20 septembre 2026

À 45 jours des élections de mi-mandat, le président peut-il interférer ?


« Après une semaine particulièrement pourrie pour Donald Trump, quoi de mieux qu’une bonne vieille attaque contre les médias ?


Le président a « banni » CNN, Politico et MS NOW de la Maison-Blanche vendredi. Ce n’est que la dernière d’une longue série : poursuites contre des réseaux de télé réglées sous pression, poursuites contre de grands journaux, expulsion de médias indépendants du Pentagone, insultes répétées, menaces de suspension de licence, etc.


Tout cela est très sérieux et sans précédent, mais témoigne surtout de la rage du président à 45 jours des élections de mi-mandat, qui s’annoncent pénibles pour les républicains.


Une rage d’autant plus vive que ses plans pour perturber les élections en faveur des républicains, ou disons tricher légalement, ne fonctionnent pas très bien.


Le 10 septembre, la Cour suprême a rejeté la nouvelle carte électorale du Missouri, qui devait effacer un siège démocrate à majorité noire. Ce n’est pas grand-chose et les autres redécoupages dans une demi-douzaine d’États républicains permettront peut-être de leur faire gagner une dizaine de sièges.


Beaucoup plus important : quatre jours plus tard, la Cour suprême a annulé le décret de Trump pour prendre le contrôle du vote par correspondance. Une majorité de sept contre deux, dont les trois juges qu’il a lui-même nommés, a empêché cette tentative de faire « filtrer » les votes par le service postal fédéral. Le président était furieux.


Puis, mercredi, « son » nouveau président de la Réserve fédérale a annoncé une hausse des taux d’intérêt. La première en trois ans. Alors qu’il harcelait son prédécesseur Jerome Powell (nommé aussi par lui) parce qu’il refusait de les faire baisser.


Pourquoi cette hausse ? Parce que l’inflation est trop élevée. Et l’inflation est trop élevée pour deux raisons très claires : la guerre en Iran, entièrement décidée par Donald Trump ; et les droits de douane envers divers pays, dont le Canada, entièrement décidés par Donald Trump.


Les sondages le montrent : les Américains savent qui est responsable de ces décisions. Tout cela, facile à prévoir, annoncé par tous les économistes, est auto-infligé. D’où ce taux d’approbation misérable pour Trump. D’où ces sondages de plus en plus mauvais pour les républicains. D’où le fait que les candidats de son parti veulent son argent, mais pas sa face dans leurs publicités.


En plus des œufs, voilà que le financement des maisons va augmenter.


***


La règle dans cette administration est bien connue : malheur au républicain qui ne défend pas le président de manière absolue. Et mort à celui qui le contredit publiquement.


C’est ainsi qu’on voit son secrétaire au Commerce Howard Lutnick défendre la politique tarifaire arbitraire et prétendre que tout va bien. Mais à ses assistants qui lui demandent pourquoi il est opposé à ces droits de douane, Lutnick répond : « parce que j’ai réussi ma 3e secondaire ! »


Sauf que ceci est en train de changer. Quelques candidates ont maintenant plus peur de perdre leur siège que des représailles de Donald Trump.


Maria Elvira Salazar, représentante républicaine de Floride depuis trois mandats, est allée se planter devant la Maison-Blanche cette semaine pour faire une pub électorale.


« Les mêmes Hispaniques qui vous ont fait élire ici en 2024 se sentent trahis », dit-elle en anglais et en espagnol. « Vos politiques migratoires vont trop loin. En juillet, la moitié des 50 000 personnes détenues par l’agence de contrôle de l’immigration (ICE) n’avaient aucun dossier criminel. »


Que cette fidèle de Trump, réélue en 2024 avec 20 % de majorité, vienne littéralement sur son terrain pour critiquer aussi durement le président en dit long sur l’état du vote latino un peu partout aux États-Unis.


Ça en dit encore plus long sur l’anxiété électorale républicaine.


Et soudainement, la parole se libère un peu. Deux représentantes du très rouge État de l’Iowa, qui avaient soutenu la guerre en Iran et tout le programme de Donald Trump, ont voté cette semaine avec les démocrates contre les pouvoirs de guerre du président dans ce conflit. La guerre est très impopulaire et les agriculteurs majoritairement « rouges » trouvent que le diesel commence à coûter cher, sans parler du prix des engrais à base de potasse canadienne…


***


Trump, à défaut d’influencer l’opinion, peut-il encore entraver le vote ? Rappelons que les élections sont gérées par les États, et non par le gouvernement fédéral, contrairement à ce qui se passe au Canada. Les méthodes d’intervention de la Maison-Blanche sont donc limitées.


