19 juillet 2026

Petites coquilles de fruits de mer express +


Un plat simple et délicieux, et plutôt économique, que nous aurions dégusté avec encore plus de plaisir en y ajoutant un bon fromage à gratiner, mais les conditions ne s’y prêtant pas, le gratin sera pour une prochaine fois. 


Ingrédients pour deux avec restes

1 oignon moyen rouge ou jaune, en lamelles

1/2 poivron jaune, en dés

1 c. à soupe d’huile + 1 c. à soupe  de beurre

1 sac de petits pétoncles de baie, décongelés et essorés

14 crevettes moyennes, décortiquées et essorées

1 c. à thé de mélange d’épices cajun ou autre au goût, par exemple une pâte de cari

3/4 tasse de lait de coco léger et de crème légère à cuisson

1 c. à soupe de fécule de maïs délayée dans un peu d’eau

1 1/2 tasse de petites pâtes cuites, hier des farfalles

2 c. à soupe de ciboulette fraîche, ciselée

Sel et poivre au goût


1 Dans un poêlon profond ou un wok, attendrir l’oignon dans l’huile et le beurre sur feu moyen 2 ou 3 minutes. Ajouter les dés de poivron et poursuivre la cuisson 2 minutes. 


2. Faire de même dans le poêlon avec les pétoncles, puis les crevettes en les retournant après 2 minutes de cuisson, puis ajouter le mélange d’épices en remuant, puis le lait de coco ainsi que la fécule délayée et laisser mijoter doucement 3 minutes, le temps d’épaissir la sauce. 


3. Incorporer les pâtes, goûter et rectifier l’assaisonnement, et servir dans deux coquilles ou ramequins.




Environnement - M. Carney tente de justifier ses reculs sur ses positions climatiques


(Ottawa) Le premier ministre Mark Carney justifie ses reculs sur plusieurs politiques du gouvernement canadien qui visaient à réduire les émissions de gaz à effet de serre, en prédisant que les décisions qu’il a prises attireront les investissements requis pour une diminution.


« Nous avons trop compté sur des cibles, des lois qui n’entraînaient pas les investissements qui sont nécessaires pour réduire nos émissions. Alors, nous avons changé notre point de focalisation », a-t-il dit jeudi au cours d’un point de presse à London, en Ontario.


« Il répondait en anglais à une question qui lui était posée dans cette langue et dont le préambule soulignait les incendies de forêt qui sévissent dans le nord de l’Ontario.


« M. Carney a détricoté plusieurs jalons du plan environnemental qui avait été mis en place par son prédécesseur, Justin Trudeau, ce qui a notamment poussé l’ex-ministre de l’Environnement Steven Guilbeault à annoncer son départ de la vie politique.


« Parmi les reculs, on retrouve de nouveaux assouplissements dans une mesure phare, la tarification fédérale du carbone, et ce, dans le but de favoriser un projet de pipeline visant à acheminer du pétrole de l’Alberta vers le Pacifique.


 « Après l’abandon complet du premier volet de la tarification du carbone, celui visant les consommateurs, une brèche a été faite dans le deuxième pan de la politique, soit celui visant les industries.


« Dans le cadre d’une entente avec le gouvernement albertain, le prix industriel a été fixé à 130 $ la tonne d’ici 2040 plutôt que 170 $. La tarification fédérale ne s’applique pas en Alberta, du moment où Ottawa considère que le régime provincial va assez loin.


« M. Carney a fait écho jeudi à ce que le fédéral répète depuis mai pour se défendre de ce rétropédalage, soit que les crédits de carbone sont en fait échangés à plus bas prix sur le marché.


« Ainsi, l’Alberta et le fédéral se sont mis d’accord pour établir un prix plancher de 110 $ la tonne en 2040 que le marché sera tenu de respecter, ce qu’Ottawa présente comme une « police d’assurance ». Cet ajustement signifiera une forme de « compensation » pour les autres provinces, a signalé M. Carney en précisant que cela exclut le Québec puisqu’il a son marché du carbone avec la Californie.


