24 août 2026

Trois Canadiens sur quatre approuvent le refus de négocier avec les États-Unis

« Une écrasante majorité de Canadiens – et ce, partout au pays – approuve la décision de Mark Carney d’avoir abandonné les négociations avec les États-Unis, tard vendredi. Au Québec, ce soutien atteint un sommet, avec 85 %. En contrepartie, des sentiments d’inquiétude et de peur persistent, car près de deux Canadiens sur cinq craignent directement pour leur emploi, selon un sondage Angus Reid.

Un soutien important

« À travers le Canada, 76 % des 1468 répondants au coup de sonde d’Angus Reid sont d’avis que le gouvernement Carney a bien agi « en refusant les conditions [américaines] et en mettant fin aux négociations sans entente ». Même la province à l’appui le plus faible, soit la Saskatchewan, présente un taux d’approbation de 65 %, montre le document publié dimanche. « Durant plusieurs mois, la population a voulu que les négociateurs canadiens adoptent la ligne dure », justifie Shachi Kurl, présidente de l’Angus Reid Institute, en entrevue avec La Presse. Il est « très peu commun » qu’un enjeu génère des opinions aussi alignées, souligne-t-elle. Il faut penser, par exemple, aux menaces d’annexion du Canada comme 51e État, qui avait fait grimper le sentiment d’unité nationale. Même les électeurs conservateurs donnent leur soutien à la stratégie de Carney, à 53 %.


Le Québec particulièrement d’accord

« Le taux de 85 % d’approbation du Québec, le plus élevé au pays, peut provenir de différents facteurs. D’abord, il y a le fait que le français a clairement été ciblé comme obstacle commercial par Washington. « D’un point de vue purement économique, oui, c’est une barrière au commerce, car ce sont des normes différentes notamment pour l’emballage. Mais c’est un enjeu très politique. S’y attaquer, c’est quelque chose à quoi les gens vont répondre », estime Patrick Leblond, professeur à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa. Puis, il y a l’histoire : cellule francophone dans une mer anglophone, le Québec a toujours dû se battre pour exister. Ce geste de défense ferme correspond à cette pensée, poursuit-il.


« Fortes sont les chances que les nouveaux développements de la guerre commerciale influencent la campagne électorale québécoise, disent les deux experts consultés. Les électeurs voudront connaître le plan des chefs provinciaux face à cette « nouvelle normale » de menaces tarifaires répétées, surtout maintenant que le référendum proposé par Paul St-Pierre Plamondon est reporté à 2029, au plus tôt. Christine Fréchette pourrait gagner quelques points, car elle est appelée à exercer ses fonctions de première ministre, ajoute M. Leblond.


Emplois à risque

« Tout près de deux répondants sur cinq, soit 38 %, craignent de façon élevée ou modérée pour leur propre emploi. « Si vous œuvrez dans l’un des nombreux secteurs de l’économie qui sont affectés, ceci touche une corde sensible. C’est passé de la théorie au réel », indique Shachi Kurl, précisant que bien des domaines auparavant épargnés sont maintenant visés : agroalimentaire, biens de consommation, produits de loisirs et matériaux de construction, entre autres. Des spécialistes canadiens en économie, cités par Angus, prévoient que la nouvelle salve tarifaire de Donald Trump pourrait faire perdre jusqu’à 0,4 % de son PIB et 90 000 emplois au Canada.


Le coût de la vie au centre des préoccupations

« Pas moins de 89 % des Canadiens sont inquiets du contexte de guerre commerciale et de ses effets potentiels sur le coût de la vie. Vient ensuite la crainte pour l’économie canadienne dans son ensemble (87 %), pour l’économie de sa province d’origine (78 %), pour son épargne personnelle (63 %) et pour les emplois dans sa communauté (62 %). Ainsi, comme dans tout contexte de crise, le dirigeant en place risque d’hériter de quelques points de popularité, car la population recherche la stabilité, fait valoir Shachi Kurl. « Il devient plus difficile pour les chefs de l’opposition de prendre leur place ou d’avoir des occasions de se faire écouter », ajoute la présidente de la maison Angus Reid.


