23 juin 2026

Fusillade à Montréal - Pourquoi ?


« C’est la question que tout le monde se pose. C’est la question que tout le monde a commencé à se poser dans les minutes qui ont suivi la nouvelle d’un tireur actif dans Côte-des-Neiges.


« Pourquoi ?


« L’internet a fait sa job de spéculateur en chef dans les secondes suivant la nouvelle d’un tireur actif dans Côte-des-Neiges.


« Thèse la plus répandue, à chaud : l’attentat antisémite, les juifs étant particulièrement ciblés partout dans le monde, ces jours-ci. Côte-des-Neiges et Notre-Dame-de-Grâce, non loin, comptent des communautés juives.


« On a compris plus tard que le citoyen tué par erreur par une policière, bien que juif, était fort probablement à la mauvaise place au mauvais moment, confondu avec le tireur par une agente attaquée.


« Et on a compris en après-midi, quand le manifeste du tireur s’est mis à circuler, ce manifeste qui a été envoyé à la police de Montréal, que le tueur ne nourrissait pas de haine particulière envers les juifs.


« Je résume ce que j’ai lu : si l’auteur de ce texte est bel et bien le tueur, il n’avait pas de succès avec les femmes et il a construit sur une centaine de pages d’une densité vertigineuse une théorie politique inspirée de la lutte des classes de Marx pour justifier ses revers amoureux.


« L’auteur attaque le libéralisme, la liberté, la pornographie, les applications de rencontre, la bourgeoisie, les pornographes, les spéculateurs, la chirurgie plastique, l’immigration de masse, en citant Platon, Marx, Engels, Lénine, Darwin, Spinoza et des journaux scientifiques comme Behavioral Ecology and Sociobiology, le volume 60 (6) de 2006, les pages 749 à 765… 


« Ça se lit comme une thèse de maîtrise, où le tireur déplore une société capitaliste qui crée une « hypergamie » où les « favoured males » peuvent coucher avec autant de femmes qu’ils le souhaitent pendant que les gars ordinaires, comme lui, la majorité des hommes, sont invisibles aux yeux des femmes… 


« Un « incel », donc, comme on appelle ces « célibataires involontaires » qui blâment violemment (avec maux et gestes) les femmes pour leur misère amoureuse et sexuelle ? Oui, un incel pur jus.


« Je le cite, à propos des hommes « favorisés » : « Nous ne pouvons pas échapper à leur domination. Et s’ils nous voient, ce n’est qu’après avoir regardé attentivement et, comme je le disais, quand ils nous voient, ils nous méprisent. À la fin, la société est leur paradis, ils vivent dans un état de béatitude céleste. Mais leur paradis est notre enfer. »


***


« Je vais revenir au « pourquoi ». Mais j’aimerais parler du « comment », un instant : comment les policiers du SPVM se sont comportés, sur les lieux de la fusillade.


« À 11 h 33, des citoyens effrayés ont appelé le 911 : une arme longue sortait de la fenêtre d’une chambre d’hôtel, fenêtre fracassée. On rapportait des coups de feu.


« Les deux premiers policiers arrivés devaient avoir un œil sur les fenêtres surplombant le lobby de l’hôtel.


« Le tireur était sur les mêmes pavés qu’ils ont foulés en débarquant de leur autopatrouille.


« On connaît la suite : l’agent Mohamed Lamine Benredouane, 34 ans, cinq ans d’ancienneté, a été tué.


« Sa partenaire, dans la confusion, a tiré sur Michael Mizrahi, 68 ans, citoyen israélien, un passant. Il semble que l’agente l’ait confondu avec l’assaillant, alors qu’il courait dans sa direction.


« A-t-elle tiré sur M. Mizrahi avant d’être elle-même atteinte ? L’enquête le dira.


« Puis, un troisième policier arrivé sur les lieux a abattu le tireur, alors qu’il rechargeait son arme.


« Tout cela a été filmé, de plusieurs angles. Tout cela a été diffusé, quasiment en direct, sur les réseaux sociaux. C’est l’époque, sans filtre.


« L’intervention sera analysée, décortiquée, seconde par seconde, image par image.


« Je ne retiens qu’une chose, au terme de cette journée noire pour Montréal, pour le Québec, pour la condition humaine : les premiers policiers qui ont affronté le tireur l’ont fait avec un courage exceptionnel.


« Oui, l’entraînement ; oui, les réflexes, mais il en faut, du courage, pour ne pas se sauver quand on vous tire dessus.


« Respect.


***


« Le saint patron des « incels » s’appelait Elliot Rodger, un Californien qui s’était lancé en 2014 dans une cavale meurtrière pour se venger d’être encore vierge à 22 ans.


« Bilan : 6 morts, 14 blessés.


