02 novembre 2026

Mi-mandat chez nos voisins - Un vote pour la démocratie


La démocratie menacée, ou bien le pain et le beurre ? La corruption du régime Trump, ou bien le prix du diesel à la pompe ?


Il semble que c’est la seconde option de l’alternative qui motive toujours, à la veille des élections de mi-mandat du 3 novembre, un maximum d’électeurs américains à voter contre Donald Trump et son parti.


Cela, dans l’hypothèse où les opérations de vote et les décomptes pourront se dérouler sans anicroche ni sabotage, sans que des émeutiers républicains encouragés par le président ne tentent de détourner la démocratie, comme ils l’avaient fait en janvier 2021.


En faisant cette hypothèse, on peut raisonnablement croire que le caractère incompétent et brouillon de ce gouvernement aura ultimement pour effet de freiner, voire de contrecarrer ses impulsions dictatoriales et violentes.


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Le clan Trump était indéniablement mieux préparé à reprendre le pouvoir en janvier 2025 qu’il ne l’était en janvier 2017. La première année du second mandat a été une action destructrice non-stop à haute vitesse, laissant pantois adversaires et observateurs, avec des cibles préalablement identifiées, visées et frappées avec une grande violence.


Ce fut le saccage méthodique des agences de l’État, la mise au pas de la justice au service des pulsions du président, la déclaration de guerre contre l’ordre commercial et diplomatique international, sans oublier le démantèlement de la protection sociale : un Obamacare graduellement privé de ressources, avec pour résultat une chute marquée de la couverture santé dans la seconde moitié de 2026.


Et encore : la brutalité criminelle contre les étrangers dans les rues aux mains des brigades ICE. L’attaque résolue contre la séparation des pouvoirs. La reddition servile des parlementaires républicains au Congrès – quasi totale à la Chambre des représentants, majoritaire au Sénat. Une Cour suprême penchant vers les pleins pouvoirs au président (mais pas complètement et pas toujours).


Cependant, l’essoufflement est devenu visible dès la seconde année. À l’international, l’obsession des tarifs a commencé à montrer son caractère délétère pour l’économie américaine. Les alliés trahis et moqués ont commencé à se ressaisir et à ne plus dire « Oui, Monsieur le Président ».


Puis, ce fut cette guerre sur un coup de tête (et sous intox israélienne) qui a donné à voir une grande incompétence stratégique (Pete Hegseth) et les limites de la force de frappe américaine (épuisement de certaines munitions cruciales), avec certains fronts étrangers de plus en plus dégarnis… et un blocus pétrolier ajoutant encore à l’inflation.


Quant à l’extraordinaire inféodation de Trump à Moscou face au drame ukrainien, elle s’est peu à peu révélée de façon décisive, malgré des hésitations et des allers-retours qui avaient entretenu l’incertitude et brouillé les pistes.


Et le président Teflon, assis sur une base incroyablement fidèle malgré l’absence de résultats économiques favorables (hormis pour la classe des techno-ploutocrates, enrichie avec lui à coups de milliards détournés), s’est mis à voir ses appuis fondre – encore, que graduellement.


Un tiers des électeurs continuent de suivre aveuglément ce chef, malgré sa corruption non dissimulée, le sabotage économique, sa chute intellectuelle et cognitive, avec des discours sans queue ni tête.


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Le tableau est celui d’un gouvernement incompétent, corrompu et autoritaire. D’une économie qui, sans être en état de krach (elle résiste étonnamment), est plombée par l’action de ce gouvernement. D’un président déconnecté qui ne s’intéresse pas à la gouverne concrète, obsédé par la gloriole, les monuments kitsch, par l’apparence physique et l’enrichissement personnel… et, toujours, par l’« élection volée de novembre 2020 ».


Ses digressions de cinq, dix, quinze minutes sur ses sujets fétiches, y compris devant des leaders étrangers (à New York en septembre) sont stupéfiantes à observer.


