22 avril 2026

Jour de la Terre - Des mesures concrètes créatrices d’espoir

Pygargue à tête blanche, août 2013

« Nos cibles de réduction de GES sont régulièrement ratées ou repoussées. Le caribou forestier continue de décliner. Rien ne semble vouloir rapprocher la Fonderie Horne des normes de pollution. Facile, ces jours-ci, de croire que l’être humain est impuissant à agir pour l’environnement. Des avancées majeures, pourtant, il y en a déjà eu. En ce Jour de la Terre, mercredi, je vous propose d’en revisiter quelques-unes, histoire de se rappeler qu’il est possible de changer les choses.


La couche d’ozone 

« Ceux qui, comme moi, ont grandi dans les années 1980 se souviennent de ce stress ressenti en mettant le nez dehors. La couche d’ozone censée nous protéger des rayons UV du soleil s’amincissait au-dessus de nos têtes comme les bulles de gomme Hubba Bubba à mesure qu’on soufflait dedans. Les responsables : des gaz comme les chlorofluorocarbones (CFC), utilisés notamment dans les réfrigérateurs et les mousses isolantes. J’ai toujours été fier de savoir que c’est à Montréal, en 1987, qu’un protocole a été signé pour interdire ces substances nocives. Pas moins de 197 États l’ont ratifié et, surtout, mis en vigueur. Résultat : 99 % des gaz endommageant la couche d’ozone ont été éliminés, si bien que la couche d’ozone se régénère et devrait retrouver ses niveaux d’antan vers le milieu du présent siècle.


Les pluies acides 

« Comme l’amincissement de la couche d’ozone ou le duo musical Milli Vanilli, les pluies acides sont un autre phénomène des années 1980 dont nous sommes soulagés de ne plus entendre parler.


« Cette fois, ce sont le dioxyde de soufre et les oxydes d’azote rejetés par les centrales thermiques, les fonderies et d’autres types d’usines qui étaient en cause. Les pluies acides affectaient les forêts et tuaient la vie aquatique des cours d’eau. Le Canada, les États-Unis et l’Europe ont réagi en limitant les émissions des polluants en question et en signant des protocoles d’entente sur la pollution transfrontalière. Les pluies acides n’ont pas complètement disparu, mais le phénomène est bien moins inquiétant qu’il ne l’était. Aux États-Unis, l’Environmental Protection Agency estime que les émissions de dioxyde de soufre ont diminué de 95 %, et celles d’oxydes d’azote, de 89 %1.


«Le retour des oiseaux de proie 

« L’interdiction du DDT, qui amincit la coquille des œufs d’oiseaux, a profité non seulement au pygargue à tête blanche, mais également à de nombreux oiseaux de proie dont les populations ont bondi de 35 %. 


« Le pygargue à tête blanche est un oiseau spectaculaire – pas étonnant qu’il ait été choisi comme l’emblème des États-Unis. Or, cette icône a bien failli disparaître.


« C’est difficile à imaginer aujourd’hui, mais à la fin des années 1960, il ne restait pratiquement aucun pygargue à tête blanche en Amérique du Nord à cause de l’utilisation d’un pesticide appelé DDT. Aujourd’hui, je peux me rendre sur le bord d’une rivière près de Vancouver et en voir des centaines en une seule journée », dit David R. Boyd, professeur à l’Institut des ressources, de l’environnement et de la durabilité à l’Université de la Colombie-Britannique.


« Ce qui est arrivé ? Le bannissement du DDT, tout simplement, imposé au début des années 1970 par un grand nombre de pays. L’interdiction de ce pesticide qui amincit la coquille des œufs d’oiseaux a profité non seulement au pygargue à tête blanche, mais également à de nombreux oiseaux de proie, dont les populations ont bondi de 35 % au Canada depuis 19702. En pleine crise de biodiversité, il s’agit d’une victoire extraordinaire.


La fin du plomb dans l’essence 

Dans les années 1920, l’industrie automobile a accouché d’une idée qui semblait géniale : ajouter du plomb dans l’essence pour augmenter l’efficacité des moteurs et les lubrifier.


« L’une des plus grandes erreurs du 20e siècle », dit aujourd’hui le professeur David R. Boyd.


