n’est pas impacté par la guerre tarifaire. Je comprendrais si on était intervenu dans certains secteurs comme l’auto. Mais pour le pétrole et le gaz, il n’y a aucune raison logique.

- Steven Guilbeault


Il rejette dans la foulée la nécessité d’apaiser le mouvement séparatiste albertain.

« Ce n’est pas vrai que ça va aider. On a acheté un pipeline en 2018 et ça n’a pas fait bouger l’aiguille », dit-il en référence à Trans Mountain, qui a coûté plus de 34 milliards aux contribuables.


Même face aux conservateurs, Steven Guilbeault estime qu’il aurait été suffisant pour Mark Carney d’éliminer la taxe carbone pour les particuliers, une décision qu’il dit comprendre.


« C’est la seule mesure qui était devenue, et je le mets entre guillemets, impopulaire, dit-il. Quand elle a été introduite, le taux d’appui était de 60 à 65 %. À la suite de la campagne des conservateurs, qui a été très efficace, l’appui a diminué de 40 à 45 %. Et nous, les libéraux, on a été très lents à réagir. On l’a mal expliquée. »


Il estime toujours qu’une fois ce boulet largué, Mark Carney n’avait aucune nécessité politique de reculer davantage sur l’environnement.


« On a continué d’affaiblir le plan sans raison, alors que ce n’est pas ce qu’il y avait dans notre plateforme électorale », affirme-t-il.


Il dit toutefois ne pas quitter la politique dans l’amertume.

« Tout ce que moi et d’autres avons fait au cours de la dernière décennie n’est pas perdu », dit-il, affirmant que les plans sont là si quelqu’un veut un jour les mettre en œuvre.


Steven Guilbeault dit vouloir poursuivre le combat environnemental et a d’ailleurs fondé sa firme de consultation à cet effet.


« Je serai à New York pour la semaine sur le climat dans quelques semaines, où j’accompagne des organisations québécoises et canadiennes. Je serai à la COP sur la biodiversité en Arménie, à la COP sur le climat en Turquie. Je continue à travailler avec des gens d’ici et de partout sur la planète, avec d’anciens ministres de l’Environnement, avec d’anciens collègues de Greenpeace. Je suis contacté par des gens du secteur de l’investissement, du secteur privé, des communautés autochtones », énumère-t-il.


Il évoque un retour possible en politique avant même que je ne lui pose la question.

« Je ne ferme pas la porte, dit-il. Quand les conditions gagnantes seront là, comme disent mes amis péquistes, j’y penserai certainement. »


Je ne sais pas quand, je ne sais pas qui, mais je suis convaincu que dans un avenir peut-être pas si lointain, un groupe de personnes pour qui les changements climatiques sont une priorité reviendra au pouvoir à Ottawa.

- Steven Guilbeault


De la même façon, il ne s’inquiète pas trop de constater que l’environnement ne figure plus parmi les principales priorités de la population.


« J’ai la chance, le privilège ou l’âge, c’est selon, d’avoir vécu plusieurs de ces vagues au cours des 30 dernières années, dit-il. Quand l’économie va mal, les gens se demandent comment ils vont arriver à la fin du mois et les problèmes qui sont perçus comme à plus long terme sont un peu mis de côté. Mais quand l’économie va mieux, ça revient à l’avant-scène. Je suis convaincu que ces enjeux reviendront et qu’il sera de plus en plus difficile pour nos politiciens de les ignorer. »


« Il faut comprendre que le seuil de 1,5 degré n’était pas une fin en soi, conclut-il. C’est une fourchette qu’on s’était donnée. Même si on la dépasse, on ne baisse pas les bras et on continue. »


Tout n’est pas foutu, donc. Personnellement, ça m’a fait du bien de l’entendre. J’espère que ce sera aussi le cas pour ceux d’entre vous qui, comme moi, ont été ébranlés par la confirmation de notre échec par l’ONU. »


Article intitulé

Tout n’est pas foutu, dit Steven Guilbeault 

Philippe Mercure

La Presse

le 12 septembre 2026


12 septembre 2026

Changements climatiques: un rapport accablant

« Les effets du changement climatique au Canada sont désormais en grande partie irréversibles et les températures moyennes devraient augmenter d’au moins 3,5 °C d’ici la fin du siècle, met en garde un nouveau rapport gouvernemental.


Publié jeudi, ce rapport est le deuxième diffusé par Environnement et Changement climatique Canada à examiner les changements climatiques au pays. Il a été rédigé par près d’une vingtaine d’experts gouvernementaux et de climatologues.