« Une analyse de l’Institut climatique du Canada suggère qu’il y aura probablement une offre excédentaire de crédits à bas prix après 2030. Selon l’organisation, les producteurs pourront facilement dépasser leurs objectifs d’émissions jusqu’à cette date et se constituer une réserve de crédits grâce à une souplesse au niveau de ce qui est appelé le « taux de resserrement », qui définit la quantité d’émissions que les industries sont autorisées à produire dans le cadre du système de tarification du carbone de l’Alberta.


« Le premier ministre a aussi sous-entendu jeudi que l’atteinte des cibles climatiques du Canada en vertu de l’accord de Paris était déjà bien difficile sans les changements qu’il a apportés.


« Notre gouvernement a reçu les résultats de l’ancien gouvernement », a-t-il dit en français.« Je viens d’arriver avec une situation où on a des cibles importantes. On a des règles et des lois et des conflits avec les provinces et pas assez d’investissements dans les réductions de gaz à effet de serre », a poursuivi celui qui a succédé à M. Trudeau il y a plus d’un an.


« Comme il le fait à chaque fois qu’il est questionné sur l’accroissement de la production de pétrole qu’apporterait un nouveau pipeline, M. Carney a souligné que la réalisation du projet de l’Alberta est conditionnelle à celle d’une initiative de captage et de stockage de carbone connue comme étant Pathways.


« Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, interpellé sur les propos du premier ministre durant son propre point de presse à Saint-Hyacinthe, a pourfendu le bilan de ce dernier.


« Si le premier ministre est sérieux dans sa préoccupation de faire autre chose que de mettre le blâme sur Justin Trudeau […], il va suspendre sa folie pétrolière et il va remettre en place les mesures de protection du climat parce que la sécurité, la santé et l’économie du Québec et du Canada sont en jeu », a-t-il tonné en rappelant que le réchauffement climatique augmente notamment la prévalence des incendies de forêt.


« M. Carney avait commencé son point de presse en exprimant son appui aux leaders communautaires et aux premiers répondants qui s’affairent à protéger les populations touchées par les brasiers.


« Lorsque questionné sur les plaintes exprimées par plusieurs élus américains républicains quant aux répercussions, aux États-Unis, de la fumée des incendies de forêt, le premier ministre canadien a paru exaspéré en laissant échapper une onomatopée qui ressemblait à « hum ».


« Il a ensuite répondu que la lutte aux changements climatiques relève de la responsabilité de tous, y compris des États-Unis.»


Article intitulé

Mark Carney tente de justifier ses reculs sur plusieurs politiques climatiques

Émilie Bergeron

La Presse Canadienne

La Presse

le 16 juillet 2026 

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18 juillet 2026

Nos forêts brûlent et le président voisin nous menace de droits de douane



« (New York et Washington) Donald Trump s’en est pris vendredi au Canada pour la sévère pollution de l’air qui affecte le nord-est des États-Unis, causée par les incendies de forêt qui brûlent chez son voisin.


 « Nous tenons le Canada pour responsable du fait qu’il n’entretient pas correctement ses forêts […], et les États-Unis se retrouvent inutilement envahis par un air sale, pollué et dangereux pour la santé […], totalement inacceptable ! », a attaqué le président américain sur sa plateforme Truth Social.


« Je vais appeler le premier ministre dans la journée pour savoir ce qu’ils [les Canadiens] comptent faire », a-t-il ajouté.


« Dans son message, Donald Trump menace également le Canada de droits de douane plus lourds pour couvrir le « coût de cette pollution ».


« La fumée des incendies de forêt en Ontario a plongé dans un épais voile de pollution plusieurs métropoles américaines, de Chicago à Washington, en passant par New York. C’est en banlieue de la mégapole que la finale de la Coupe du monde de soccer entre l’Espagne et l’Argentine est programmée dimanche après-midi.


« Selon les derniers chiffres des autorités locales, la situation continue de se détériorer au Canada, avec 207 incendies hors de contrôle à travers le pays sur un total de 897 brasiers actifs.


« La fumée des incendies au Canada a plongé vendredi plusieurs métropoles américaines dans un épais voile de pollution, suscitant des inquiétudes à l’approche de la finale de la Coupe du monde prévue ce week-end près de New York.