« C’est que le plomb est toxique pour l’humain, provoquant notamment des dommages neurologiques chez les enfants. Son ajout à l’essence contribuait à son rejet dans l’air, dans l’eau et dans le sol, causant aussi des effets nocifs sur la faune et la flore.


« En 2021, le Programme des Nations unies pour l’environnement a annoncé que tous les pays du monde avaient cessé de vendre de l’essence au plomb. L’Algérie a été le dernier pays à le faire, quelques années après l’Irak, le Yémen, la Corée du Nord, la Birmanie et l’Afghanistan. Un succès à l’échelle de la planète, sans aucune exception.


Comment reproduire de telles victoires ?

« Chacun de ces cas a été rendu possible grâce à une législation et une réglementation strictes. Et ça, c’est le rôle des gouvernements : adopter des lois, puis s’assurer de les mettre en œuvre », répond le professeur David R. Boyd.


« L’auteur de l’ouvrage Environnement : les années optimistes souligne qu’à l’époque, les lobbys industriels étaient pourtant tout aussi mobilisés qu’aujourd’hui.


« Les succès ont lieu lorsque les gouvernements ont le courage de tenir tête à l’industrie en protégeant l’intérêt public plutôt que les intérêts privés, dit-il. Malheureusement, on voit trop de gouvernements actuels faire passer les intérêts privés avant l’intérêt public. Et cela constitue une trahison de leur devoir envers les citoyens qu’ils sont censés servir. »


« L’exemple du pygargue à tête blanche, pour lequel les Américains avaient un attachement particulier, contient une autre leçon : nous défendons ce qui nous est cher.


« Vous vous souvenez quand vous étiez enfant ? Je parie que vous trouviez que la nature était extraordinaire – qu’il s’agisse d’un pygargue à tête blanche, des grenouilles dans l’étang ou d’aller pêcher avec votre père », dit David R. Boyd. Il souligne que les adultes devraient se reconnecter à la nature, ce qui aiderait à en défendre la cause. En ce sens, il croit que la création de parcs et de réserves est un pas dans la bonne direction.


« J’ai aussi échangé avec le professeur Stéphane Castonguay, spécialiste de l’histoire de l’environnement à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il est plus critique envers ce que je décris comme des « victoires » environnementales.


À son avis, les victoires d’ici et d’aujourd’hui peuvent être perçues comme des échecs ailleurs ou à une autre époque.


« Il souligne par exemple que le moteur à combustion a d’abord été vu comme une victoire environnementale, libérant les villes du crottin de cheval. De la même façon, « des organochlorés ont été bannis, comme le DDT et les CFC, mais des produits chimiques et biotechnologiques parfois aussi puissants, mais aux effets imparfaitement connus, ont été mis au point », fait-il remarquer.


« Les pluies acides dans l’est de l’Amérique et en Europe ont été contrôlées, mais une partie de la sidérurgie a déménagé dans des régions où les contrôles environnementaux sont moins efficaces, s’ils existent.»

- Stéphane Castonguay, spécialiste de l’histoire de l’environnement à l’Université du Québec à Trois-Rivières 


« Il faut effectivement prendre garde aux angles morts des mesures que l’on adopte. Mais je persiste à penser que les victoires environnementales du passé sont réelles. La couche d’ozone se rétablit bel et bien, tout comme la population de pygargues à tête blanche.


« Il me semble qu’en ce Jour de la Terre, ces victoires devraient nous inspirer. D’autant plus qu’il ne manque souvent qu’un ingrédient pour les reproduire : le courage.»


Chronique intitulée

Des preuves qu’il est possible d’agir

Philippe Mercure

La Presse

le 21 avril à 21 h


21 avril 2026

Petits gratins de fruits de mer simplifié +


J’hésite à laisser le mot simplifié dans le titre, il y a tout de même quelques étapes à respecter, mais je ne pense pas me tromper en disant qu’il ne faut pas plus de 30 minutes de préparation sur la cuisinière plus 12 minutes de cuisson au four pour obtenir ces ramequins de petits pétoncles et de crevettes nageant dans une sauce crémeuse et surmontés d’un couvert fait de croûtons et de cheddar gratinés, un chouette repas gourmand.