Il indique que, même si le monde atteignait la carboneutralité d’ici 2075 — ce qui signifie que tous les gaz à effet de serre encore émis sont capturés par la nature ou par la technologie —, les effets au Canada seront dramatiques.


Parmi ceux-ci, on note une augmentation de près de 50 % de la superficie brûlée par les feux de forêt ainsi que l’estimation d’une perte de plus de 75 % de la massee des glaciers de l’Ouest canadien.


« Le plus surprenant, c’est le contraste entre ce que le rapport annonce concernant notre climat futur et le niveau d’action mis en œuvre par le gouvernement fédéral et les autres gouvernements du Canada », s’est désolé Ryan Ness, directeur de la recherche sur l’adaptation au sein de l’Institut climatique du Canada.


En vertu des politiques en vigueur dans le monde, les températures moyennes au Canada devraient augmenter de 5 °C d’ici 2100, avec une probabilité de 50 % que les températures hivernales augmentent de plus de 10 °C dans une grande partie du Nunavut.


Adaptation insuffisante

« C’est un changement climatique considérable auquel nous devons nous adapter, et nous n’y sommes pas préparés », prévient M. Ness, ajoutant que le Canada est à la traîne en matière d’adaptation au changement climatique.


« Nous constatons déjà à quel point nous sommes vulnérables face aux catastrophes d’origine climatique que nous avons connues ces dernières années. La situation ne fera qu’empirer, et pourtant, le rythme des mesures d’adaptation n’est pas suffisant. »


D’après Ryan Ness, l’adaptation devrait notamment passer par la rénovation des logements avec des matériaux plus résistants au feu, ainsi que par la construction de pare-feux et de digues anti-inondations autour des municipalités.


L’an dernier, dans un rapport sur la stratégie nationale d’adaptation au changement climatique du Canada, le commissaire à l’environnement et au développement durable, Jerry DeMarco, déclarait que les efforts d’Ottawa pour préparer le pays aux effets du changement climatique ont connu des ratés dès le départ.


Le rapport de M. DeMarco concluait que la stratégie n’était pas conçue de manière efficace, qu’elle ne hiérarchisait pas les risques liés au changement climatique au Canada et que les ministères s’appuyaient plutôt sur des priorités et des consultations existantes.


Le commissaire DeMarco a cité les effets à court terme de la fumée des feux de forêt sur la santé, dont le coût est estimé entre 410 millions $ et 1,8 milliard $ par an entre 2013 et 2018. Il a également souligné la forte hausse du nombre de cas de maladie de Lyme, passé de 144 en 2009 à 2525 en 2022, soit une augmentation de plus de 1500 %.


Le mois dernier, un rapport d’étape sur la stratégie d’adaptation au changement climatique publié par Ottawa indiquait que des centaines de nouveaux projets de cartographie des risques d’inondation sont en cours afin de mieux identifier les zones inondables. Il reconnaissait également que 94 % des personnes vivant dans des zones à haut risque ignorent encore que leur logement est exposé aux inondations.


Le document publié jeudi indique également que les sécheresses et les crues soudaines deviendront plus fréquentes et plus violentes à mesure que les températures augmenteront.


L’urgence « que la crise climatique requiert »

« Le dernier rapport sur l’état du climat au Canada est un avertissement sans équivoque de ce à quoi les Canadiens devront faire face si les gouvernements ne s’attaquent pas à la crise climatique avec l’urgence qu’elle requiert », a clamé Julia Levin, responsable des questions climatiques nationales chez Environmental Defence.


« Ce rapport devrait être un appel à l’action. L’avenir de nos enfants dépend des choix politiques qui sont faits aujourd’hui. Les pires conséquences du changement climatique sont loin d’être inévitables. »


En réponse à ce rapport, le cabinet de la ministre de l’Environnement, Julie Dabrusin, a déclaré que le gouvernement restait déterminé à atteindre la carboneutralité d’ici 2050.


« Pour protéger la population canadienne des impacts des changements climatiques et des phénomènes météorologiques extrêmes, le gouvernement fédéral a engagé plus de 2,1 milliards de dollars pour mettre en œuvre la Stratégie nationale d’adaptation et appuyer une grande variété de mesures d’adaptation », a soutenu Chris Zhou, directeur des communications de Mme Dabrusin, dans un communiqué.


« Le gouvernement du Canada agit avec urgence pour lutter contre les changements climatiques, tout en travaillant en collaboration en vue d’accroître la sécurité énergétique, la capacité industrielle et l’autonomie stratégique qui définiront le présent siècle au Canada. »

 

Article intitulé

Les changements climatiques sont grandement irréversibles au Canada, 

montre un rapport fédéral.

Nick Murray

La Presse canadienne

Le Devoir

Le 4 septembre 2026