Parmi les motifs de mobilisation, de préoccupation ou de scandale des électeurs, des thèmes comme l’état mental du président, sa corruption ou la menace à la démocratie arrivent encore derrière l’inflation et la couverture santé. Mais ils les rejoignent peu à peu, comme si on comprenait finalement qu’ils sont liés.


Non pas que l’inflation ou l’état général de l’économie soient toujours le produit de l’incompétence, de la corruption et de la maladie des gouvernants, loin de là. On tend à exagérer, dans le positif comme dans le négatif, l’influence des gouvernements sur l’état de l’économie (et cela inclut ceux qui, dans les rues de nombreux pays, défilent cet automne contre la « vie chère »).


Mais pour ce qui concerne les États-Unis de Donald Trump en 2025 et 2026, il y a une corrélation prouvée entre l’inflation, les tarifs et la guerre menée contre l’Iran. Un nombre croissant d’Américains le voient.


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Un sondage publié en octobre par NPR (radio publique américaine) demandait aux répondants quelle est la « priorité absolue » (une seule réponse possible) guidant leur choix en tant qu’électeurs.


Pour 34 % d’entre eux, « le coût de la vie et l’économie » représentent la priorité absolue. Presque à égalité, « la préservation de la démocratie » aux États-Unis est l’argument qui guide le vote de 33 % des répondants.


Une autre étude, celle presque simultanée du Pew Research Center, posait la question, mais sans catégories mutuellement exclusives. Pour 84 % des répondants, l’économie est un « enjeu très important ». Mais pour 73 %, l’avenir de la démocratie l’est également.


Il n’y a donc pas de doute : la colère à l’égard de l’« inflation de Trump » pousse en masse les électeurs vers les bureaux de vote. Mais ils s’inquiètent également pour l’avenir de leur démocratie, mise à mal par ce régime. »


Chronique intitulée

Un vote pour la démocratie

François Brousseau

Le Devoir

le 2 novembre 2026

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01 novembre 2026

Hauts de cuisse de poulet aux olives sur spaghettis +

La présence du citron confit et des olives vertes et noires donne un accent marocain à ce plat original. L’équipe de Ricardo suggère de remplacer le citron confit par du zeste de citron, ce que j’ai fait n’ayant plus de citron confit; mais l’ensemble du repas a perdu son meilleur goût. Toutefois, ce plat coloré et bien relevé est délicieux, même sans citron confit et avec des spaghettis.

Ingrédients pour deux avec petit reste

250 g de hauts de cuisses de poulet désossés et sans la peau, en bouchées
1 oignon, en quartiers redécoupée 

1 carotte en rondelles
1 gousse d’ail, pressée 

1 c. à soupe d’huile d’olive + 1 c à thé de beurre
1/2 c. à thé de curcuma  +1/2 c. à thé de gingembre moulu
1/4 c. à thé de cannelle moulue
1/4  c. à thé de poivre de Cayenne ou de sauce au piment, + ou- au goût
2 tasses de bouillon de poulet réduit en sodium
1/3 tasse d’olives vertes et noires dénoyautées et coupées en tranches
1 c. à soupe d’écorce de citron confit

1/2 courgette, en quart de rondelles 

1/2 tasse d’épinards
Spaghetti cuits pour nous

Sel, poivre et paprika au goût

1. Saler et poivrer les bouchées de poulet et les saupoudrer de paprika. Dans un poêlon haut ou un wok, sur feu moyen-vif, dorer le poulet de 3 à 5 minutes, puis, les oignons et les carottes. Ajouter l’ail, les épices et la sauce au piment et poursuivre la cuisson 30 secondes en remuant. Mouiller avec le bouillon, incorporer les olives et le citron confit ou le zeste. Cuire 20 minutes à découvert ou jusqu’à ce que la sauce ait réduit de moitié et soit bien corsée. Ajouter la courgette et les épinards et poursuivre la cuisson en remuant 5 minutes ou jusqu’à ce qu’elle soit translucide. Saler légèrement et poivrer .(voir note).

2. Pendant ce temps, dans une casserole d’eau bouillante salée, cuire les pâtes al dente. Prélever 1/2 tasse d’eau de cuisson, puis égoutter les pâtes.

