22 septembre 2026

Le président voisin peut-il se passer de sa propre image à la télé ?

 


Un peu comme un arbre que personne ne voit tomber dans la forêt, les paroles du président des États-Unis existent-elles si elles ne sont pas enregistrées par la télé ?


Quand on sait l’obsession de Donald Trump pour la télévision, on devine que le boycottage des grands réseaux de télévision nationaux l’agace prodigieusement. CBS, ABC, NBC et même Fox News ont en effet annoncé lundi qu’ils ne couvriront plus les évènements du président à la Maison-Blanche et dans ses déplacements.


Cela en réaction à la décision du président de bannir CNN, Politico et MS NOW de la Maison-Blanche.


Depuis les années 1950, pour des raisons pratiques, les réseaux font une rotation dans la couverture du président à la Maison-Blanche, en partageant les images et le son – ce qui évite de multiplier les équipes techniques. Ce sont ces images et ce son qui sont diffusés dans le monde entier.


Lundi, donc, pas de son, pas d’image de la Maison-Blanche - le New York Times et le Washington Post ont aussi retenu leurs photos jusqu’à minuit. La très conservatrice chaîne Newsmax a diffusé des images de la Maison-Blanche sans son, en l’absence de microphone fourni par le pool.


En visite à la résidence officielle du maire de New York, Zohran Mamdani, Trump n’a été filmé que par une télé locale.


« Ils disent qu’ils vont me boycotter, mais ils ne me boycottent jamais », a dit le président en sortant avec le maire de New York.


Il est vrai que même avant son entrée en politique en 2015, Donald Trump agissait sur les télés comme du miel sur les ours. Il y a une sorte de codépendance entre Trump et les réseaux de télévision.


C’est son personnage télé de boss implacable dans The Apprentice qui a fixé l’image publique de Donald Trump comme « homme d’affaires à succès ». Pas ses quatre faillites dans le domaine des casinos et autres…


Il y a deux critères pour faire partie du Cabinet du président. Une loyauté absolue, d’abord. Ensuite, une belle gueule et du bagou à la télé. Les témoins disent que l’homme regarde la télé nuit et jour. Tout son univers mental tourne autour de l’écran.


La télé a aussi eu besoin de Trump. CNN, qui commençait à battre de l’aile, a retrouvé son élan en couvrant sa campagne en 2015-2016.


Combien de temps le président-influenceur pourra-t-il se passer de la réflexion de sa propre image ? C’est une présidence-télé-réalité, après tout.


***


Les trois médias bannis ont porté l’affaire devant les tribunaux. Les précédents sont rares, parce que les présidents américains n’ont jamais osé aller aussi loin.


Pas parce que les autres administrations étaient en amour avec les journalistes. Parce que, bien entendu, ça ne se fait pas. Le Premier amendement, qui garantit la liberté d’expression, est tout de même sacré dans ce pays.


« Je ne m’attaque pas à la liberté de la presse, je m’attaque aux fausses nouvelles»,  a répliqué Trump, qui a même invoqué la sécurité nationale. C’est ce que disent toujours les autocrates et les dictateurs : c’est pour la sécurité qu’on ferme des médias.


Les deux précédents connus ont été provoqués par Trump, au fait. Jim Acosta, correspondant de CNN à la Maison-Blanche, avait été expulsé prétendument pour ses manières agressives. CNN a déposé une poursuite et le juge (nommé par Trump) a donné raison au journaliste. Essentiellement pour des raisons techniques : il n’avait pas pu se défendre. Il a retrouvé sa carte de presse et l’affaire en est restée là.


Il y a eu l’affaire Associated Press (AP), l’an dernier : la plus importante agence américaine a aussi été bannie, parce qu’elle refusait de renommer le golfe du Mexique. Une première décision a donné raison à l’AP : les médias n’ont pas un accès universel et illimité à la Maison-Blanche, mais on ne peut pas les sélectionner sur la base de ce qu’ils publient. L’affaire est en appel et l’AP a un statut hybride à la Maison-Blanche.


Quelle sera la décision concernant CNN et les autres ? Leurs perspectives de victoire sont bonnes, vu les raisons données par le président lui-même : il n’aime pas les reportages !


Mais combien de temps faudra-t-il ?


***


On ne peut pas dissocier cette censure de la mauvaise humeur politique du président, au plus bas.


