16 février 2026

Potage express aux champignons +



Si vous aimez les champignons, vous apprécierez sûrement ce potage léger et bien goûteux qui ne prend que quinze minutes de cuisson. Le concentré de tomate et le cari ajoutent leurs saveurs à cette fine improvisation publiée il y a douze ans et qui fait encore nos délices aujourd'hui.

Ingrédients pour deux

1 c. à soupe de beurre ou de margarine non hydrogénée

1 courgette moyenne, pelée et en dés

1/2 barquette de champignons blancs moyens, tranchés

1 gousse d’ail, pressée

1 c. à thé comble de concentré de tomate (pâte de tomate)

1/4 c. à thé de cari en poudre

1 1/4 tasse de bouillon de bœuf réduit en sel

Sel et poivre au goût


1. Dans une casserole, attendrir la courgette 3 minutes dans la matière grasse. Ajouter les champignons, cuire 3 minutes, puis l’ail et cuire 1 minute.


2. Incorporer le concentré de tomate, le cari et mouiller avec le bouillon.


3. Couvrir, porter à ébullition et laisser mijoter une douzaine de minutes.  Mixer au mélangeur à main et déguster.


Touche gourmande

Ajoutez une lichette de crème 15 %. 


Bon à savoir

La courgette, un des légumes qui cuisent le plus rapidement et qui apporte une onctuosité appréciable, entre dans la composition de toutes sortes de plats délicieux, entrées, gratins, salades, gâteaux ou muffins. Plus digeste et moins calorique que la pomme de terre, elle la remplace avantageusement dans les potages tout en fournissant des fibres et des vitamines A et C.


https://lacuisinedemessidor.blogspot.com/2014/03/potage-savoureux-aux-champignons.html

La marchandisation des illusions



« Pourquoi courir, encore et toujours, avant d’aller enfin dormir ? Le sommeil est-il devenu une ligne d’arrivée qu’il faut mériter ?

« Une marque de chaussures connue développe, pour l’horizon 2028, un modèle de course alimenté par batterie. Les tests initiaux laissent entendre qu’il faciliterait grandement la progression en montée, au point de rendre la foulée aussi aisée que sur le plat. Sur un parcours vallonné, le temps au kilomètre pourrait de la sorte diminuer de plusieurs minutes.


« Ces godasses de grand prix sont conçues, affirme la marque, pour optimiser « les mouvements naturels ». Il est pourtant moins question ici de nature que de robotisation. Bientôt, nos chevilles exigeront-elles leur mise à jour logicielle ?


« Avez-vous remarqué ? Dès qu’un produit se drape d’un vocabulaire bien précis — dans ce cas-ci le mot « naturel » —, c’est presque toujours pour détourner votre regard de ce qu’il fait réellement.


« Prenez ces produits industriels désormais affublés de mots comme « paysan » ou d’« antan ». On célèbre des simulacres alimentaires au nom d’un terroir mythifié dont les agriculteurs eux-mêmes sont dépossédés. Jamais on n’aura tant certifié « à l’ancienne » qu’à l’heure où les allées d’épicerie se parent partout des emblèmes d’une paysannerie réinventée par la publicité. Pourtant, il est devenu rare de goûter une chose aussi élémentaire que du bon pain sans qu’on vous fasse payer, au prix fort, la mise en scène de sa rusticité. Au rayon de la consommation, la nostalgie s’habille de plastique comme tout le reste.


« Pardonnez ce pas de côté : j’ai peu dormi, la nuit passée. J’en reviens à ces chaussures robotisées. Elles promettent de vous propulser comme sur un vélo électrique : plus vite, plus loin, avec moins d’effort. Marcheurs et coureurs progresseraient désormais grâce à un moteur, à une courroie motrice, à une batterie rechargeable. Inutile de forcir ses mollets. Il suffit de s’en acheter des électrifiés. Tout est désormais prêt à consommer, même les illusions de la performance.


« L’illusion est devenue la matière première de toutes les marchandisations. La méritocratie de la performance pour la performance en étant un des plus illustres produits dérivés.


« La même logique s’opère pour le repos : il vous suffit d’acheter un forfait tout compris sous le soleil, à condition de vous en tenir, pour bronzer, à la fenêtre temporelle autorisée par les employeurs, tout en vous faisant croire que vous répondez de la sorte, au nom de votre liberté, à une nécessité fondamentale, presque biologique.