Personne ne croit sérieusement à l’hypothèse d’une « annulation » des élections. Quand Trump a commencé à envoyer des troupes à Los Angeles et Washington, certains, comme l’ancien conseiller de George W. Bush David Frum, ont avancé que ce serait peut-être une tactique pour annuler certaines élections localement – dans des villes démocrates. Le président aurait pu prétexter un état d’urgence pour que certains districts soient exclus du vote, ce qui aurait créé des vacances à la Chambre des représentants. À un mois et demi du vote du 3 novembre, ça ne semble pas se matérialiser.


L’interférence directe dans le vote par correspondance a échoué en Cour suprême cette semaine.


Il reste les pressions du département de la Justice, qui réclame les informations personnelles des électeurs de 30 États. Des poursuites ont été engagées, sous prétexte que ces États permettent le vote d’immigrants sans statut légal. On accorde peu de chances de succès à cette démarche, au-delà du fait que toutes les enquêtes n’ont jamais démontré une fraude électorale le moindrement significative impliquant des étrangers.


Se peut-il que Trump fasse envoyer dans des bureaux de vote des agents de l’ICE, comme il l’a laissé entendre ? Se peut-il qu’il déploie des agents du FBI dans certains lieux de vote ? Le directeur Kash Patel, fidèle serviteur du président, n’a pas voulu répondre à cette question.


Chose certaine, le président a déjà dit que si les démocrates l’emportent, ce sera parce qu’ils auront triché. On peut s’attendre à ce qu’il mette en doute le résultat s’il ne l’aime pas.


Mais aussi à ce qu’il déploie tout l’arsenal du département de la Justice, qui est dirigé par ses anciens avocats personnels, pour contester les résultats – comme il a échoué à le faire en 2020. C’est le scénario le plus probable.


Donald Trump réalise que l’entrave électorale est un art compliqué.


Mais il n’a pas dit son dernier mot.


N’oublions pas les règles de vie que l’avocat véreux Roy Cohn lui a enseignées : 1) attaque, attaque, attaque ; 2) ne jamais admettre, toujours nier ; 3) crier victoire, ne jamais reconnaître qu’on a perdu.


De toute sa vie, jamais il n’a admis une défaite. Il ne commencera pas à 80 ans. »


Chronique intitulée

Trump peut-il encore truquer les élections ?

Yves Boisvert

La Presse

le 19 septembre 2026

19 septembre 2026

Lasagne simplifiée aux saucisses italiennes d’Isabelle et Ricardo +

Une lasagne intéressante, elle se fait presque uniquement sur la cuisinière et cuit dans une seule casserole lorsqu’on fait la demi-recette comme ce fut mon cas hier. Moins délicieuse que lorsqu’on la prépare avec deux sauces, pour ma part, je préfère la classique et mon goûteur a trouvé les pâtes moins cuites. Toutefois, elle est moins longue à préparer ainsi et la sauce aux saucisses est délicieuse. Si vous l’essayez, j’aimerais connaître votre avis….


Ingrédients pour deux avec petit reste

375 g de saucisses italiennes fortes, la chair seulement

1 c. à soupe d’huile d’olive

1 oignon, haché 

1 tasse de bouillon de poulet, moi de boeuf réduit en sel

1 tasse de coulis de tomate, j’avais une sauce tomate très liquide

1 tasse de poivrons grillés, moi maison

5 feuilles de lasagne séparées en morceaux de 5 cm (2 po)

Sel et poivre au goût


Garnitures

3/4 tasse de cheddar fort, râpé

7 olives de Kalamata, dénoyautées et hachées

7 feuilles de basilic, émincées


La cuisson se fait sur la cuisinière, mais on fait gratiner le poêlon sous le gril (grille du centre) durant 3 ou 4 minutes en surveillant.


1. Dans une grande poêle d’environ 30 cm (12 po) de diamètre à haut rebord et allant au four sur  feu moyen-vif, cuire la chair des saucisses dans l’huile en l’émiettant à la cuillère de bois jusqu’à ce qu’elle soit dorée.


2. Ajouter l’oignon et poursuivez la cuisson 3 minutes en remuant fréquemment.


3. Verser le bouillon, le coulis de tomates, les poivrons et les pâtes séparées en les enfonçant dans la sauce. Saler, poivrer et bien mélange bien. Porter à ébullition.


4. Couvrir et laisser mijoter de 15 à 18 minutes ou jusqu’à ce que les pâtes soient tendres en les enfonçant dans la sauce et en remuant fréquemment pour que celles-ci cuisent facilement.