Posture de force

« La majorité des Canadiens apprécie globalement la posture de Mark Carney ; 69 % d’entre eux pensent qu’il a « démontré de la force » en faisant échouer les pourparlers avec les États-Unis, puis 62 % croient que la réplique de droits de douane d’Ottawa 

« au dollar près » prévue le 8 septembre est « appropriée »

« Pour moi, ça a toujours été clair. Les Américains font des demandes pour limiter la marge de manœuvre et la souveraineté décisionnelle du Canada. C’est inacceptable », s’indigne Patrick Leblond, de l’Université d’Ottawa. Le professeur s’attend déjà à une réplique. Un scénario possible, le 8 septembre, est que les Américains « essaient intentionnellement de faire du tort à des entreprises canadiennes qui opèrent aux États-Unis ». Malgré tout, 64 % des répondants osent croire que le Canada sortira de cette saga « plus fort » qu’au départ, peut-être avec une dépendance plus faible au géant américain. »


Méthodologie

« Ce sondage Angus Reid a été mené auprès de 1468 adultes canadiens, en ligne, les 22 et 23 août. Les répondants sont représentatifs de la démographie du Canada selon la région, le sexe, l’âge, le revenu médian et le niveau d’éducation. La marge d’erreur pour ce type d’échantillon est de 2 points de pourcentage, 19 fois sur 20. »


Article intitulé

Les trois-quarts des Canadiens approuvent le refus de négocier de Caney

William Thériault

La Presse

le 24 août 2026

23 août 2026

Guerre commerciale mondiale - Le Canada devient le « leader des insoumis »


(Ottawa) Depuis qu’il a fait le saut en politique, le premier ministre Mark Carney a fait sienne une formule bien connue au Québec : « Nous sommes maîtres chez nous. »

« Participant à l’annonce historique de l’entente conclue entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador pour le développement du projet hydroélectrique de Churchill Falls et Gull Island, le premier ministre avait reconnu lundi à St. John’s que les négociations commerciales avec l’administration Trump étaient « intenses et délicates ».


« Il avait aussi déclaré qu’il comptait expliquer les avantages de ce projet ambitieux à l’imprévisible Donald Trump durant un appel téléphonique prévu ce jour-là et qu’il profiterait de l’occasion pour lui livrer un message sans équivoque : « Nous sommes maîtres chez nous » au Canada.


« Impossible de savoir si Mark Carney a bel et bien transmis ce message durant les deux appels téléphoniques qu’il a eus avec le président, lundi et mardi. Mais c’est certainement ce qu’il a dit à l’ensemble de la planète vendredi soir, quand il a annoncé la suspension des négociations, moins d’une heure avant l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane.


« Le Canada possède ce que le monde recherche. Et nous ne laisserons aucun pays décider de notre avenir. Nous tracerons notre propre voie pour continuer à bâtir un Canada fort pour tous », pouvait-on lire dans la déclaration publiée par son bureau.


« En mettant ainsi fin aux négociations, Mark Carney est devenu le premier leader à infliger une telle rebuffade à l’administration Trump.


« Depuis qu’il mène une guerre tarifaire tous azimuts contre le reste de la planète, nombreux sont les dirigeants qui ont plié l’échine devant les desiderata du président américain. La Grande-Bretagne, le Japon, l’Inde et l’Union européenne ont accepté des accords selon les conditions fixées par Donald Trump.


« En conférence de presse, samedi, Mark Carney a révélé que les émissaires américains avaient ajouté des conditions au fil des jours de négociations qui auraient mis en cause la souveraineté du Canada.