« La notion même de vacances est devenue quelque chose de profondément anxiogène : nous voici poussés à nous déplacer, dans un créneau du calendrier dicté par les besoins du marché, au nom d’une obligation à souffler, à nous reposer pour pouvoir ensuite mieux travailler. Pour y arriver, il faut travailler, souvent davantage encore, pour ne pas suffoquer à l’heure de rembourser le coût du « repos que vous avez mérité ».


« On travaille pour partir. On part pour oublier qu’on travaille. Puis, l’on travaille pour payer le prix d’être parti.


« Dans ce rapport désormais standardisé au royaume des voyages tout inclus, très peu d’attention est consentie à la situation réelle des pays parasités par des marchands de soleil. Les paysages et les populations des pays visités deviennent de simples décors interchangeables, selon les meilleures offres de la saison. Tout se vaut, pourvu que ce soit beau. Et chaud. Et pas cher.


« Prenez Cuba. Pendant que les touristes photographient des voitures américaines colorées des années 1950, sirotent des mojitos et se plaignent de la qualité du buffet, beaucoup de Cubains peinent à se nourrir décemment. On regrette que la population manque de tout, mais on s’inquiète surtout de ne pas pouvoir rentrer à temps chez soi, faute de carburant. L’étendue actuelle du désastre social à Cuba ne semble pas déranger tellement les habitués du soleil au rabais.


« Le tourisme de masse est devenu une forme de colonialisme bon marché. On s’imagine même que voyager à Cuba serait une manière de boycotter la Floride. Quelques vieux mythes tenaces nous vendent l’île comme du bon pain : elle serait restée « authentique », comme « d’antan ». Une sorte de paradis sur terre. Rien de moins. Entre la fierté d’un pouvoir figé et la voracité tenace d’un embargo américain, l’île étouffe pendant que nous venons y chercher le calme et la volupté dont rêvent les plaisanciers. Pendant ce temps, les gens qui y vivent n’ont même pas les moyens, eux, de choisir leurs fatigues.


« Né à Cuba, gendre de Karl Marx, Paul Lafargue opposait, avec une douce dérision, le « droit au travail » — dont on a tiré plus tard le « droit aux vacances » — à la simple paresse au lit.


 En 1880, dans Le droit à la paresse, conçu dans la tradition de l’Éloge de la folie d’Érasme, il s’attaquait déjà à l’adoration du travail et à l’allongement infini des journées de labeur par la multiplication des entourloupettes censées doper la productivité.


« La paresse chez Lafargue n’est pas inertie, mais résistance à la tyrannie productive. Une insoumission horizontale.


« Notre société, tout au contraire, mène une guerre permanente contre toute forme de somnolence, sauf, peut-être, celle induite par des psychotropes, licites ou non, pourvu qu’ils engraissent les coffres de quelques-uns. Dormir et se reposer suppose désormais, bien souvent, que l’on anesthésie les causes mêmes de l’épuisement. Ce doit être ça, le progrès…


« Si Lafargue défendait le lit comme espace de retrait, notre époque l’a transformé en simple borne de recharge. Un point de ravitaillement destiné à ragaillardir nos batteries, dans un laps de temps de plus en plus étroit et monitoré. Chaque matin, le réveil sonne pour que la course reprenne. Ainsi repartons-nous de plus belle sur une route usée dont la plupart d’entre nous, à l’heure de la retraite légale, ne reviendront jamais.


« Sur ce chemin, l’ajout de batteries à nos chaussures ne changera rien. »


Chronique intitulée

Courir pour dormir

Jean-François Nadeau

Le Devoir

le 16 février 2026

15 février 2026

Jour après jour, la guerre se poursuit en Ukraine

 



On ne peut ressentir 

la douceur de cette vie 

sans en même temps concevoir 

une colère absolue 

contre le mal qui la serre 

de toutes parts.


Christian Bobin

écrivain et poète français

1951-2022

14 février 2026

Gâteau aux épices, version 14-2-26 +



La recette originale de Patrice Demers comprenait deux gâteaux, j’ai fait la demi-recette comme en 2013, mais procédé hier à quelques substitutions. Avec pour résultat un petit gâteau moelleux et suave que j’ai glacé en m’inspirant du gâteau reine-élizabeth. Je le referai bientôt dans un moule rond.