5. Retirer le couvercle, ajouter les olives et les feuilles de basilic, remuer et parsemer de fromage, et terminer la cuisson en allumant le gril et en gardant le poêlon sur la grille centre du four 3 minutes ou jusqu’à ce que le fromage soit doré. Laisser reposer 5 minutes avant de servir. Parsemer de feuilles de basilic.


https://ici.radio-canada.ca/mordu/recettes/8298/casserole-lasagne-saucisses-poivrons-grilles





Guerre en Ukraine- Nouvelles sanctions des États-Unis contre la Russie




« (Washington) Les représentants américains ont approuvé de nouvelles sanctions contre la Russie et ses alliés pour leur rôledans la guerre contre l’Ukraine, un texte soutenu par Donald Trump dont Kyiv a salué l’adoption jeudi.


Déjà voté début août par le Sénat, le projet de loi, qui prévoit pour la première fois côté américain de s’en prendre à la flotte fantôme de la Russie, a recueilli les voix de 262 députés contre 159 mercredi soir à la Chambre des représentants.


Il constitue la première action de taille du Congrès américain contre Moscou depuis le retour au pouvoir du président républicain en janvier 2025.


Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué une adoption « symbolique » durant « la nuit d’une nouvelle attaque russe menée contre l’Ukraine avec des missiles notamment balistiques et des drones ».


Il a dit voir dans ces mesures « un outil extrêmement puissant » pour forcer la Russie à la paix.


M. Zelensky s’était démené en faveur du projet, en particulier lors d’une visite à Washington en juillet.


Le texte adopté vise les secteurs russes de l’énergie et de la défense et s’en prend au président russe Vladimir Poutine et à d’autres hauts responsables.


Surtaxes douanières

Il donne surtout au président Trump le pouvoir d’imposer des droits de douane pouvant atteindre jusqu’à 100 % sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes, dont la Chine et l’Inde.


New Delhi a réagi jeudi en affirmant qu’elle continuerait à s’approvisionner en pétrole « en diversifiant ses sources et en fonction de l’évolution du marché ».


L’issue du vote de la Chambre a longtemps été incertaine, les élus démocrates soutenant les mesures en faveur de l’Ukraine, mais se montrant réticents à donner à Donald Trump les coudées franches sur les surtaxes douanières, son outil économique favori.


Début août, les sénateurs démocrates avaient de leur côté largement soutenu ces mesures, permettant le passage du projet par 86 voix contre 11.


Pour les soutiens du paquet, le renforcement des sanctions contre la Russie et ses alliés, même indirects, est nécessaire alors que Moscou multiplie les frappes sur l’Ukraine. Mercredi, une attaque de drone russe sur un autobus dans le sud du pays a fait au moins cinq morts.


Ce projet de loi porte le nom de son principal créateur, le sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, farouche défenseur de l’Ukraine et pourfendeur de la Russie et de l’Iran, également visé par le texte.


M. Graham poussait en sa faveur depuis avril 2025, mais Donald Trump, préférant prendre des mesures lui-même plutôt que de donner du pouvoir au Congrès, avait freiné le projet jusqu’à ce qu’un accord au début de l’été permette son approbation par le Sénat.


La Chambre des représentants était pressée par le calendrier, les députés devant bientôt quitter Washington pour aller faire campagne pour les élections législatives de mi-mandat, organisées le 3 novembre.


« Une fois que le projet de loi aura été rapidement signé et entrera en vigueur, nous espérons que les États-Unis veilleront à sa stricte application afin de mettre fin aux flux financiers alimentant le trésor de guerre du Kremlin », a déclaré Svitlana Romanko, directrice de l’organisation pro-ukrainienne Razom We Stand.


« Chaque jour de retard, c’est un jour où nous devons enterrer davantage de personnes en Ukraine ».


Article intitulé 

Zelensky salue l’adoption de nouvelles sanctions contre la Russie par le Congrès

Frankie Taggart

Agence France-Presse

La Presse

Le 19 septembre 2026

18 septembre 2026

Intelligence Artificielle - Un président déconnecté



(New York) « Je vais construire un mur. » En janvier 2015, Donald Trump a mis à l’essai cette promesse lors d’un discours en Iowa. La réaction enthousiaste de la foule l’a convaincu qu’il tenait un bon filon. « Personne ne construit comme Trump », devait-il ajouter.


Une fois élu à la présidence, Donald Trump n’a réalisé sa promesse qu’en partie. Mais le thème qui la sous-tendait – l’immigration irrégulière – allait contribuer à ses victoires électorales en 2016 et 2024. Il avait alors le doigt sur le pouls d’une partie importante de l’électorat, n’en déplaise à ses critiques.


Il en allait de même pour le thème du libre-échange, sur lequel il rejoignait, en 2016, non seulement son stratège populiste Steve Bannon, mais également le sénateur socialiste démocrate Bernie Sanders.


Or, dix ans plus tard, Donald Trump semble être complètement déconnecté de la majorité des électeurs américains sur un thème qui prend de l’ampleur et qui réunit de nouveau Bannon et Sanders : l’intelligence artificielle (IA).