« Il a donné trois exemples : des droits de douane encore trop élevés qui auraient tué à petit feu l’industrie automobile au pays ; un droit de regard sur les ententes commerciales que le Canada pourrait conclure avec d’autres pays ; le retrait de l’obligation en matière d’affichage en français au Québec pour les entreprises américaines et d’étiquetage bilingue sur les produits américains exportés au Canada.


« Nous n’étions pas prêts à faire des compromis sur notre souveraineté, la protection de la langue française et notre culture. Pour nos collègues américains, soyons clairs : pour mon gouvernement et pour le Canada, ces questions n’ont jamais été sur la table même si les États-Unis ont essayé jusqu’à la dernière minute », a-t-il affirmé sur un ton solennel.


« Durant sa conférence de presse, il a pris soin de réaffirmer à plus d’une reprise le cri de ralliement de son gouvernement : « Nous sommes maîtres chez nous. » Il a même publié ce message sur le réseau X par la suite.


« Après avoir fait quelques concessions à l’administration Trump au cours des derniers mois, le premier ministre ne pouvait plus céder un pouce.


« Sa décision, si difficile soit-elle, a été saluée quasi unanimement au pays, même si elle aura de graves conséquences économiques.


« Selon l’économiste Trevor Tombe, professeur à l’Université de Calgary, les droits de douane de 50 % qui sont entrés en vigueur à minuit samedi pourraient entraîner la perte de quelque 90 000 emplois, surtout au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique.


« Mais il importe de souligner que l’administration Trump est loin d’être au bout de ses peines. Les États-Unis sont enlisés dans une guerre contre l’Iran depuis le 28 février qui a provoqué une flambée des prix du pétrole à quelques semaines des élections de mi-mandat. L’inflation est en hausse à cause de cette guerre et à cause de l’effet cumulatif des salves tarifaires depuis 18 mois.


« Et l’endettement sans précédent des États-Unis – la dette accumulée a franchi le cap des 40 000 milliards de dollars américains cette semaine et elle a doublé depuis 2016 – est devenu un boulet qui pourrait faire des ravages financiers considérables au cours des prochains mois. En juillet seulement, le déficit américain était de 400 milliards US. Au Canada, ce serait l’équivalent d’un déficit d’environ 50 milliards en un mois… Le déficit fédéral était de 1,4 milliard durant les deux premiers mois de l’exercice financier 2026-2027.


« Cette situation est intenable, selon Mark Carney, qui a mis son chapeau d’ancien gouverneur de deux banques centrales. « En tant que personne qui évolue dans le milieu financier depuis longtemps, ce que je vais dire peut paraître paradoxal, mais c’est ainsi que fonctionne le monde : les marchés ignorent parfois les fondamentaux, puis, soudain, ils s’y intéressent de près. Et lorsqu’ils s’y intéressent, si vous n’avez pas mis de l’ordre dans vos affaires, il est trop tard. Nous, nous avons mis de l’ordre dans nos affaires », a-t-il souligné samedi.


« Dans son fameux discours de Davos, en janvier, Mark Carney avait dénoncé, sans le nommer, le président des États-Unis, qui utilise les droits de douane comme une arme pour arracher des concessions à des pays alliés. Il avait souligné que l’on assistait à une rupture de l’ordre mondial et il avait lancé un appel aux puissances moyennes à unir leurs forces face à l’intimidation américaine.


« Le premier ministre s’est attiré les éloges à la suite de ce discours. Mais une question était demeurée sans réponse : qui prendrait la tête de ces puissances moyennes ? Vendredi, Mark Carney a finalement répondu à cette question. Et plusieurs en ont pris acte.


« Carney tient tête à Trump malgré les risques », titrait le New York Times dans une analyse publiée samedi.


« Carney est maintenant le leader de l’Occident », a lancé le financier américain Anthony Scaramucci, qui a été brièvement le porte-parole de Donald Trump durant son premier mandat.