Crainte pour la finale

« Les organisateurs « surveillent de près » l’évolution de la situation, a déclaré Andrew Giuliani, qui dirige l’équipe de la Maison-Blanche chargée de l’organisation de la Coupe du monde, lors d’un point presse. « Il y a eu des discussions à ce sujet, nous avons quelqu’un des services météorologiques nationaux auprès de la FIFA », a-t-il ajouté.


« Au New Jersey, où se disputera dimanche, dans un stade à ciel ouvert, la finale opposant l’Espagne à l’Argentine, la qualité de l’air était encore jugée « mauvaise pour la santé » vendredi matin. Elle est cependant en légère amélioration par rapport à jeudi, quand la silhouette des gratte-ciel de Manhattan était à peine visible depuis certains secteurs.


« Depuis jeudi, l’application officielle de sécurité à destination des partisans partage des alertes sur ces fumées, encourageant à rester à l’intérieur ou à porter un masque.


« On ne peut pas vraiment voir l’horizon »

« Les services météorologiques nationaux (NWS) avertissent que « la fumée pourrait s’épaissir de nouveau durant la nuit et samedi matin », mais les prévisions ne laissent pas entrevoir, à ce stade, des conditions aussi dégradées pour dimanche.


« Enveloppées dans un brouillard jaunâtre, Detroit et Chicago affichent des indices de qualité de l’air classés dans la catégorie « dangereuse ». Selon le site spécialisé IQAir, elles sont parmi les métropoles les plus polluées au monde vendredi.


« Les vents soufflant vers le sud ont également acheminé les fumées jusqu’à la capitale Washington, où la qualité de l’air est jugée « très malsaine ». À ce niveau, les autorités recommandent à l’ensemble de la population d’éviter toute activité extérieure non essentielle, et certains passants portent des masques.


« Les pluies attendues ce week-end pourraient contribuer à dissiper la fumée la plus dense, selon Mark Parrington, scientifique au sein du service européen Copernicus de surveillance de l’atmosphère. « Mais ce qui se passera ensuite dépendra de l’évolution des incendies et de leur intensité », a-t-il nuancé auprès de l’AFP.


« L’enjeu pour la finale de dimanche sera de savoir si davantage de fumée viendra du Canada après ces pluies,» confirme Joel Dreessen, prévisionniste sur la qualité de l’air au Maryland. « Certains modèles commencent à indiquer que les niveaux de fumées vont commencer à baisser », ajoute-t-il.


Lien avec le changement climatique

« Alors que la fumée recouvre de vastes régions du Canada et des États-Unis, experts et défenseurs de l’environnement soulignent le lien entre la multiplication de ces épisodes de pollution liés aux incendies de forêt et le changement climatique.


« Un ciel de plus en plus enfumé souligne l’urgence d’une transition rapide vers les énergies propres plutôt que la construction de nouvelles infrastructures liées aux combustibles fossiles, qui aggravent encore le changement climatique », a déclaré Paul Mathewson, directeur des programmes scientifiques de l’organisation Clean Wisconsin.


« Selon le scientifique, le changement climatique favorise l’allongement de la saison des incendies en raison de températures plus élevées et d’une diminution de l’humidité des sols. »


Article intitulé

Trump blâme le Canada pour la pollution de l’air aux États-Unis

Maggy Donaldson avec Issam Ahmed, à Washington

Agence France-Presse

La Presse

le 17 juillet 2026, à 16 h 41

17 juillet 2026

Sauté de poulet crémeux à la sauge de l’IA*



C’était la première fois que j’essayais une recette générée par l’intelligence artificielle. Et jusqu'à cette semaine, j’étais sceptique. Comment l’IA peut-elle suggérer et recommander une recette si elle ne l’a pas d’abord préparée, goûtée ou appréciée. Certes, en bonne intelligence, elle se sert de règles de base ayant fait leurs preuves, que ce soit pour les assaisonnements, le mariage des saveurs et la cuisson. Elle a donc compilé et étudié un certain nombre de recettes avant de proposer la sienne. Mais même si elle ne commet pas d’erreurs techniques ou de fautes de goût, comment peut-elle réussir un plat et le rendre bon et agréable à manger ? Pour ma part, comme j’ai omis le parmesan de la recette, j’ai ajouté un peu de bouillon avant d’insérer la crème et j’ai remis le poulet dans la sauce. J’en conclus qu’il faut avoir une certaine expérience quand on essaie une recette de l’IA, mais qu’elle peut être une bonne ressource pour cuisiner un plat simple et délicieux, ce qui fut le cas avant-hier.