Mardi, les deux hommes ont pris la parole à tour de rôle lors d’un évènement tenu à Washington, où ils ont fustigé les « oligarques » de la techno et réclamé des règles plus strictes sur l’IA avant que cette technologie n’échappe au contrôle humain.


« Quand on fonce vers une falaise, on freine », a déclaré le sénateur du Vermont. « Nous sommes à un moment dangereux et sans précédent de l’histoire mondiale. Et il est impératif que nous nous levions tous. »


Un « canular »

Le contraste est frappant. Six jours plus tôt, lors d’un discours-fleuve de deux heures à la convention républicaine de Dallas, Donald Trump n’avait pas mentionné l’IA une seule fois.


Et après que les patrons d’Anthropic, d’OpenAI et de xAI ont eux-mêmes reconnu la nécessité de ralentir l’IA avant qu’il ne soit trop tard, le président a utilisé son mot préféré pour écarter ou minimiser tout problème, que ce soit le réchauffement climatique, l’enquête Muller ou les dossiers Epstein : « canular ».


Les Américains ne sont pas du même avis. Pas moins de 63 % d’entre eux estiment qu’il existe au moins un risque « modéré » que l’IA avancée puisse détruire l’humanité, selon un sondage réalisé pour le site Politico et publié mercredi. Cette majorité est composée de 70 % des électeurs qui ont voté pour Kamala Harris en 2024 et de 60 % de ceux qui ont voté pour Donald Trump.


Près de la moitié des électeurs (48 %) sont par ailleurs favorables à une pause dans le développement des modèles d’IA plus avancés contre 31 % qui sont favorables à la poursuite du développement.


La publication de ce sondage est intervenue deux jours après que Donald Trump a affirmé sur Truth Social que « [le] seul contrôle ou “garde-fou” dont l’IA a besoin, c’est un PRÉSIDENT FORT ET INTELLIGENT (QI élevé !) ».


Et d’ajouter : « Il y a un complot MALSAIN en cours contre l’IA et les centres de données, et la seule à s’en réjouir, c’est la Chine. QUI GAGNE L’IA GAGNE ! Nous menons face à la Chine, et à tous les autres, et nous allons continuer ainsi. »


Contre les centres de données

Les centres de données constituent un autre sujet lié à la haute technologie sur lequel Donald Trump n’est pas en phase avec la population américaine. Fait rarissime : ses sorties en faveur de la construction des centres de données et du développement de l’IA lui ont valu d’être critiqué sur son propre site.


« J’ai voté pour vous trois fois, mais je suis très déçue que vous ressentiez le besoin de nous faire avaler de force l’IA et les centres de données », a écrit une abonnée du compte de Donald Trump.


Les sondages sont pourtant clairs depuis des semaines quant à l’impopularité des centres de données. Selon une enquête Gallup publiée en mai dernier, 70 % des Américains sont opposés à la construction de ces centres dans leur région en raison notamment de leur très forte consommation d’électricité. Ce genre de résultats explique pourquoi certains élus républicains, dont le gouverneur du Texas Greg Abbott, ont changé de position sur le sujet.


Un président compromis ?

Pourquoi alors Donald Trump ne les imite-t-il pas ? Une réponse généreuse veut que le président associe l’IA et les centres de données à des aspects positifs de l’économie, à savoir la hausse de la Bourse et la création d’emplois dans le secteur de la construction. Le président s’opposerait donc à tout ce qui peut faire éclater ce que certains appellent la bulle de l’IA.


Une réponse moins généreuse tient au fait que Donald Trump et ses fils aînés ont fait le plein d’actions dans plusieurs géants de la technologie, y compris l’entreprise de semi-conducteurs Nvidia, et investi dans de nombreuses entreprises liées aux centres de données.


Le sénateur démocrate de Géorgie, Jon Ossoff, a fait allusion à ces intérêts financiers lundi dernier en critiquant la façon dont Donald Trump gère les dossiers de l’IA et des centres de données.


« Donald Trump, en somme, dit : “Nous allons nous croiser les bras et espérer que tout aille pour le mieux.” Et rappelons qu’il est en situation de conflit d’intérêts », a déclaré le sénateur Ossoff sur MS NOW. « J’ai mentionné cette société de capital-risque dont Don Jr. est l’associé – 1789 Capital. Ils ont massivement investi dans des laboratoires d’IA. Ils ont massivement investi dans des centres de données. Donc la première famille a un intérêt financier dans cette industrie. Et, par conséquent, le président est compromis. »


Comme elle le fait toujours en pareilles circonstances, la Maison-Blanche a nié tout conflit d’intérêts.


Article intitulé

Trump, l’IA et l’opinion: la déconnexion

Richard Hétu, collaboration spéciale

La Presse

Le 18 septembre 2026