Mais ça va beaucoup plus loin que ça. Trump a menacé de retirer leur licence à tous les grands réseaux. Il a poursuivi ces réseaux, comme il a poursuivi plusieurs journaux pour des sommes farfelues (15 milliards contre le New York Times et 10 milliards contre le Wall Street Journal). Sans compter ses insultes répétées contre les « ennemis du peuple ». Il a réussi à convaincre une part assez importante de son électorat que tout ce qui est publié est faux quand ça ne fait pas son affaire.


Et, plus tristement, si le président des États-Unis bannit des médias… c’est qu’il peut le faire. Leur faiblesse financière les place dans une situation historiquement précaire. Peut-être seront-ils remplacés officiellement par des influenceurs et 

« médias » à sa botte, qui mettront fin au black-out temporaire.


Lundi, ironiquement, en même temps que CNN et les autres déposaient un recours en justice, on apprenait que les obstacles sont levés pour l’achat à hauteur de 111 milliards de Warner Bros. par Paramount. Il se trouve que Paramount possède CBS… et Warner, CNN. Les grands patrons sont des proches de Trump, qui doit donner la bénédiction finale.


Cette hyperconcentration est beaucoup plus grave que le bannissement de la Maison-Blanche.


Ils ont promis un fumeux « comité éditorial » pour en protéger l’indépendance…


Bonne chance avec ça. »


Chronique intitulée

La présidence en télé-réalité a besoin de la télé

Yves Boisvert

La Presse

le 22 septembre 2026

21 septembre 2026

Crevettes marinées et coupelles orientales +

Ces coupelles won ton farcies de viande ont accompagné hier de belles crevettes grillées sur la cuisinière ayant macéré dans une marinade aux saveurs asiatiques que j’ai servies avec des nouilles instantanées. Un repas savoureux qui a fait le bonheur de nos papilles gourmandes.


Crevettes marinées


Ingrédients pour deux

15 crevettes 15-25, décortiquées


Garnitures

Noix mélangées

La partie verte des oignons verts, ciselée 


Marinade orientale

1 c. à soupe de sauce de poisson

1 c. à soupe de sauce hoisin

1 c. à soupe de vinaigre de riz

1 c. à soupe de sauce soya légère

1 c. à thé de miso

Le jus de 1 clémentine


Pour les crevettes

Dans une assiette creuse préparer la marinade en réunissant tous les ingrédients. Y faire macérer les crevettes 1 ou 2 heures.

Éponger et faire cuire dans un poêlon à rainures 3 minutes sur chaque face.


Coupelles pour quatre, 

en entrée (3 par personne)

12 pâtes à won ton 

Huile en quantité suffisante pour huiler moule et pâtes


Farce

225 g de porc haché

1 c. à soupe d’huile d’olive

3 oignons verts, blanc et vert séparés, émincés

3 champignons moyens, hachés finement

1 c à thé de sauce soya légère

1/4 c. à thé de cinq épices chinois

1/4 c. à thé de gochujang doux + si on aime plus relevé

1 c. à thé d’huile de sésame grillé


Chauffer l’huile dans un poêlon et y attendrir le blanc des oignons verts avec le les champignons hachés durant 3 minutes. Ajouter le porc haché et le reste des ingrédients et cuire sur feu moyen et une dizaine de minutes, jusqu’à ce que la viande soit dorée et bien aérée à la fourchette. Laisser tiédir.


Pour les coupelles farcies

Huiler légèrement un moule à mini-muffins ainsi que les 12 feuilles de pâte won ton sur leurs 2 faces. Insérer délicatement les pâtes dans les 12 alvéoles en leur donnant une forme de fleur.

Avec une petite cuillère à thé, répartir la préparation de viande dans les 12 coupelles.


Chauffer le four à 375 °F (190 °C) et cuire entre 6 et 8 minutes en surveillant,  pour ma part, dans ce premier test,  j’ai laissé cuire 6 minutes dans un four à 400 °F.



Chouette, il en reste !

Le lendemain, elles sont encore meilleures réchauffées dans un four à 350 °F (180 °C) pas plus de cinq minutes


Coupelles orientales ou petites tourtières won ton






Élections en Russie - Sans surprise, Poutine donné vainqueur


Le parti de Vladimir Poutine  a été, sans surprise, donné vainqueur dimanche aux élections législatives, un scrutin marqué par des piratages informatiques et des attaques de drones ukrainiens, auxquelles Moscou a promis une riposte.