« Son manifeste de 138 pages est une bouillie autobiographique où il explique par le menu, depuis ses 6 ans, comment les filles l’ont fait souffrir. Comment il a été « poussé » à se venger. Comment il veut que les gars comme lui se vengent, eux aussi.


« L’appel d’Elliot Rodger n’a pas créé un soulèvement, mais il a fait des ravages. En 2018, un Torontois qui a tué dix personnes en lançant son camion sur un trottoir a invoqué Rodger, juste avant le décuple meurtre.


« Dans le manifeste envoyé à la police de Montréal par « Seth Hatfield », il est aussi question de se venger, par la révolution en citant Robespierre, l’artisan de la Terreur post-Révolution française. 


« Il veut un nouveau régime où les femmes ne pourraient plus copuler avec qui elles le souhaitent, quand elles le souhaitent.


« L’auteur dresse une liste de personnes qu’il faut abattre, les cadres de « l’hypergamie » en quelque sorte, les banquiers, les PDG, les milliardaires, et les membres de lobbys puissants – il n’en nomme qu’un seul, l’Initiative du siècle, qui vise à augmenter la population du Canada à 100 millions.


« Il inclut les politiciens, les spéculateurs comme les courtiers immobiliers et les amateurs de cryptomonnaies, ainsi que… les pornographes.


« Est-ce un hasard si, de sa chambre, le tueur de l’Hôtel Hilton avait une vue sur l’édifice de l’entreprise Aylo ?


« Aylo, c’est Pornhub, le géant mondial du XXX, établi à Montréal… 


« À ajouter à la liste des « pourquoi » qui occupent depuis lundi après-midi des dizaines d’enquêteurs à Montréal, au Québec et au Canada. »


Chronique intitulée

« L’hypergamie » vue par un incel marxiste 

Patrick Lagacé

La Presse

Le 23 juin 2026

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22 juin 2026

Amérique latine - La Colombie vire à droite


(Barranquilla) L’avocat antisystème soutenu par les États-Unis, Abelardo de la Espriella, a promis dimanche une « nouvelle ère » après avoir remporté l’élection présidentielle en Colombie, faisant basculer très à droite un pays frappé par la violence des groupes armés. 

« L’homme d’affaires, novice en politique, a battu de peu le sénateur de gauche Ivan Cepeda lors du second tour. Les résultats préliminaires le donnent gagnant avec 49,7 % des voix, contre 48,7 % pour le philosophe et défenseur des droits de la personne.  


« Le président désigné prendra ses fonctions le 7 août, dans un contexte de résurgence de la violence dans ce pays plongé dans un conflit armé interne depuis plus de six décennies. 


« Derrière un vitrage pare-balles, Abelardo de la Espriella a célébré le début d’une « nouvelle ère » face à des milliers de partisans réunis à Barranquilla. 


« Partisan d’une opposition frontale aux groupes armés liés au narcotrafic, il a juré de poursuivre « sans relâche les bandits, dans le cadre de la Constitution et des lois de la République », et de gouverner pour « tous les Colombiens ». 


« Le Tigre », comme le surnomment ses supporters, promet la sécurité après une campagne marquée par des attentats à la bombe de la guérilla et l’assassinat d’un prétendant à la présidence. 


« Avec Abelardo de la Espriella, la Colombie devient le dernier pays latino-américain en date à virer à droite, après l’Argentine, le Chili ou encore l’Équateur dont les dirigeants, alignés sur Washington, ont rapidement félicité le président désigné. 


« Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a vanté sur X une future collaboration « en matière de sécurité » et pour « mettre fin à l’immigration clandestine vers les États-Unis ». 


« Le président américain Donal Trump, de son côté, a publié sur son réseau Truth social une photo du millionnaire colombien, accompagnée du message : « il a gagné, et largement ! ». 


Célébrations et heurts

Les partisans de l’excentrique avocat de 47 ans sont descendus dans les rues de plusieurs villes de Colombie pour laisser éclater leur joie, avec sur le dos le maillot jaune de l’équipe nationale de football qu’il avait adopté lors de la campagne. 


« À Cali, troisième ville du pays, des manifestants mécontents de l’issue du scrutin ont au contraire brûlé des drapeaux américains et affronté la police antiémeute, ont constaté des journalistes de l’AFP.  


« À Bogota également, des protestations ont eu lieu. « Nous n’allons pas soutenir ce gouvernement, il ne me représente pas en tant que jeune », a déclaré à l’AFP Brandon, un étudiant de 19 ans, en promettant « beaucoup d’autres manifestations » à venir. 


« Ivan Cepeda a assuré qu’il n’accepterait pas la défaite avant le dépouillement final, lequel devrait prendre plusieurs jours. Il entend contester les résultats de 33 000 bureaux de vote. 