Chronique intitulée

Carney devient le leader des insoumis face à Trump

Joël-Denis Bellavance

La Presse

le 22 août 2026

22 août 2026

Quiche aux «touskis» sur croûte de tortillas +


Nous avions été agréablement surpris par une recette de Châtelaine qui se servait de tortillas comme fond de quiche. J’en ai fait her une recette simplifiée, cette fois  avec un petit reste de filet de porc et un riz aux légumes. Parfaite pour faire du neuf avec du vieux.

Ingrédients pour quatre pointes (2 repas pour 2)

2 grandes tortillas 

1 ou 2 c. à soupe d’huile d’olive 

1 c. à soupe d’huile d’olive + 1 c. à thé de beurre

8 champignons blancs, tranchés

1 reste de riz aux poivrons, environ 1 tasse

Restes de filet de porc, ou de poulet cuit, environ 1/2 tasse en très petits dés

1  c. à thé de mélange cajun ou autre mélange goûteux

3 gros œufs
1⁄4 tasse de parmesan, râpé
3 c. à soupe de yogourt grec

1/2 tasse de cheddar, râpé
Sel et poivre au goût


La cuisson se termine dans un four préchauffé à 400 °F (200 °C) où la quiche passera près moins de 20 minutes.


1. Huiler légèrement une poêle antiadhésive de taille moyenne (20 cm ou 8 po). Disposer les deux tortillas dans la poêle en les faisant se chevaucher de façon à ce qu’elles remontent bien sur les parois, pour former une croûte. Huiler les tortillas et réserver.


2. Chauffer un poêlon profond ou un wok sur feu moyen et y faire fondre le beurre dans l’huile. Ajouter les les champignons et cuire 3 minutes. Ajouter les restes de riz et viande et cuire en remuant souvent pour réchauffer le tout sans insister.  Saler et poivrer au goût, ajouter le mélange cajun. Laisser tiédir.

3. Dans un grand bol, fouetter les œufs avec le parmesan, et le yogourt. Saler et poivrer.

4. Verser le contenu du poêlon sur les  tortillas, puis ajouter la préparation des oeufs et du parmesan. Parsemer de cheddar.

5. Cuire jusqu’à ce que la quiche soit gonflée, environ 15 minutes. Au besoin, pour obtenir un beau gratin, allumer le four à gril (broil) et faire dorer le dessus de la quiche 1 ou 2 minutes en surveillant. Laisser reposer 5 minutes avant de couper en pointes et de servir chaud. 


Astuce gourmande

Il vaut mieux la démouler sur une planche pour en faire de belles pointes. (Se congèle en portions individuelles jusqu’à 1 mois.)




J’avais réalisé au début du mois  une version un peu plus longue à cuire,

https://lescarnetsdemessidor2.blogspot.com/2026/08/quiche-aux-legumes-en-croute-de.html




Adaptée  très librement de cette recette de Châtelaine 

https://fr.chatelaine.com/recettes/plats_vegetariens/quiche-champignons-poivrons-kale-fromage-chevre/?utm_source=Sailthru&utm_medium=email&utm_campaign=CHF+Quotidienne+27+juillet+2026&utm_term=CHF_Daily



Guerre commerciale avec les États-Unis - Le Canada riposte

 


« Le Canada suspend les négocations avec les États-Unis et riposte à son tour avec des droits de douane sur les produits américains après l’échec d’une entente commerciale entre les deux pays.


« Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a annoncé vendredi soir lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes que les États-Unis et le Canada avaient « refusé » de finaliser un accord provisoire et qu’une nouvelle série de droits de douane entrerait en vigueur comme prévu samedi à 00 h 01.


« Ces droits de 50 % s’appliquent sur une variété de produits canadiens, du miel aux bâtons de hockey en passant par les huiles essentielles et les produits laitiers.


« Dans un communiqué, le premier ministre Mark Carney  a indiqué que les progrès réalisés lors des négociations n’ont pas répondu aux objectifs du Canada ; il a donc suspendu les négociations et ordonné aux négociateurs canadiens de rentrer à Ottawa.