Ingrédients pour deux

1 sac de 300 g de petits pétoncles de baie, dégelés, égouttés et asséchés

1 c. à soupe d’huile d’olive + 1 c. à soupe de beurre

14 crevettes sauvages 31/40, décongelées et bien asséchées

1 c. à soupe d’huile d’olive

Paprika au goût, pour la couleur et le bronzage des crevettes

2 tranches de pain multigrain, en dés 

Beurre, environ 1 c. à soupe pour faire les croûtons

1/2 tasse de cheddar râpé


Sauce crémeuse au lait de coco

1 oignon rouge, en lamelles

1 c. à soupe d’huile d’olive + 1 c. à thé de beurre

4 ou 5 champignons moyens, hachés grossièrement

2 c. à soupe de farine + 1/2 c. à thé de cari en poudre

1/2 tasse de vin blanc

1 tasse de bouillon de poisson (cubes et eau chaude) ou de volaille

1/2 tasse de crème légère à cuisson ou de lait de coco léger

1 bouquet d’herbes fraîches, basilic ou aneth


La cuisson se termine dans un four à 375 °F (190 °C) en mode convection et dure 1 dizaine de minutes ou jusqu’à ce que le fromage commence à fondre. Allumer ensuite le gril (broil) et, sans déplacer les plats, terminer le bronzage, 2 minutes suffisent ordinairement.


1. Commencer par dorer les dés de pain. Dans un poêlon, faire fondre le beurre sur feu moyen et y jeter les dés de pain, réduire le feu et bien remuer  en surveillant jusqu’à ce qu’ils soient dorés sur toutes leurs faces et qu’ils  aient la consistance de croûtons. Transférer dans une assiette.

 

2. Préparer la sauce. Chauffer l’huile et le beurre dans un poêlon profond ou 1 wok, et y attendrir les lamelles d’oignon 2 ou 3 minutes. Ajouter les champignons, un peu de beurre au besoin et cuire 3 minutes. Saupoudrer de farine et de cari, saler et poivrer et bien mélanger avant de verser le vin blanc. Porter à ébullition, cuire 1 minute, puis ajouter le bouillon de poisson ou de volaille et remuer le tout. Cuire encore 3 minutes, puis ajouter la crème ou le lait de coco. Goûter et corriger les assaisonnement au besoin. Réserver.


3. Essuyer le poêlon ayant servi aux croûtons, chauffer l’huile et le beurre et y faire dorer les pétoncles 2 ou 3 minutes. Transférer les pétoncles dans la sauce.


4. Assaisonner les crevettes de paprika, les badigeonner d’une fine couche d’huile à l’aide d’un pinceau. Chauffer un poêlon à rainures et y faire dorer les crevettes 1 1/2 minutes sur une face, les retourner dès qu’elles commencent à prendre de la couleur et cuire 1 minute sur l’autre face. Transférer les crevettes dans le poêlon de la sauce.


5. Bien mélanger et répartir dans deux plats allant au four. Garnir de croûtons, recouvrir de fromage, et enfourner en suivant les indications précédant les étapes ci-dessus.



Quand le langage présidentiel devient une arme de soumission

 


« Depuis plus d’un siècle, les États-Unis se sont pensés et présentés comme un empire d’un genre particulier. Pas un empire de la contrainte brute, mais un empire d’amour et des cœurs, fondé sur l’attraction, l’adhésion et une certaine idée de la bienveillance.

« Cette image n’a jamais été parfaitement fidèle à la réalité. Les États-Unis ont bombardé des pays, renversé des gouvernements et soutenu des régimes autoritaires. Mais le langage de la promesse du progrès, de la démocratie et de la modernité jouait un rôle essentiel : il rendait la puissance américaine acceptable, parfois même désirable. Pour une grande partie du monde, les États-Unis représentaient un horizon imparfait, mais tout de même un horizon.


« Donald Trump est en train de rompre avec cette tradition.


« Quiconque a écouté ses discours l’a constaté. Dans sa bouche, le langage ne sert plus à décrire la réalité. Il sert à la produire. Les États-Unis seraient incomparables, ses actions relèveraient du « jamais vu ». À l’inverse, ses adversaires sont « horribles », « incompétents », « lunatiques ». Le monde est réduit à une opposition morale élémentaire : grandeur d’un côté, monstruosité de l’autre


« Mais ce qui frappe, ce n’est pas le ton de son propos. C’est sa cohérence.