« Le sénateur de 63 ans, allié du président sortant Gustavo Petro, était soutenu notamment parmi les classes populaires reconnaissantes pour la réduction de la pauvreté et les salaires plus élevés sous le premier gouvernement de gauche de l’histoire de la Colombie, l’un des pays les plus inégalitaires au monde. 


« Prospérité et sécurité » 

« Abelardo de la Espriella a connu une ascension fulgurante avec un discours virulent contre les guérillas et Gustavo Petro, que la Constitution empêchait de briguer un second mandat. 


« Il incarne une ligne dure face au crime organisé dans un pays qui est le premier producteur de cocaïne au monde. 


« Sa victoire « trace une voie de prospérité et de sécurité pour le pays », a réagi Samuel Gomez, directeur de collège de 39 ans, à Barranquilla (nord). 


« Les partisans de l’excentrique avocat de 47 ans sont descendus dans les rues de plusieurs villes de Colombie pour laisser éclater leur joie, avec sur le dos le maillot jaune de l’équipe nationale de football qu’il avait adopté lors de la campagne. 


« Ivan Cepeda défendait au contraire la poursuite de la stratégie du gouvernement Petro visant à négocier la paix avec les organisations criminelles (guérillas, paramilitaires, cartels) impliquées dans le narcotrafic, malgré de maigres résultats, et voulait approfondir les réformes sociales. 


« L’un de ses partisans, Santiago Galindo, employé de banque à Bogota, s’est dit « très nerveux » face à ce que pourrait entreprendre M. de la Espriella.  


« Selon les experts, ses promesses d’offensive militaire pourraient plonger le pays dans une nouvelle spirale de violence. 


« Admirateur du président salvadorien Nayib Bukele et de l’Argentin Javier Milei, l’homme d’affaires promet de faire construire des mégaprisons où les détenus seraient nourris « de pain et d’eau », de bombarder les camps de narcotrafiquants avec le soutien des États-Unis et d’Israël et de réduire de 40 % l’appareil d’État.  


« Après une campagne ayant révélé la forte polarisation de l’opinion, le futur président, dépourvu de majorité au Parlement, devra « reconnaître que la moitié du pays n’est pas d’accord » avec lui, estime Giovanna Pinzon, une psychologue de 46 ans. »


Article intitulé

La Colombie vire à droite avec la victoire d’un candidat pro-Trump

Valentín DÌAZ 

Agence France-Presse 

La Presse

le 22 juin 2026

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21 juin 2026

Cuisses de canard confites, sauce à l’orientale +

Un petit régal du samedi soir mettant en vedette notre viande préférée et une sauce aux accents de la cuisine chinoise avec des ajouts que nous aimons, champignons, marmelade d’orange, miso et nouilles instantanées: du bonheur pour nos papilles.

Ingrédients pour deux 

2 cuisses de canard confites (Canabec: excellent choix) 


Sauce à l’orientale

6 ou 8 champignons moyens, hachés 

1 c. à soupe de gras de canard, provenant de l’emballage 

2 c. à soupe de marmelade d’orange 

3/4 tasse de bouillon de  boeuf

1 c. à soupe de sauce tamari ou soya, réduite en sodium

1 c. à soupe de  vinaigre de riz

1 c. à soupe de sauce hoisin

1 c. à thé de miso, facultatif mais délicieux

1/8 c. à thé thé de poivre de Cayenne 

1 c. à soupe de fécule délayée dans un peu d’eau


1. Allumer le four à 350 °F (180 °C).


2. Dans un poêlon allant au four, déposer les cuisses, la peau dessus et réchauffer au four une quinzaine de minutes. Pour obtenir une peau croustillante, allumer le gril (broil) et cuire encore 3 minutes en surveillant. 


3. Pendant ce temps, dans une petite casserole ou un poêlon, préparer la sauce en faisant revenir les champignons dans le gras de canard. Verser la marmelade ainsi que le bouillon de boeuf, la sauce tamari, la sauce hoisin et le miso, puis porter à ébullition. Ajouter le poivre de Cayenne. Goûter, rectifier l’assaisonnement au besoin et ajouter ensuite la fécule délayée. Porter à ébullition et laisser cuire 2 ou 3 minutes jusqu’à ce que la sauce soit plus épaisse et onctueuse. 


4. Servir les cuisses dans des assiettes chaudes. Hier avec des nouilles instantanées et des pak choy sautés rapidement dans l’huile.





Entente avec l’Iran - Les réactions de quelques médias états-uniens




Objectifs d’avant-guerre oubliés, pouvoir iranien renforcé, coût de la guerre exorbitant et détails de l’accord encore flous : les médias américains sont nombreux à dénoncer les « concessions » de Donald Trump à l’Iran et ce qu’ils estiment être des contre-vérités sur la portée de l’accord.