« Le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, et la négociatrice en chef, Janice Charette, se trouvent à Washington depuis près de deux semaines pour tenter de parvenir à un accord. Ils ont notamment passé plusieurs heures à discuter avec M. Greer vendredi. 


« Ils ont travaillé d’arrache-pied, en toute bonne foi, pour défendre les intérêts des Canadiennes et des Canadiens tout au long de ces négociations, et ce, jusqu’à la dernière minute », a affirmé M. Carney. « Cependant, les modifications de dernière minute apportées aux conditions proposées par les États-Unis étaient inéquitables, non rentables et remettaient en cause la fiabilité de tout accord », a ajouté le premier ministre.


« Il a précisé que les États-Unis ont l’intention d’imposer un droit de douane de 50 % sur environ 28 milliards $ de marchandises canadiennes à minuit et que le Canada ripostera par des droits de douane équivalents, « au dollar près ».


« M. Carney a également indiqué que le gouvernement mettrait en place des mesures pour soutenir les travailleurs et les entreprises canadiennes dans les jours à venir.


« Le Canada possède ce que le monde recherche. Et nous ne laisserons aucun pays décider de notre avenir », a déclaré M. Carney. »


« Plus tôt vendredi, Donald Trump avait déclaré qu’un accord avec le Canada « avançait », bien que le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, ait déclaré aux journalistes qu’il restait encore « du travail à faire » pour conclure un accord avec les États-Unis.


« Après plusieurs jours de silence, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déclaré vendredi soir sur les réseaux sociaux que le premier ministre bénéficiait de son « soutien total » pour une réponse ferme.


« Alors que nous nous battons pour protéger la souveraineté et la sécurité économique du Canada, toutes les options doivent être envisagées, a affirmé M. Ford. L’Ontario est prêt à jouer son rôle. »


« The prime minister has my full support for a strong response—tariff for tariff, dollar for dollar. As we fight to protect Canadian sovereignty and economic security, everything needs to be on the table. »


« Candace Laing, présidente-directrice générale de la Chambre de commerce du Canada et membre du comité consultatif du premier ministre sur les relations économiques entre le Canada et les États-Unis, a indiqué vendredi dans une déclaration que cela constituerait « un coup dur pour la compétitivité nord-américaine dans cette saga commerciale autodestructrice ».


« Mme Laing a ajouté que les Américains verraient leurs coûts augmenter, tandis que les Canadiens verraient disparaître leurs clients, leurs investissements et leurs petites entreprises.»


Article intitulé

Le Canada refuse les termes d’une entente commerciale 

avec les États-Unis

La Presse canadienne

Le Devoir

Le 22 août 2026 mis à jour à 1h00



21 août 2026

S’éveiller




En te levant le matin, 

rappelle-toi combien précieux 

est le privilège de vivre, 

de respirer, 

d'être heureux.


Marc-Aurèle

empereur et philosophe romain

121-180

20 août 2026

Maison- Blanche - La collaboratrice la plus dévouée du président

 


« Elle ne s’accorde jamais de congé, pas même le dimanche. Elle travaille dans le Bureau ovale et a sa place attitrée à bord de Marine One. Elle échange des textos avec des dirigeants du monde entier au nom du président. Elle veille tard à ses côtés pour rédiger des publications sur les réseaux sociaux.


« Elle prend rarement la parole devant les caméras, mais elle est toujours là — omniprésente, un grand sourire aux lèvres et les yeux rivés sur le président.