Selon un sondage à la sortie des urnes réalisé par le Centre russe d’étude de l’opinion publique (VCIOM), un institut d’État, Russie unie remporte 49,4 % des voix, environ le même score qu’en 2021, au terme de trois jours d’un scrutin en pleine guerre en Ukraine.


Dmitri Medvedev, l’ex-président russe et actuel patron du parti du Kremlin Russie unie, a « remercié les citoyens qui ont pris part au vote ».


Le scrutin s’est déroulé sans suspense dans un pays où l’expression de la dissidence est sévèrement réprimée par les autorités et où le seul parti frontalement opposé à la guerre, Iabloko, a été écarté.


Face au parti du Kremlin, seules des formations soutenant à des degrés divers Vladimir Poutine et la poursuite du conflit en Ukraine — les communistes du KPRF, les nationalistes du LDPR, les conservateurs de Russie juste et les libéraux du parti des Nouvelles personnes — ont été autorisées à concourir.


Le Parti communiste et le parti nationaliste LDPR sont respectivement crédités de 14,2 % et de 10,7 %.


La présidente de la Commission électorale, Ella Pamfilova, a indiqué que les résultats préliminaires seraient annoncés lundi à 11 h  (4 h au Québec).


Ces législatives, les premières depuis le début de l’offensive à grande échelle contre l’Ukraine en 2022, visent à renouveler les 450 sièges de la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Elles se sont aussi déroulées dans les territoires d’Ukraine occupés et annexés par la Russie.


Drones abattus

Rappelant la réalité d’un conflit marqué ces derniers mois par une intensification des frappes des deux côtés du front, la troisième et dernière journée de vote a été précédée tôt dimanche matin par une attaque ukrainienne qui a impliqué plus d’un millier de drones, touchant une raffinerie et des zones résidentielles, ce qui a provoqué des incendies.


Au moins deux personnes ont été tuées et une vingtaine d’autres blessées, d’après les autorités russes. Un drone ukrainien a également frappé un bus dans la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine contrôlé par la Russie, ce qui a tué deux personnes, dont une employée de la Commission électorale, a annoncé celle-ci.


À Moscou même, une importante raffinerie a été endommagée, selon le maire, Sergueï Sobianine, qui a dénoncé une attaque « sans précédent » et « manifestement planifiée dans le but de perturber les élections ». « L’ennemi n’y est pas parvenu », a-t-il ajouté, évoquant plus de 1600 drones abattus par la défense antiaérienne russe, dont « 450 se dirigeaient vers Moscou ».


Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé que les frappes de Kiev « ont eu un impact très important dans la région de Moscou » et qu’une dizaine d’armements différents ont été utilisés.


Attaques informatiques

Parallèlement, la Commission électorale a annoncé avoir observé « plus d’un millier » de vagues d’attaques destinées à saturer de requêtes le système de vote électronique, ainsi que des attaques contre « l’infrastructure de télécommunications de la Russie dans son ensemble ».


Les attaques DDoS (« attaque par déni de service distribué ») visent à saturer un système avec des vagues de requêtes incessantes.


« Les attaques ont été menées par des groupes hautement professionnels et bien coordonnés, utilisant des outils «d'intellitence artificielle », a déclaré sa présidente, Ella Pamfilova, évoquant des tentatives présentant « des signes d’une ingérence ukrainienne ».


Mme Pamfilova avait déjà fait état d’une « puissante cyberattaque » qui s’est déroulée durant toute la journée de samedi sans faire tomber les systèmes.


Ce scrutin s’est déroulé dans un contexte social tendu, la Russie faisant face à des sanctions économiques occidentales, à des frappes ukrainiennes régulières, à des pénuries d’essence et à des limitations dans le fonctionnement d’Internet dans plusieurs régions.


Vitali Ivanov, 63 ans, retraité du métro de Moscou, a dit dimanche à l’Agence France-Presse (AFP) avoir voté « pour les communistes ». « J’ai une petite retraite, ça ne suffit pas pour vivre », explique-t-il.