« De l’Iran au Venezuela, de Cuba à l’Ukraine, et jusqu’à ses propres alliés, un même registre s’impose : la menace, la pression, la démonstration de force. Les relations internationales ne sont plus structurées par la recherche d’adhésion. Elles le sont par l’affirmation d’un rapport de domination.


« Ce basculement est plus profond qu’un simple changement de style.


« Car un empire, quel qu’il soit, repose sur des rapports de domination. Ce qui le distingue, ce n’est pas l’absence de contrainte, mais la manière dont cette contrainte est ressentie.


« Pendant longtemps, le langage américain suscitait l’adhésion, l’admiration, l’espoir et un sentiment d’appartenance. Il rendait l’hégémonie américaine tolérable. Le langage de Trump produit autre chose, voire un climat de peur, de défiance et de soumission calculée. Les États-Unis n’y apparaissent plus comme un modèle à suivre, mais comme une force à laquelle il faut s’adapter ou se plier.


« En ce sens, Trump ne fait pas qu’inventer un nouveau pays. Il en révèle une dimension plus brute. Une dimension qui a toujours existé, mais qui était jusqu’ici partiellement couverte par un langage de légitimation. Il ne change pas le fond. Il retire le vernis.


« Or, ce vernis avait une fonction politique réelle, car la paix internationale ne repose pas uniquement sur des rapports de force. Elle suppose une capacité minimale de reconnaissance mutuelle, ainsi que l’idée que l’autre demeure, malgré le conflit, un interlocuteur. Mais quand la parole cesse d’être un instrument de coopération pour devenir une arme de soumission, c’est cette capacité-là qui s’effondre.


« Aujourd’hui, deux réponses sont possibles.


« La première consiste à s’adapter, à accepter les nouvelles règles, à normaliser le rapport de force et à renoncer à la légitimité comme monnaie d’échange. C’est une réponse compréhensible. Mais c’est aussi une capitulation tranquille devant l’idée que le monde ne peut être gouverné que par la peur et la force.


« La seconde consiste à tenir, non par fidélité aux États-Unis, mais par fidélité à ce que l’idée d’un empire des cœurs contenait de juste, indépendamment de celui qui prétendait l’incarner. Les démocraties moyennes qui ont construit leur influence sur la crédibilité de leur parole plutôt que sur la taille de leurs arsenaux savent cela. Le Canada, les pays nordiques, et certains États du Sud global engagés dans le multilatéralisme ont tous intérêt à ce que le droit international et les institutions internationales comptent encore dans les affaires du monde.


« L’ordre international qui vacille n’est pas parfait. Mais ce qui pourrait lui succéder, un monde où seule la force parle, l’est encore moins. Certes, l’empire des cœurs survivra à Donald Trump. Mais il dépendra de ceux qui refusent de réduire le monde à un simple rapport de force. »


Article de libre opinion intitulé

La fin de l’empire des coeurs

Reiner Ricardo

Chercheur en relations internationales

spécialiste des Relations internationales Nord-Sud

et des émotions en relations internationales

Le Devoir

le 21 avril 2026

...

20 avril 2026

Guerre en Iran - Le début de la fin pour le président ?

 


« Il y a deux semaines, Pete Hegseth, le secrétaire à la Guerre des États-Unis a remercié Randy George, le chef d’État-major de l’armée de terre américaine tout comme deux autres généraux, David Hodne et William Green Jr. Le grand chef de l’État-major, Charles Brown,  avait déjà été remercié plus tôt. L’an dernier, Hegseth et le président états-unien avaient réuni tous les généraux et amiraux de l’armée pour les inciter à  «se mobiliser contre l,’ennemi intérieur ». Traduction : « nous voulons une armée plus politisée et, préférablement, qui épouse nos objectifs ». Ceux qui ne partageaient pas la vision MAGA (Make America Great Again) du président étaient respectueusement invités à… foutre le camp. Le gouvernement Trump se livre-t-il à une purge dans l’armée comme celle qu’il a faite au département de la Justice et dans la fonction publique depuis son retour à la Maison-Blanche ? Manifestement, oui.