« Le président américain a signé à distance mercredi soir un protocole, également paraphé par le président iranien Massoud Pezeshkian, pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février par les frappes américano-israéliennes en Iran.


« Mais son retour aux États-Unis devrait être marqué par une pluie de critiques, venant à la fois des adversaires de la guerre comme de ses partisans de la première heure.


« Chose rare, Fox News, la télévision préférée du locataire de la Maison-Blanche, ne mâche pas ses mots. Elle donne la part belle à ceux qui « affirment que le cadre offre à l’Iran d’énormes avantages financiers, sans exiger le démantèlement de son infrastructure nucléaire ».


« Et ce n’est pas la communication de l’entourage de Donald Trump qui pourra la convaincre.


« Bien que l’administration présente l’accord comme une percée, des critiques soutiennent que les concessions accordées à l’Iran dépassent largement les engagements obtenus en retour », assure Fox. !


The framework is now official.
« President Trump has signed the Memorandum of Understanding outlining 14 key U.S. negotiating points both America and Iran hope to maintain over the next 60 days. 


« Among the stated U.S. objectives: ending the war, restoring normal operations through…

— Fox News (@FoxNews) June 18, 2026


« La Maison-Blanche a accepté cette prolongation du cessez-le-feu qui ne répondait à aucun de ses objectifs d’avant-guerre tout en accordant d’énormes concessions financières à Téhéran », estime pour sa part la chaîne MS NOW (ex-MSNBC), proche du parti démocrate.


« À présent, l’administration s’efforce désespérément de prétendre le contraire. Tout simplement, Trump s’est fait avoir par les Iraniens, et personne n’achète son narratif alternatif ».


« L’accord est « le plus grand pari de politique étrangère du second mandat du président », estime de son côté le Wall Street Journal, pour qui Donald Trump « devra affronter l’opposition des faucons de la politique iranienne, qui affirment que le président cède bien plus qu’il n’obtient ».


Même la signature dans les ors historiquement chargés de Versailles avec Emmanuel Macron n’est pas du goût de tout le monde, dès lors qu’elle a fait « cafouiller une cérémonie de signature prévue plus tard cette semaine », note le quotidien économique.


« Message refroidi »

Quant à la république islamique, elle sort épuisée du conflit mais le document signé n’a « rien d’un document de capitulation », estime le New York Times,   média souvent pris à parti par le président républicain.


« Les Iraniens sont sortis d’une confrontation […] mais avec de nombreuses raisons de se réjouir », ajoute le quotidien pour qui ils ont « prouvé qu’ils pouvaient utiliser le chaos économique comme une arme ».


A US official read out the text of the US-Iran memorandum of understanding to journalists on a conference call. Here is a gift link to the full text from the @nytimes. Let the analysis begin. https://t.co/8SMBz1Fgjo

— Edward Wong (@ewong) June 17, 2026


« Le président évoquait, en début de conflit, la possibilité que le régime s’effondre. Puis qu’il soit dominé par des dirigeants plus enclins à la négociation.


«  En réalité, M. Trump a plutôt consolidé la nouvelle direction », estime le quotidien. Pire, Téhéran a plus de raisons objectives aujourd’hui qu’auparavant de vouloir obtenir l’arme suprême, fait valoir le journal. 


« Pendant plus de deux décennies, l’Iran est restée « au seuil » nucléaire pour dissuader ses ennemis mais a été bombardé en juin 2025, puis attaqué de nouveau en février, résume le New York Times. Ses dirigeants « pourraient bien se demander s’ils avaient la bonne stratégie nucléaire ».


« La radio publique NPR — dont Trump a décidé d’arrêter le financement avant d’être bloqué par la justice — énumère le bilan humain désastreux d’un conflit « opposant la plus puissante armée du monde à un adversaire bien plus faible mais doté d’une grande habileté stratégique ».


« Cela a aussi refroidi le message sur le pouvoir d’achat que l’administration tentait de faire passer avant les élections de mi-mandat » en novembre, ajoute-t-elle.


« D’autant que fondamentalement, rien n’est réglé. NBC, comme d’autres, compare l’accord signé avec le précédent accord entre les deux pays, dit « JCPOA », signé en 2015 par l’administration Obama.


« Le mémorandum de Trump n’est qu’un “cadre”, la plupart des grandes questions devant encore être réglées lors de futures négociations. L’accord nucléaire de 2015, lui, était un texte détaillé, élaboré sur deux ans », affirme la chaîne.


Article intitulé

Les médias américains nombreux à dénoncer 

les concessions de Trump

Agence France-Presse

Le Devoir

publié le 18 juin 2026