Devant un théâtre moscovite transformé en bureau de vote, Tatiana, retraitée de 71 ans qui ne donne pas son nom, a affirmé samedi avoir voté pour Russie unie, le parti de Vladimir Poutine. « C’est le plus grand parti, le plus travailleur et qui a le plus de résultats », estime-t-elle.


« Pour la paix »

À Moscou, Igor Safronov, un programmateur de 30 ans, a dit à l’AFP qu’il avait voté pour le parti des Nouvelles personnes, car il « ne voulait pas voter pour Russie unie ».


À Berlin, qui accueille l’une des plus grandes diasporas de citoyens russes ayant fui leur pays, quelques dizaines de partisans de l’opposition en exil ont protesté aux cris de « La Russie sera libre ! » et « Non à la guerre ! », a constaté un journaliste de l’AFP.


« Nous voulons dire aux Russes que nous sommes à leurs côtés, que nous sommes opposés à la guerre et que ceux qui la rejettent sont nombreux », dit à l’AFP Andreï Pivovarov, opposant qui a connu les geôles russes avant d’être libéré dans le cadre d’un vaste échange de prisonniers entre Moscou et les Occidentaux en août 2024.


À Londres, une centaine de personnes se sont rassemblées devant l’ambassade russe, certaines brandissant des drapeaux ukrainiens, d’autres des pancartes sur lesquelles étaient inscrites « Say no to Putin ».


L’Union européenne a de son côté dénoncé des élections se déroulant dans un climat de « répression systématique et institutionnalisée ».


Article intitulé

Le parti de Poutine donné vainqueur aux législatives 

marquées par des attaques de Kiev

Agence France-Presse

Le Devoir

le 20 septembre 2026, 19 h 43

20 septembre 2026

À 45 jours des élections de mi-mandat, le président peut-il interférer ?


« Après une semaine particulièrement pourrie pour Donald Trump, quoi de mieux qu’une bonne vieille attaque contre les médias ?


Le président a « banni » CNN, Politico et MS NOW de la Maison-Blanche vendredi. Ce n’est que la dernière d’une longue série : poursuites contre des réseaux de télé réglées sous pression, poursuites contre de grands journaux, expulsion de médias indépendants du Pentagone, insultes répétées, menaces de suspension de licence, etc.


Tout cela est très sérieux et sans précédent, mais témoigne surtout de la rage du président à 45 jours des élections de mi-mandat, qui s’annoncent pénibles pour les républicains.


Une rage d’autant plus vive que ses plans pour perturber les élections en faveur des républicains, ou disons tricher légalement, ne fonctionnent pas très bien.


Le 10 septembre, la Cour suprême a rejeté la nouvelle carte électorale du Missouri, qui devait effacer un siège démocrate à majorité noire. Ce n’est pas grand-chose et les autres redécoupages dans une demi-douzaine d’États républicains permettront peut-être de leur faire gagner une dizaine de sièges.


Beaucoup plus important : quatre jours plus tard, la Cour suprême a annulé le décret de Trump pour prendre le contrôle du vote par correspondance. Une majorité de sept contre deux, dont les trois juges qu’il a lui-même nommés, a empêché cette tentative de faire « filtrer » les votes par le service postal fédéral. Le président était furieux.


Puis, mercredi, « son » nouveau président de la Réserve fédérale a annoncé une hausse des taux d’intérêt. La première en trois ans. Alors qu’il harcelait son prédécesseur Jerome Powell (nommé aussi par lui) parce qu’il refusait de les faire baisser.


Pourquoi cette hausse ? Parce que l’inflation est trop élevée. Et l’inflation est trop élevée pour deux raisons très claires : la guerre en Iran, entièrement décidée par Donald Trump ; et les droits de douane envers divers pays, dont le Canada, entièrement décidés par Donald Trump.


Les sondages le montrent : les Américains savent qui est responsable de ces décisions. Tout cela, facile à prévoir, annoncé par tous les économistes, est auto-infligé. D’où ce taux d’approbation misérable pour Trump. D’où ces sondages de plus en plus mauvais pour les républicains. D’où le fait que les candidats de son parti veulent son argent, mais pas sa face dans leurs publicités.


En plus des œufs, voilà que le financement des maisons va augmenter.


***


La règle dans cette administration est bien connue : malheur au républicain qui ne défend pas le président de manière absolue. Et mort à celui qui le contredit publiquement.