« C’est pourtant une mauvaise idée de vider l’armée de ses meilleurs hommes dans une période trouble. Staline avait purgé l’armée rouge pendant les années 1930 et se trouva fort dépourvu lorsque les nazis envahirent l’URSS en 1941. Ces mêmes nazis auraient peut-être évité cette fatale invasion de l’URSS si Hitler n’avait pas eu que des béni-oui-oui dans son armée. Le général français Dominique Trinquand déclarait récemment à TV5 : « La guerre c’est une chambre noire, vous ouvrez la porte et vous ne savez pas ce qu’il y a derrière ».


« Dans cette « chambre noire » qu’est devenue la guerre en Iran, on trouve bien sûr les milliers de victimes iraniennes et des destructions d’infrastructures considérables. Mais on trouve aussi des pertes états-uniennes : 13 soldats et au moins 4 avions, dont un Boeing de 700 millions de dollars. Selon la même TV5 (émission C dans l’air du 13 avril 2026), la guerre aurait coûté entre 20 et 30 milliards de dollars américains jusqu’ici. Chacun des missiles Tomahawk qui ont servi à attaquer l’Iran, mais aussi à détruire les drones iraniens, coûterait 3,5 millions de dollars. Les mêmes drones iraniens ne coûtent guère plus que quelques milliers de dollars à fabriquer.


« C’est la guerre des drones doublée d’un acharnement viscéral qui fait que l’Ukraine résiste encore à la Russie après quatre ans de guerre. Jusqu’ici, les Gardiens de la révolution font preuve de la même détermination face à la plus puissante armée du monde dont le commandant en chef a promis de rayer l’Iran de la surface de la Terre…


« Pendant que l’Iran joue sa survie dans le détroit d’Ormuz, le président américain a le regard braqué sur le prix de l’essence et sur les sondages défavorables. Par surcroît, chaque jour de guerre lui coûte une fortune non seulement en dollars, mais aussi en réputation. En plus des salves dirigées vers l’ennemi, il y a celles qu’il dirige envers tous ceux qui osent le critiquer, y compris le pape Léon XIV, premier pape états-unien.


« Et pendant qu’il demande au Congrès une faramineuse augmentation du budget de la défense de l’ordre de 445 milliards pour l’année 2027, soit 42 % de plus qu’en 2026, il dit ne plus avoir d’argent pour la santé et les programmes sociaux. Les démocrates commencent (enfin !) à s’activer, convaincus qu’ils sont de remporter les élections de mi-mandat. Combien d’Américains voudront voir augmenter de près de moitié le budget militaire pendant que le déjà maigre filet social promet d’être encore plus relâché qu’auparavant ?


« Chaque jour additionnel de cette guerre est une catastrophe pour Trump, et il le sait parfaitement. Et comme le démontre l’invraisemblable blocus du détroit d’Ormuz, le président américain cherche désespérément une porte de sortie. Il navigue au gré de ses humeurs, improvisant des messages absurdes au petit matin, injuriant les uns et les autres sans compréhension de ce qui se passe vraiment sur le terrain.


« Se débarrasser du régime des mollahs qui condamne sa population à la misère et l’obscurité est certes un objectif noble. Toutefois, un chef d’État habile l’aurait fait non pas par une guerre irréfléchie, mais plutôt en poursuivant ou en renégociant l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien signé en 2015 (on tenterait de le réactiver sous une nouvelle forme dans les négociations en cours) et, surtout, en misant sur ses alliés. Un chef d’État intelligent ne se serait pas non plus mis à la solde d’Israël (ou en donner l’impression…).


« Un chef d’État éclairé s’entourerait des meilleurs cerveaux et aurait gardé ses meilleurs généraux, qui lui auraient rappelé les erreurs commises dans le passé en Irak, en Afghanistan, au Vietnam. Mais Trump étant Trump, il préfère s’entourer de fanatiques et de courtisans qui lui renvoient la seule image qui pour lui est acceptable : celle d’un grandissime dirigeant vénéré par tous, sa version nord-coréenne de ce qu’est un grand leader.


« Le président américain aime répéter que les États-Unis n’ont besoin de personne, ni des alliés ni de l’OTAN, ni des Européens, ni du Canada, et qu’il a tout le pétrole dont il a besoin. Mais la réalité le rattrape chaque jour quand il voit le prix du gallon d’essence. Toutefois, et pour le plus grand malheur de la planète, il est viscéralement inapte à comprendre la leçon fondamentale de cette déconfiture.