3. Ajouter les pâtes dans le poêlon et bien remuer pour les enrober de la sauce. Verser de l’eau de cuisson pour détendre la sauce, au besoin. Bien mélanger le tout.

4. Répartir dans des assiettes creuses et servir aussitôt.


La recette originale est servie sur des tagliatelles,
https://www.ricardocuisine.com/recettes/9225-tagliatelles-au-poulet-aux-olives-et-au-citron-confit





Le maire de Québec répond à l'insulte par un généreux geste de bienfaisance

« Tout a commencé par une insulte à l’endroit de Bruno Marchand. Tout se termine avec plus de 143 000 $ de dons pour un centre d’hébergement pour les personnes en situation d’itinérance de Québec. Entre les deux, il y a eu une virulente — et virale — « guerre des tuques » et un remue-méninges où le maire et sa garde rapprochée ont décidé de changer les citrons en limonade. Récit d’un raz-de-marée de solidarité déclenché depuis la mairie.


Le 15 octobre dernier, Bruno Marchand inaugure une piste cyclable devant les médias. Au milieu de son allocution, un automobiliste descend sa fenêtre pour lui lancer un « Va chier » aussitôt capté par les micros — et diffusé en boucle, le soir venu, sur les réseaux et à la une des journaux.


« C’est sûr que ça heurte, raconte une source proche du maire. Au minimum, ça surprend. »


Le même jour, des parents endeuillés de Québec avaient annoncé le report d’une cérémonie à la mémoire de leur fils Alex, âgé de seulement 11 ans lorsqu’il s’est fait faucher sur son vélo dans une rue de Beauport située à quelques kilomètres du lieu de la conférence de presse. Le couple en deuil avait reçu des messages haineux sur les réseaux sociaux en raison des dos d’âne que la Ville a placés à la suite du drame.


« Ce n’est pas ça, Québec !»

Au terme de cette semaine éprouvante, le maire avait déploré, sur le plateau de Tout le monde en parle, que le débat public versait de plus en plus dans la haine. « Je trouve, avait-il lancé, qu’on est meilleurs que ça au Québec. »


Trois jours plus tard, la tension montait encore d’un cran dans la capitale. Le propriétaire du Bar Sports Vegas, qui est proche de l’opposition municipale et du Parti conservateur du Québec, avait mis en avant, sur les réseaux sociaux, une idée de son cru à l’approche de l’hiver : vendre des tuques sur lesquelles on pouvait lire « Va chier Marchand ».


Dès le mercredi 21 octobre au soir, l’entourage du maire a eu vent que des bonnets à l’inscription méprisante à son endroit se vendaient désormais à 19,99 $ au Bar Sports Vegas. Le lendemain, Bruno Marchand a dénoncé l’initiative sur les réseaux sociaux et appelé à nouveau à l’apaisement du climat social, avant de s’asseoir avec sa garde rapprochée avec une intention précise : trouver une façon de montrer que la ville de Québec ne se résume pas à ces chapitres les plus sombres.


Selon les informations récoltées par Le Devoir, le maire voulait « parler des tuques pour créer un contraste positif » et démontrer que « ce n’est pas ça, Québec ». Au fil d’un remue-méninges entre Bruno Marchand, son chef de cabinet, son attaché de presse et son responsable des réseaux sociaux, l’idée de créer des tuques en réplique aux bonnets injurieux du bar, ou encore de promouvoir des vêtements mis en vente par des organismes de Québec, a circulé autour de la table — avant d’être vite écartée.


« C’était trop long, a indiqué une source au Devoir. Il fallait saisir la fenêtre d’opportunité. » Tous s’entendent rapidement sur le besoin d’en faire bénéficier une cause, mais encore fallait-il trouver comment — et laquelle. 