Ingrédients pour deux

2 blancs de poulet coupés en cubes, moi environ 375 g de poitrines crues

1 c. à soupe d’huile d’olive + 1 c. à thé de beurre

1 échalote sèche, hachée finement

1/4 tasse de bouillon de poulet + 1 c. a thé de pâte de cari doux (mes ajouts)

1/2 tasse de crème légère ou 15%

10 feuilles de sauge fraîches, ciselées

2 ou 3 c. à soupe de parmesan râpé (omis)

Sel et poivre du moulin ,et paprika (mon ajout)


Dorer le poulet : Dans une grande poêle, faites fondre le beurre dans l’huile sur  feu moyen-vif. Saler et poivrer les cubes de poulet, puis les faire dorer de 3 à 4 minutes de chaque côté jusqu'à ce qu'ils soient cuits et dorés. Retirer le poulet de la poêle et le réserver dans une assiette.


Préparer la sauce : Dans la même poêle, faire revenir les échalotes hachées pendant 2 minutes jusqu'à ce qu'elles prennent de la couleur. Puis, ajouter le bouillon au cari, la poêle encore chaude fera rapidement réduire ce bouillon.


Lier la sauce : Baisser le feu, verser la crème à cuisson et ajouter la sauge ciselée ainsi que le poulet. Laisser mijoter doucement pendant environ 2 minutes pour infuser les saveurs.


*Généré par l’IA




Se déconnecter




« Il est devenu presque étrange de s’asseoir sur un banc dans un parc pour regarder des gens qui passent, les oiseaux qui volent sans scroller son téléphone. La récupération cognitive à l’ère de l’hyperconnexion est pourtant une véritable compétence, et on semble l’ignorer.


Un cerveau qui ne s’arrête jamais

« Pour être en santé, il est primordial de prendre soin de celui qui nous permet de fonctionner : le cerveau.



« Notre cerveau a des ressources énergétiques limitées. Il n’est pas invincible et pour rester en santé il a besoin de plusieurs éléments. Les connaissez-vous ? On pense immédiatement à l’alimentation, le sommeil, l’activité physique, les relations sociales. Et on en oublie souvent un, pourtant absolument primordial dans notre monde hyper moderne et hyper stimulant : le temps d’arrêt, la pause, le silence.


« Personne n’y échappe, même pas ceux qui semblent avoir une énergie sans limite. Aucun cerveau, même le plus performant, ne peut s’en passer. Les chercheurs distinguent trois modes de fonctionnement connus à ce jour : le système 1, le mode auto, le système 2, le mode de réflexion profonde et le réseau du mode par défaut, ce mode de rêverie qui bascule quand on ne stimule pas notre tête.


« Le cerveau représente 2 % du poids corporel, mais consomme 20 % de l’énergie totale quand il est au repos. On a l’impression qu’il fonctionne comme un bras : si on ne porte pas de poids, le bras est au repos. Mais c’est bien différent avec le cerveau, il ne s’arrête jamais.


« Même lorsqu’on arrête de le stimuler il va traiter les informations qu’on a reçues, les images qu’on a vues. Cette pause de stimulation permet au cerveau de « digérer » en quelque sorte ce qu’il a vu, vécu, entendu…


La « culture du sans repos »

« Selon plusieurs études internationales, un adulte passerait en moyenne 4 à 5 h sur le téléphone et le consulterait 160 fois par jour. Cette hyperconnectivité garde notre cerveau stimulé en permanence, et ne lui laisse jamais le temps de digérer.


« Ce n’est pas entièrement notre faute et c’est très important de le préciser. Nous avons dans les mains des outils numériques qui sont conçus pour nous faire consommer et pour créer des réflexes chez nous.