« Ce monde dans lequel il s’évertue à créer le chaos est un monde d’interdépendance, où les chaînes d’approvisionnement intégrées forcent, qu’on le veuille ou non, la coopération et la collaboration. Dans ce monde, la guerre qui éclate à des milliers de kilomètres reviendra chaque fois hanter celui qui l’a déclenchée.


« Les plus importants défis planétaires auxquels nous faisons face, en commençant par le nucléaire jusqu’aux changements climatiques en passant par les risques pandémiques, le narcotrafic, le terrorisme ou l’intelligence artificielle, ne pourront se régler qu’avec un renforcement des organisations internationales, du droit international, de la science et de la coopération, bref toutes ces choses que le promoteur immobilier déteste…


« Heureusement, j’ose le croire, l’ère de Trump achève. Chaque insulte, chaque mensonge, chaque mystification, chaque mise en scène délirante où il se prend pour Jésus ou Dieu lui-même en injuriant les uns et les autres nous rapproche de la fin. Les États-Uniens finiront un jour, et ce jour n’est pas si loin, par se débarrasser de ce président déguisé en dictateur. C’est maintenant à eux d’agir. À eux de se débarrasser du cancer Trump avant qu’il ne soit trop tard…»


Lettre d'opinion intitulée

Guerre en Iran, est-ce le début de la fin pour Trump ?

Marc Tremblay, Lanaudière

Le Devoir

le 20 avril 2026

19 avril 2026

Papardelles à la chair de merguez +

Ces longues pâtes aux oeufs sont vraiment délicieuses, j’ai remplacé l’agneau de la recette originale par de la chair de merguez, ces saucisses en contiennent très peu mais elles ont l’avantage d’être déjà bien assaisonnées. Pour rendre ce repas encore plus festif, j’ai ajouté des shiitakes en promotion chez Avril, un plat franchement savoureux que je vous recommande.


Ingrédients pour deux

454 250 g de papardelles, c’est le paquet au complet, miam, il en reste beaucoup...

6 merguez, environ 225 g, leur enveloppe retirée

1 c. à soupe d’huile d’olive
1 oignon rouge moyen, émincé
1 c. à soupe de fécule de maïs délayée dans un peu d’eau
1 tasse de bouillon de boeuf réduit en sel

1/4 tasse de sauce soja à faible teneur en sodium
1/4 tasse de coriandre, hachée grossièrement

1 tasse de shiitakes, les queues retirées, les champignons tranchés, ou autre champignons

1 ou 2 c. à soupe de beurre

1. Porter une grande casserole d’eau à ébullition à feu vif. Cuire les pâtes en suivant les instructions sur l’emballage. Réserver 1 tasse d’eau de cuisson, avant de les égoutter, puis en remettre une partie dans la casserole, avec un peu d’eau de cuisson, elles seront ainsi faciles à réchauffer.


2. Chauffer un grand poêlon antiadhésif sur feu moyen. Y faire griller la chair des merguez dans leur propres gras, en les aplatissant avec une spatule. Cuire sans trop remuer jusqu’à ce que le dessous soit doré, environ 5 minutes, puis retourner la viande, émietter les gros morceaux avec une spatule ou une cuillère en bois. Transférer dans une assiette. Jeter le gras de cuisson.

3. Dans le poêlon, verser l’huile et y cuire l’oignon entre 5 et 7 minutes avant d’ajouter le bouillon et la sauce soja et la fécule de maïs délayée. Porter à ébullition et laisser épaissir entre 3 et 5 minutes.


4. Remettre la chair de saucisse dans le poêlon en remuant souvent et en émiettant la viande au fur et à mesure, jusqu’à ce que que les morceaux de viande aient la taille de pois chiches, environ 3 minutes.


5. Simultanément, dans un petit poêlon, cuire les shiitakes dans le beurre entre 3 et 5 minutes. Les transférer dans le poêlon.


6. Pour finir, ajouter dans le grand poêlon les papardelles et réchauffer sur feu moyen-vif jusqu’à ce que la sauce ait réduit et que les nouilles soient enrobées, de 1 à 3 minutes. Retirer du feu, et ajouter la coriandre.

7. Répartir dans deux grands bols et déguster.


Adaptée très très librement pour deux,

https://fr.chatelaine.com/recettes/pates-2/nouilles-a-lagneau-parfumees-au-cumin-et-a-lhuile-pimentee/