Permettre de participer à un mouvement

Lauberivière a rapidement coché tous les critères. Acteur majeur dans la lutte à l’itinérance à Québec, l’organisme avait déjà mené, par le passé, des campagnes de financement par textos. « Il fallait que ce soit super accessible, explique une source proche du dossier. Si les gens avaient dû cliquer sur un lien, puis s’inscrire avant de donner, c’est certain que ç’aurait eu moins d’effet. »


Il fallait néanmoins convaincre Lauberivière de se rallier à l’idée. « Il y avait un enjeu réputationnel, selon les témoignages recueillis par Le Devoir. Nous partions d’une controverse et nous ne voulions pas que Lauberivière se retrouve coincé entre deux feux. »


Une fois l’aval de l’organisme donné, le maire, dès vendredi, soit moins de 24 heures après le brainstorm initial, a lancé sa réplique, pleine d’ironie, sur les réseaux sociaux. « On me dit que plusieurs personnes veulent acheter une tuque cette semaine. J’ai une proposition : vous pouvez également texter “VIE” au 41010 et faire un don de 20 $ pour venir en aide aux personnes en situation d’itinérance à Québec. »


« C’était parfait, soulignent aujourd’hui les sources du journal. C’était le même prix que la tuque du Bar Sports Vegas, et l’itinérance, c’est une cause très associée au maire. Au-delà des beaux discours et des appels à l’apaisement, nous voulions poser un geste et permettre aux gens aussi de participer à un mouvement qui a un effet concret. »


Le maire et son équipe avaient d’emblée l’instinct que leur idée allait faire mouche. « Le maire, à la base, c’est un instinctif. Quand tout le monde s’entend pour dire que nous tenons une bonne idée, généralement c’est parce que c’est une bonne idée. C’était l’impression qui se dégageait au sein de l’équipe quand nous avons convenu de la réponse à donner. »


Un ras-le-bol face au manque de respect

L’élan de générosité suscité par l’invitation du maire a « largement dépassé » les attentes initiales. En moins d’une semaine, Lauberivière a recueilli plus de 143 000 $ en dons venus de tous les coins du Québec. La campagne a aussi profité d’une controverse provoquée par le morning man de Radio X, Dominic Maurais, adepte de la polémique et des créations par intelligence artificielle sur Facebook.


Ce dernier avait publié, au cours de la dernière fin de semaine, une tuque à l’effigie du maire de Lévis, Steven Blaney, avec le message « Kiss me, I am an idiot » (Embrassez-moi, je suis un idiot) inscrit sur le rebord. Cette injure ajoutait encore un peu de venin dans un climat social tendu : le maire a fortement réagi, suivi par l’Union des municipalités du Québec. Ces sorties ont « donné du gaz » à la campagne et c’est à partir de ce moment-là que les dons ont réellement afflué — et depuis bien plus loin que les limites de la capitale.


« C’était une tempête parfaite, expliquent aujourd’hui les sources du Devoir. Tout concordait pour inciter les gens à poser un beau geste. L’apaisement, d’habitude, mobilise moins que la colère et la haine. Cette fois-ci, par contre, nous avons senti qu’il y avait un appétit dans la population pour un climat social plus sain. Notre campagne nous dépasse largement — parce qu’elle est devenue une soupape où la majorité silencieuse vient exprimer son ras-le-bol face au manque de respect. »


Article intitulé

Les coulisses de la guerre des tuques et d’une campagne de dons de 143 000 dollars $ à Québec

Sébastien Tanguay

Le Devoir

Le 30 octobre 2026

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31 octobre 2026

Mi-mandat aux USA - 48 millions d’électeurs ont déjà voté



« (Washington) Un nombre record de 47,9 millions d’Américains ont déjà voté pour les élections de mi-mandat, avec une forte hausse de la participation dans plusieurs États clés et davantage d’électeurs démocrates que républicains parmi les votants, selon des chiffres publiés vendredi.


L’Election Lab de l’Université de Floride a recensé 47 922 669 votes anticipés à l’échelle nationale à la mi-journée, dépassant le précédent record pour des « midterms », établi à 45,9 millions de votes avant le scrutin de 2022.