« Elle s’appelle Natalie Harp. À 35 ans, cette adjointe de l’aile ouest de la Maison-Blanche est celle qui contrôle le plus étroitement l’accès au président Donald Trump. À elle seule, elle fait circuler l’information, entièrement en marge de la chaîne hiérarchique habituelle. L’intérêt qu’elle suscite auprès du public a explosé la semaine dernière, lorsqu’on a appris qu’elle figurait parmi les rares privilégiés qui avaient rejoint le président dans le conteneur d’un camion de restauration aéroportuaire afin d’être évacués à toute vitesse de la Turquie alors qu’une attaque iranienne était redoutée.


« Cette semaine, elle est devenue la cible d’une attaque politique du sénateur démocrate de Géorgie Jon Ossoff, qui a déclaré à propos du président : « Il ne veut pas faire le travail. Il veut construire sa salle de bal et voyager avec Natalie dans leur palais volant, apparemment dépourvu de moyens de défense, offert par l’émir du Qatar. »


« Le fait que le sénateur ait ainsi pris Harp pour cible a déclenché une riposte particulièrement virulente dans de nombreux cercles proches de Trump. Des collaborateurs de la Maison-Blanche, des élus du Congrès, des influenceurs conservateurs et au moins un membre du cabinet présidentiel sont montés au créneau sur le réseau social X pour défendre l’honneur de Harp. La droite a crié au sexisme, tandis que la gauche s’est moquée d’une susceptibilité à fleur de peau. Trump a esquivé la question lorsqu’une journaliste de CNN l’a interrogé sur les propos d’Ossoff. Mais un compte géré par le gouvernement sur les réseaux sociaux s’en est ensuite pris à la journaliste en des termes inhabituellement personnels, allant jusqu'à évoquer ses enfants.


« Cette polémique a encore braqué les projecteurs sur cette femme à la silhouette gracile, dont on entend rarement la voix et qui fascine autant qu’elle exaspère depuis longtemps ceux qui gravitent autour du président. Cet article repose sur des entretiens avec une demi-douzaine de personnes qui connaissent bien son rôle. Harp n’a pas répondu à une demande de commentaires.


« Le pouvoir singulier que Trump lui accorde en dit long sur sa façon d’exercer la présidence.


« Tant que Harp est à ses côtés, il reçoit un flot d’informations qui n’ont fait l’objet d’aucune vérification — dont certaines sont nocives et contre-productives, de l’avis de plusieurs de ses autres conseillers. Elle lui fournit des contenus qu’elle repêche dans les bas-fonds des réseaux sociaux — comme cette vidéo qu’il a publiée et qui représentait les Obama sous les traits de singes — et lui fait voir ce qui se dit hors du Washington officiel, dont il s’est toujours méfié. On la surnomme « l’imprimante humaine », parce qu’elle suit le président avec une imprimante portative afin de pouvoir lui remettre les informations sur papier.


« Blonde platinée, véritable geyser d’optimisme, elle est là pour lui remonter le moral lorsque les choses se gâtent. Elle croit — ou, du moins, proclame avec véhémence — qu’il a bel et bien remporté l’élection de 2020. Dans Regime Change, un livre des journalistes du New York Times, Maggie Haberman et Jonathan Swan, les auteurs racontent que Trump expliquait à son entourage que Harp était la seule à lui vouer autant d’amour que sa femme et ses enfants. Tous ses autres collaborateurs finiraient par partir pour s’enrichir, disait-il, mais Harp, elle, ne le quitterait jamais.


« Natalie Harp est l’une des collaboratrices les plus loyales et les plus infatigables de l’équipe du président Trump », a déclaré Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison-Blanche, qui doit bientôt quitter ses fonctions. Elle répondait aux questions du Times sur la nature des fonctions de Harp et les raisons pour lesquelles celle-ci avait été choisie pour accompagner le président dans ce stratagème secret d’évacuation à bord d’un camion de restauration aéroportuaire.


« À certains égards, Harp remplit un rôle dont Trump a toujours eu besoin, depuis l’époque où il était promoteur immobilier à Manhattan. Des secrétaires étaient alors toujours postées devant son bureau, au 26e étage de la Trump Tower, prêtes à s’exécuter au moindre appel. Il appelait ces femmes « les filles ».