C’est ainsi qu’on voit son secrétaire au Commerce Howard Lutnick défendre la politique tarifaire arbitraire et prétendre que tout va bien. Mais à ses assistants qui lui demandent pourquoi il est opposé à ces droits de douane, Lutnick répond : « parce que j’ai réussi ma 3e secondaire ! »


Sauf que ceci est en train de changer. Quelques candidates ont maintenant plus peur de perdre leur siège que des représailles de Donald Trump.


Maria Elvira Salazar, représentante républicaine de Floride depuis trois mandats, est allée se planter devant la Maison-Blanche cette semaine pour faire une pub électorale.


« Les mêmes Hispaniques qui vous ont fait élire ici en 2024 se sentent trahis », dit-elle en anglais et en espagnol. « Vos politiques migratoires vont trop loin. En juillet, la moitié des 50 000 personnes détenues par l’agence de contrôle de l’immigration (ICE) n’avaient aucun dossier criminel. »


Que cette fidèle de Trump, réélue en 2024 avec 20 % de majorité, vienne littéralement sur son terrain pour critiquer aussi durement le président en dit long sur l’état du vote latino un peu partout aux États-Unis.


Ça en dit encore plus long sur l’anxiété électorale républicaine.


Et soudainement, la parole se libère un peu. Deux représentantes du très rouge État de l’Iowa, qui avaient soutenu la guerre en Iran et tout le programme de Donald Trump, ont voté cette semaine avec les démocrates contre les pouvoirs de guerre du président dans ce conflit. La guerre est très impopulaire et les agriculteurs majoritairement « rouges » trouvent que le diesel commence à coûter cher, sans parler du prix des engrais à base de potasse canadienne…


***


Trump, à défaut d’influencer l’opinion, peut-il encore entraver le vote ? Rappelons que les élections sont gérées par les États, et non par le gouvernement fédéral, contrairement à ce qui se passe au Canada. Les méthodes d’intervention de la Maison-Blanche sont donc limitées.


Personne ne croit sérieusement à l’hypothèse d’une « annulation » des élections. Quand Trump a commencé à envoyer des troupes à Los Angeles et Washington, certains, comme l’ancien conseiller de George W. Bush David Frum, ont avancé que ce serait peut-être une tactique pour annuler certaines élections localement – dans des villes démocrates. Le président aurait pu prétexter un état d’urgence pour que certains districts soient exclus du vote, ce qui aurait créé des vacances à la Chambre des représentants. À un mois et demi du vote du 3 novembre, ça ne semble pas se matérialiser.


L’interférence directe dans le vote par correspondance a échoué en Cour suprême cette semaine.


Il reste les pressions du département de la Justice, qui réclame les informations personnelles des électeurs de 30 États. Des poursuites ont été engagées, sous prétexte que ces États permettent le vote d’immigrants sans statut légal. On accorde peu de chances de succès à cette démarche, au-delà du fait que toutes les enquêtes n’ont jamais démontré une fraude électorale le moindrement significative impliquant des étrangers.


Se peut-il que Trump fasse envoyer dans des bureaux de vote des agents de l’ICE, comme il l’a laissé entendre ? Se peut-il qu’il déploie des agents du FBI dans certains lieux de vote ? Le directeur Kash Patel, fidèle serviteur du président, n’a pas voulu répondre à cette question.


Chose certaine, le président a déjà dit que si les démocrates l’emportent, ce sera parce qu’ils auront triché. On peut s’attendre à ce qu’il mette en doute le résultat s’il ne l’aime pas.


Mais aussi à ce qu’il déploie tout l’arsenal du département de la Justice, qui est dirigé par ses anciens avocats personnels, pour contester les résultats – comme il a échoué à le faire en 2020. C’est le scénario le plus probable.


Donald Trump réalise que l’entrave électorale est un art compliqué.


Mais il n’a pas dit son dernier mot.


N’oublions pas les règles de vie que l’avocat véreux Roy Cohn lui a enseignées : 1) attaque, attaque, attaque ; 2) ne jamais admettre, toujours nier ; 3) crier victoire, ne jamais reconnaître qu’on a perdu.


De toute sa vie, jamais il n’a admis une défaite. Il ne commencera pas à 80 ans. »


Chronique intitulée

Trump peut-il encore truquer les élections ?

Yves Boisvert

La Presse

le 19 septembre 2026