« S’ajoute à cela aujourd’hui ce que j’appelle la « culture du sans repos » : cette manie qu’on a de combler chaque instant de calme avec une connexion numérique pour occuper l’attente ou le silence.


« Les origines de ce geste sont variées et différentes pour chacun d’entre nous. Cela peut être une conséquence de la pression sociétale qui nous inflige une disponibilité numérique constante. Ou peut-être est-ce à cause de la glorification de cette célèbre phrase dans nos bouches « pas l’temps ».


« On veut avancer notre liste de choses à faire en permanence en oubliant qu’elle ne se réduira jamais vraiment. Alors on rentre dans une boucle infernale : on refuse des moments d’oisiveté, car même si ce qu’on fait n’est pas productif, il peut sembler bon de « paraître occupé ».


Les mythes de la déconnexion numérique

« La déconnexion numérique est la base d’une pause réussie pour notre cerveau dans notre société hyperconnectée.


« Mais attention, je ne parle pas ici de détox numérique drastique où on part au fond d’une forêt sans aucun réseau ! Je parle de pause consciente et progressive en fonction de son profil d’utilisateur.


« La déconnexion n’est pas forcément une activité lente. On associe souvent la déconnexion à une personne assise en position de yoga, une image qui en freine plusieurs. Or, elle peut prendre bien des formes et des rythmes. C’est à chacun de trouver sa façon de faire.


« Et parce que regarder des vidéos de chats qui se courent après stimule encore notre cerveau, pourquoi ne pas limiter son temps sur les réseaux sociaux plus souvent pour s’ancrer dans le moment présent ?


« Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que déconnecter est plus difficile que de continuer à scroller ou à travailler. On pense que la déconnexion est un geste plus simple, alors que c’est celui qui demande le plus d’effort. On doit prendre la décision de se reposer.


« On associe souvent la productivité à l’action, au mouvement, au fait de constamment « faire ». Mais s’accorder une vraie pause, sans écran, c’est le geste le plus productif qu’on puisse poser dans une journée et durant les vacances. Cette déconnexion donne au cerveau le temps de digérer avant de repartir. »


Article intitulé

L’ingrédient oublié d’un cerveau en santé

Laurie Michel

Fondatrice de Vivala, conférencière TEDx, experte en bien-être numérique et auteure du livre Votre bien-être numérique aux éditions Édito

La Presse

le 16 juillet 2026

16 juillet 2026

Témoignage - Les filles, qu'auriez-vous fait à ma place ?

Comment réagir, comme femme, quand on est confrontée à un discours masculiniste ? Une simple discussion avec trois gars autour d’une bière a secoué l’étudiante en science politique Alix Gravel, qui n’était pas préparée à faire face à autant de misogynie.


« Le masculinisme, on sait le nommer. S’en défendre, on ne sait pas.

« Pardonnez mon cynisme, mais je ne peux désormais plus être rassurée sur cette question : la pensée masculiniste va trop bon train pour que je puisse dormir en paix.


« Je suis allée boire une bière récemment avec des collègues de bancs d’université que je n’avais pas vus depuis un moment. Ce sont des gens de droite avec qui j’ai beaucoup discuté pendant mon baccalauréat. Malgré nos nombreux désaccords – je suis très à gauche –, il nous arrivait souvent d’avoir des débats intéressants, voire productifs.


« J’ai toujours aimé me confronter à des idées différentes plutôt que de ne fréquenter que des gens qui pensent comme moi. Je crois que le dialogue est important, et je valorise l’interaction des idées, aussi loin soient-elles de ma philosophie.


« Sauf que cette fois, je me suis retrouvée confrontée à la radicalisation : des propos si misogynes, si racistes, que je n’ai pas su quoi répondre.


« Je riais nerveusement, puis en rentrant chez moi, j’y ai pensé, beaucoup. Je n’ai pas dormi. J’ai même versé quelques larmes en racontant à mon copain à quel point le fait de ne pas avoir su répondre, d’être restée plantée là, à affirmer mon désaccord, sans plus, m’avait fait sentir stupide.