Ingrédients pour six ou 8

1/3 tasse de mélasse (moi, mélasse de dattes trouvée chez Adonis)

1/4 tasse de sucre 

1 c. à soupe de marmelade d’orange (pas indispensable mais ajoute sa saveur)

1/3 tasse d'huile de pépins de raisin

3/4 tasse de farine tout usage

1/4 tasse de farine de sarrasin (mon ajout)

1 c. à thé de gingembre moulu

1/2  c. à thé de cannelle 

1/4 c. à thé de clou de girofle moulu

1/2 tasse d'eau

1 c. à thé de bicarbonate de soude

1 gros œuf battu


Glaçage craquant 

2 c. à soupe de beurre

5 c. à soupe de crème à cuisson légère

4 c. à soupe de cassonade

1/2 tasse de flocons de noix de coco


La cuisson du gâteau se fait dans un four à 350 °F (180 °C) et dure un peu plus de 30 minutes, hier 35 minutes.


1. Beurrer un moule carré de 8 po (20 cm), puis déposer un rectangle de papier parchemin au fond du moule en laissant dépasser deux des bords se faisant face. Le moule rond ferait meilleur effet.


2. Dans un bol moyen, à l'aide d'un fouet, combiner la mélasse, le sucre, la marmelade et l'huile.


3 Dans un bol plus petit, tamiser les farines, le gingembre, la cannelle et le clou de girofle.


4. Dans une casserole, amener l'eau à ébullition, retirer du feu et ajouter le bicarbonate. Verser cette préparation sur celle de la mélasse et, au fouet, bien mélanger.


5. Incorporer les ingrédients secs à la préparation de mélasse.


6. Ajouter l’œuf, et fouetter jusqu'à l'obtention d'une pâte homogène.


7. Verser dans le moule préparé et mettre au four pendant environ 35 minutes, jusqu'à ce qu'un cure-dents inséré au centre du gâteau en ressorte propre.


8. Laisser tempérer le gâteau.


Pour le glaçage

Dans une petite casserole, mélanger le beurre avec la crème et la cassonade. Chauffer 1 minute. 


Retirer du feu et laisser tiédir avant d’en recouvrir le gâteau. Allumer le gril (broil) et remettre le gâteau au four sur la grille du centre et laisser colorer 2 ou 3 minutes en surveillant.

La bonne façon d’aimer

 



L’art d’aimer, c’est savoir joindre 

à un tempérament de vampire 

la discrétion d’une anémone.


Emil Cioran

philosophe et écrivain roumain 

1911-1995

13 février 2026

Gratins de crevettes et goberge +

Une chouette recette que je n’ai pas suivie fidèlement, plusieurs modifications étant nécessaires pour me servir de ce que j’avais, variante qui s’est avérée rapide à réaliser et extra délicieuse, avec sa pâte de cari, son lait de coco et ses croûtons dorés. 

Ingrédients pour deux avec petit reste de crevettes

300 g de crevettes 20-26  crues et décortiquées, décongelées et asséchées

1 c. à soupe d’huile d’olive + paprika au goût

2 tranches de pain coupées en petits cubes (un peu plus gros que des dés)

1 c. à soupe d’huile d’olive + 2 c. à soupe de beurre

1 échalote sèche, hachée finement

8 champignons, coupés en quatre

1 c. à thé de pâte de cari doux

1 c. à soupe comble de farine

1/3 tasse de vin blanc

2/3 tasse de lait de coco léger

225 g de goberge au homard, coupés en petits cubes

1/2 tasse de fromage au goût, râpé, hier du cheddar


La cuisson se termine dans un four à 375 °F (190 °C) et dure une douzaine de minutes.


1. Préparer d’abord les crevettes. Une fois égouttées et bien asséchées saupoudrer de paprika et cuire dans 1 c. à soupe d’huile d’olive jusqu’à ce qu’elles soient dorées, environ 2 minutes sur chaque face. Réserver.


2. Préparer ensuite les croûtons en faisant dorer dans le poêlon les petits cubes de pain dans le beurre, en surveillant pour ne pas qu’ils brûlent.


 3. Dans un poêlon ou un wok, faire fondre le beurre dans l’huile et y attendrir l’échalote et les champignons entre 3 et 5 minutes.


4. Ajouter la pâte de cari et la farine et bien mélanger, déglacer avec le vin blanc et laisser bouillonner 2 minutes. 


5. Verser le lait de coco et porter doucement à ébullition, la sauce épaissira légèrement. Incorporer les cubes de goberge et bien réchauffer.