Cette année-là, 226 millions de personnes étaient inscrites sur les listes électorales aux États-Unis, selon des données fédérales.


Les élections se tiendront mardi, mais il est déjà possible de voter par anticipation.


La hausse constatée cette année est particulièrement marquée dans les États où se déroulent des élections sénatoriales très disputées.


Au Texas, où le candidat démocrate au Sénat James Talarico espère mettre fin à trois décennies de domination républicaine, plus de six millions de personnes avaient déjà voté par anticipation mercredi, selon les chiffres officiels. La participation en personne était supérieure d’environ 50 % à celle enregistrée au même stade en 2022.


La participation était également en hausse en Caroline du Nord et du Sud. Au Kansas, où le sénateur républicain Roger Marshall est en difficulté, le nombre de bulletins de vote anticipé était supérieur d’environ deux tiers par rapport à 2022 la semaine dernière, selon les autorités locales.


Dans les États qui recensent l’affiliation politique des électeurs, les démocrates représentent une part nettement plus importante des votants anticipés que les républicains : environ 44 %, contre 31 % pour les républicains et 25 % pour les électeurs sans affiliation politique ou inscrits auprès de petits partis, selon l’Election Lab.


L’organisation a également relevé une hausse de la participation des électeurs noirs et hispaniques dans les États qui publient des données sur l’origine ethnique des votants.


Les experts mettent toutefois en garde contre toute interprétation de ces chiffres comme une indication du résultat du scrutin.


L’affiliation politique d’un électeur ne permet pas de savoir pour quel candidat il a voté, et des dizaines de millions d’Américains supplémentaires se rendront aux urnes mardi.


Lors des dernières élections, les républicains ont eu tendance à voter davantage le jour du scrutin, ce qui pourrait réduire, voire inverser, l’avance des démocrates. Par ailleurs, une participation plus importante lors du vote anticipé ne signifie pas nécessairement une hausse de la participation globale.


Trump en Iowa et au Kansas

Fébrilité électorale ? Volonté, à 80 ans, de prouver son énergie ? Donald Trump animera finalement dimanche des rassemblements qu’il venait d’annuler, dans la dernière ligne droite de la campagne pour les élections de mi-mandat, mal engagées pour son camp républicain.


Le président américain se rendra en Iowa et au Kansas, des terres conservatrices où les scrutins du 3 novembre s’annoncent beaucoup plus difficiles que prévu pour les républicains, a indiqué vendredi à l’AFP une source proche de la campagne.


« Les rassemblements sont à nouveau au programme. Le président Trump aime ses partisans », a dit cette source.


Il en tient un autre vendredi en Floride, prévu depuis un moment et qui n’a jamais été remis en cause.


Jeudi, le Parti républicain avait assuré que les perspectives électorales étaient bonnes en Iowa et au Kansas, et qu’un déplacement de Donald Trump ne se justifiait donc pas. Le raisonnement était qu’il serait plus efficace pour le dirigeant de multiplier les participations à des rassemblements en ligne.


Interrogé jeudi par un journaliste qui lui demandait s’il était fatigué de sillonner le pays pour faire campagne, le président américain, coutumier des attaques contre la presse, avait répondu avec une agressivité encore plus marquée que d’habitude. »


Article intitulé

Un record de 48 millions d’électeurs ont déjà voté

Agence France-Presse

La Presse

le 30 octobre 2026, 15 h 14

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30 octobre 2026

Environnement - Le Canada a cessé de lutter contre la pire énergie fossile



« Le gouvernement de Mark Carney a abandonné son engagement à cesser d’exporter du charbon thermique d’ici la fin de la décennie, conclut un rapport de la vérificatrice générale déposé jeudi. Il s’agit de la pire énergie fossile, responsable à elle seule de plus de 40 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre liées aux énergies qui alimentent le naufrage du climat planétaire Le Canada joue même un rôle important dans les exportations du charbon exploité aux États-Unis.


Quel était l’engagement du Canada ?