« Les femmes ont besoin d’un homme pour leur dire quoi faire. J’ai besoin d’une femme qui sait juste fermer sa gueule. Une femme qui n’a pas d’opinion et qui connaît sa place. Les femmes ont une empathie autodestructrice, et c’est pour cette raison que le monde va mal, depuis qu’elles ont apporté cette empathie dans les lieux décisionnels. Je n’ai jamais entendu une femme dire quelque chose d’intelligent. Même celles avec des doctorats. Les femmes qui couchent avec beaucoup de personnes, c’est juste dégoûtant. Les femmes doivent recommencer à mettre neuf enfants au monde, c’est ce qu’elles sont ici pour faire.


« J’en passe – j’exclus tous les propos racistes qui ont aussi été tenus ce soir-là.


« Des propos énoncés devant moi. Une femme. Une femme qui a des ambitions, qui réussit bien – mieux qu’eux, à l’école –, une femme qui, d’habitude, ne ferme pas sa gueule.


« Pourquoi ne suis-je tout simplement pas partie, me direz-vous ?

« J’étais sidérée, à la fois intriguée. Je me demandais si partir était vraiment la bonne chose à faire. Si éviter la discussion, si les laisser entre eux n’aurait fait qu’empirer la situation – les conforter dans l’idée que les femmes n’ont rien à répondre.


« C’est pourtant ce que j’ai fait en restant figée là.


« Je veux être une personne qui écoute, pour comprendre, pour essayer de convaincre. Une personne qui reste à table même quand ça brasse, qui croit que le dialogue est important.


Tolérer l’intolérance

« Le paradoxe de la tolérance de Karl Popper dit qu’une société trop tolérante finit par être détruite par l’intolérance qu’elle refuse de combattre. Ce soir-là, j’en ai fait l’expérience à ma petite échelle : en restant assise à écouter sans répliquer, je n’ai pas fait preuve d’ouverture. J’ai juste laissé toute la place à des idées qui, elles, n’en auraient jamais laissé aux miennes. Ce n’est plus moi qui les écoute, c’est mon silence qui les nourrit.


« Le problème n’est pas que je ne voulais pas parler, c’est que je n’ai pas trouvé les mots, parce qu’ils n’existent pas.


« J’ai été exactement ce qu’ils croient qu’une femme est. Faible. Même si je me crois forte, même si je réussis bien, même si je suis féministe.


« On entend quotidiennement parler de la montée du masculinisme. Mais rien ne nous prépare au moment où il faut y faire face.


« Il n’existe aucun manuel sur la façon de réagir quand nous-mêmes, en tant que femmes, nous nous faisons attaquer de la sorte. Et c’est à ce moment que j’en suis arrivée à la conclusion qu’il n’y a actuellement pas de solution.


« On nous enseigne le phénomène, mais pas à nous en défendre. On en parle, mais qui agit, concrètement ?


« Si j’avais pu les convaincre avec quelques phrases bien senties que ce qu’ils affirmaient était faux, je l’aurais fait.


« Mais la triste réalité, c’est qu’ils croient si profondément avoir raison, être du bon côté de l’histoire, que les hommes doivent reprendre le contrôle et cesser de se faire humilier par le « féminisme de cinquième vague », qu’il n’y a rien à dire qui les fasse changer d’avis. C’est ce qui explique mon cynisme. Nos points de vue sont si irréconciliables qu’il n’existe, à mon sens, aucun moyen de combler l’écart dans l’immédiat.


« Ce soir-là, c’était moi, une bière, trois gars.


«Mais je sais que ce n’est pas juste moi, et que ce ne sera pas la dernière fois. Alors, ce texte a plusieurs vocations.


« Un plaidoyer : s’il vous plaît, élus et élues, faites quelque chose ! Écoutez les recommandations des chercheurs et chercheuses. Ce n’est pas un phénomène lointain, c’est maintenant que ça se passe.


« Un punching bag : je suis fâchée, triste, et j’ai besoin d’exprimer ma colère.


« Une question ouverte : les filles, je suis restée figée, malgré moi. Vous auriez fait quoi à ma place ? C’est quoi, la bonne chose à faire ? »


Témoignage intitulé

Les filles, on n’est pas en train de gagner la bataille !

Alix Gravel

Étudiante à la maîtrise en science politique à l’UQAM

La Presse

Le 16 juillet 2026