6. Verser cette sauce dans deux ramequins, déposer les crevettes réservées, ajouter les croûtons dorés, puis le fromage.


7. Enfourner et cuire 10 minutes avant d’allumer le gril (broil) durant 2 minutes en surveillant.


Inspirée de la recette suivante,

https://www.5ingredients15minutes.com/fr/recettes/plats-principaux/poisson-fruits-de-mer/gratin-de-crevettes-et-goberge/







Énième «trumpette» contre la lutte aux changements climatiques


(Washington) Donald Trump a annoncé jeudi abroger un texte adopté sous Barack Obama et servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, un revirement majeur contre lequel s’opposaient les scientifiques et les défenseurs de l’environnement. 


« Cette décision, annoncée en fanfare depuis la Maison-Blanche, met immédiatement fin aux normes d’émissions pour les véhicules et ouvre la voie à l’annulation d’autres réglementations environnementales, notamment en matière de rejets des centrales électriques. 


« Cela « va faire économiser des milliers de milliards de dollars aux consommateurs américains » en faisant baisser le coût des voitures, a assuré le président américain, climatosceptique déclaré. 


« En éliminant l’autorité sur laquelle s’appuyait l’Agence de protection de l’environnement (EPA) pour réglementer les émissions de gaz à effet de serre, le républicain porte un coup important à l’action climatique du pays, premier contributeur historique de ces émissions qui réchauffent la planète. 


« Sans ce texte fondateur, « nous serons moins en sécurité, en moins bonne santé et moins à même de combattre le changement climatique-tout cela pour que l’industrie des énergies fossiles puisse gagner encore plus d’argent », a dénoncé sur X l’ancien président Barack Obama. 


« Ce retour en arrière « trahit le peuple américain et consacre le Parti républicain comme le parti pro-pollueurs », a accusé pour sa part le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, virulent opposant de Donald Trump dans un communiqué, promettant de la contester en justice. 


« Arnaque » 

« Adopté en 2009 par l’EPA sous la présidence du démocrate Barack Obama, le texte abrogé stipulait que six gaz à effet de serre étaient dangereux pour la santé publique et tombaient donc dans le périmètre des polluants réglementés par l’agence fédérale. 


« Cette décision avait ouvert la voie à de nombreuses réglementations fédérales visant à limiter les rejets de ces gaz (CO2, méthane…), à commencer par les émissions des camions et des voitures. 


« Sa révocation par la même agence, aujourd’hui dirigée par un proche de Donald Trump, a été vivement condamnée par de nombreux scientifiques et associations environnementales. 


« Il s’agit de « la plus grande attaque de l’histoire des États-Unis contre les efforts fédéraux pour lutter contre la crise climatique », s’est insurgé Manish Bapna, président de l’organisation environnementale NRDC auprès de l’AFP. 


« Interrogé sur les inquiétudes liées à ce revirement, Donald Trump a minimisé une nouvelle fois jeudi la crise climatique et nié le consensus scientifique à son sujet : « Je leur dis de ne pas s’inquiéter, car cela n’a rien à voir avec la santé publique, tout cela n’était qu’une arnaque, une arnaque géante. » 


Bataille judiciaire

« Grand défenseur du pétrole et du charbon, le républicain a enclenché depuis son retour au pouvoir une marche arrière toute en matière de climat, sortant une nouvelle fois la première puissance mondiale de l’Accord de Paris et détricotant de nombreuses normes environnementales. 


« Ce nouveau coup porté à la lutte contre le changement climatique devrait donner lieu à une longue bataille judiciaire, plusieurs associations environnementales ayant annoncé leur intention de la contester en justice. 


« L’affaire pourrait même remonter jusqu’à la Cour suprême, plus haute instance judiciaire du pays. Bien que cette dernière, majoritairement conservatrice, se soit montrée ouverte ces dernières années à des changements de jurisprudence, c’est l’une de ses décisions, en 2007, qui était à l’origine de ce texte emblématique de la lutte contre le changement climatique aux États-Unis. 


« Ce revirement survient alors que l’année 2025 a été confirmée par les climatologues comme la troisième plus chaude jamais enregistrée sur Terre, et que les effets du dérèglement du climat se font sentir à travers les États-Unis et le reste du monde. 


« Malgré ces manifestations tangibles, la lutte contre les gaz à effet de serre marque le pas depuis deux ans dans le monde développé faute d’investissements suffisants dans les technologies bas carbone. »


Article  intitulé

Trump porte un nouveau coup à la lutte contre les changements climatiques

Issam AHMED 

Agence France-Presse 

La Presse

le 12 février 2026