« Harp touche un salaire de 150 000 $US, payé par les contribuables. Elle cumule les titres d’adjointe spéciale du président et d’adjointe exécutive du président. Au travail, elle reste plutôt solitaire. Même dans cette aile ouest où la loyauté envers le président semble ne connaître aucune limite, ses démonstrations de dévouement ont mis certains de ses collègues mal à l’aise.


« Plusieurs vidéos transmises au Times montrent Harp courir sur de longues distances pour ne pas se laisser distancer par la voiturette de golf de Trump, qui avançait à petite allure sur son parcours en Écosse. « Je suis aussi désolée si je vous ai causé de l’embarras en parcourant à pied le terrain en Écosse », a-t-elle écrit dans une lettre au président que le Times a pu consulter.


« La lettre se poursuit ainsi : « Je veux que tout aille toujours bien entre nous. Je sais aussi que j’ai eu la tête ailleurs toute la semaine — j’oubliais de manger pendant la journée, et même de dormir, ne dormant que quelques heures d’affilée. »


« Elle se termine par ces mots : « De tout mon cœur, Natalie. »


« Harp a grandi en Californie. Mercredi, son frère, avec qui elle se serait brouillée, a accordé une entrevue à CNN. Il a dit ceci à propos de sa sœur : « Je dirais que, depuis qu’elle a genre 16 ans, elle fait une fixation sur… euh, mon Dieu, comment expliquer ça ? Euh… disons qu’elle a écrit des lettres à d’autres présidents. » Il a précisé qu’il faisait référence à George W. Bush.


« Le lien qui unit Harp au président actuel est profond. Elle affirme lui devoir la vie.


« Elle a dit avoir souffert d’un cancer des os et avoir eu accès à des traitements expérimentaux grâce à une loi signée par Trump en 2018. Elle n’a pas précisé publiquement de quels traitements il s’agissait.


« C’est en racontant cette expérience à Fox News, en 2019, qu’elle a attiré l’attention du président. Il l’a invitée à prendre la parole à la convention nationale républicaine de 2020. Pendant les deux années suivantes, elle a répété ses mensonges sur l’élection à titre de présentatrice à One America News Network, une chaîne d’extrême droite. En 2022, elle a finalement intégré son équipe.


« Un documentaire à la manière de The War Room, tourné pendant la campagne de Trump en 2024 et intitulé Art of the Surge, donne à voir Harp au travail.


« Je n’ai jamais aimé la politique, explique-t-elle dans une scène tournée à Mar-a-Lago. Mais quand j’étais malade, je me suis mise à regarder les débats républicains. C’est par lui que j’ai découvert la politique, et j’ai adoré. Je me suis dit : ce type-là, il a tout compris. »


« Le film enchaîne avec des images de Trump présentant Harp, en 2019, à un événement de la Faith & Freedom Coalition baptisé « Road to Majority ».


« On la préparait à mourir, dit-il. Elle s’appelle Natalie Harp et, grâce au “droit d’essayer”, elle est aujourd’hui en vie et, je crois, se porte remarquablement bien. Et quelqu’un m’a dit qu’elle était ici. Vous êtes là, Natalie ? Où est Natalie ? Voulez-vous bien monter ici, s’il vous plaît ? »


La femme qui traverse la scène pour le serrer dans ses bras n’est pas encore la collaboratrice à part entière de Trump qu’elle deviendra bientôt.


« J’ai eu le cancer et il m’a sauvé la vie en signant cette loi, dit-elle dans le film. Depuis qu’il l’a appris, il est resté en contact avec moi. Il s’est assuré que j’allais bien. »


Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’ intelligence artificielle après avoir d'abord été publié en anglais dans le New York Times.


Shawn Mccreesh et Maggie Haberman

The New York Times

Le Devoir

Le 19 août 2026 à 18 h 19

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