Dans sa plateforme électorale de 2021, le Parti libéral du Canada dirigé par Justin Trudeau  avait promis de « mettre fin aux exportations de charbon thermique du Canada et par l’intermédiaire du Canada, et ce, au plus tard en 2030 ».


Les libéraux soulignaient du même souffle l’urgence d’agir. « La science a prouvé que le retrait progressif du charbon du secteur de l’électricité est la mesure climatique la plus importante que tout pays puisse mettre en œuvre, ce qui rime aussi avec de l’air plus propre et plus sain pour tous. »


Que constate aujourd’hui la vérificatrice générale ?

Bien qu’Environnement Canada ait travaillé pendant trois ans pour trouver un moyen de mettre en œuvre cette interdiction, ces travaux ont été complètement interrompus en novembre 2024 à la suite de pressions exercées par l’industrie du charbon.


Le rapport indique que « le ministère n’a produit aucune preuve de directive officielle de cesser ses travaux liés à l’interdiction en 2024 ». La décision d’interrompre ces travaux n’a été officialisée qu’en août 2025, alors que le gouvernement fédéral cherchait à mettre en place des mesures d’économie.


« Cependant, nous avons également constaté qu’il n’existe aucun document clair montrant que le ministère avait fourni à la ministre une évaluation des répercussions de la cessation de tous les travaux liés à l’interdiction des exportations, précise le rapport. Bien que cet engagement ait été annoncé à l’échelle internationale et mentionné dans plusieurs stratégies fédérales, les travaux liés à l’interdiction ont cessé sans aucune annonce publique. »


« L’abandon de l’engagement international à ne plus exporter de charbon thermique est un nouveau symbole de la trahison climatique du gouvernement Carney. Rappelons que Stephen Harper promettait en 2008 de sortir le Canada du charbon. Mark Carney rompt maintenant cette promesse, alors qu’une nouvelle mine de charbon a été approuvée cet été en Alberta », a déploré jeudi le porte-parole du Bloc québécois en matière d’environnement et de lutte contre les changements climatiques, Patrick Bonin.


Le Canada exporte-t-il du charbon exploité aux États-Unis ?

En 2025, environ 61 % du charbon thermique expédié depuis le Canada provenait des États-Unis. Cela représente 10 millions de tonnes, sur un total de 16,6 millions de tonnes exportées par le Canada. Toutes ces exportations se font par navire, à partir de la Colombie-Britannique. Qui plus est, le rapport publié jeudi démontre que « les exportations de charbon thermique extrait au Canada et provenant des États‑Unis ont augmenté au cours des dix dernières années », alors que la crise climatique mondiale s’aggrave.


« Les exportations de charbon thermique expédié depuis le Canada ont entraîné des émissions nocives de gaz à effet de serre à l’étranger au moment où le Canada s’efforçait de réduire les émissions sur son territoire », souligne d’ailleurs le rapport de la vérificatrice générale.


Quel est le rôle du charbon dans la crise climatique ?

Globalement, le charbon est responsable d’environ de 40 % de la croissance des émissions de CO2 du secteur de l’énergie, avec un niveau historique de 15,3 milliards de tonnes de CO2 émises en 2021 (contre 9,2 milliards de tonnes en 2001).


Pour espérer atteindre l’objectif de carboneutralité d’ici 2050 et ainsi limiter le réchauffement planétaire à un seuil viable, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) évalue qu’il faudrait réduire les émissions mondiales de 45 % d’ici 2030, par rapport au niveau de 2010, mais aussi ramener les émissions à zéro d’ici 2050.


En plus d’alimenter le dérèglement du climat de la planète, les polluants atmosphériques émis par les centrales thermiques au charbon « peuvent entraîner des maladies respiratoires et cardiovasculaires, des cancers du poumon, des diabètes [et] des troubles neurologiques », selon les Nations unies. Ce seul combustible fossile est lié à des dizaines de milliers de morts par année dans le monde. »


Article intitulé

Le gouvernement Carney a cessé de lutter contre la pire énergie fossile au monde

Alexandre Shields

Le Devoir

Le 29 octobre 2026, 18 h49 

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