12 mai 2026

L’«imprévisible» président s’en va en Chine

« Donald Trump sera en Chine cette semaine pour un sommet avec le dirigeant Xi Jinping. L’imprévisible président américain, au plus bas dans les sondages, voudra sans doute pouvoir se féliciter d’une issue positive. À quel prix ? La question suscite une certaine nervosité sur la scène internationale.


Relations complexes

« Trump se rendra en Chine jeudi et vendredi. Il rencontrera le leader chinois, Xi Jinping, pour une visite repoussée de mars à mai en raison de la guerre en Iran. Conflit au Moyen-Orient, Taïwan, intelligence artificielle, échanges commerciaux, armes nucléaires : les sujets annoncés par des responsables américains à Reuters toucheront d’importantes préoccupations des deux pays. Si des élus du Parti républicain restent bellicistes et méfiants face à la Chine, Trump n’a pas caché son admiration pour Xi, un « homme fort ». « La Chine dispose d’un tel levier sur les États-Unis concernant la question des minéraux critiques que même les faucons hésitent à adopter une position véritablement agressive envers elle actuellement », estime Mary Gallagher, experte de la Chine rattachée à l’Université de Notre-Dame, en Indiana. La Chine contrôle la plus grande part du marché de ces composants devenus essentiels pour la fabrication d’articles comme les téléphones et les voitures.


Tensions commerciales

La guerre commerciale entre les deux pays a atteint des sommets l’an dernier, avec des produits « chinois taxés à 145 % et des produits américains taxés en retour à 125 % au plus fort des ripostes. Les deux dirigeants ont conclu une trêve commerciale en octobre. Tiendra-t-elle ? Les discussions sur les échanges commerciaux devraient être au cœur de la visite. La Maison-Blanche a annoncé la présence d’au moins 16 présidents de grandes entreprises, dont Elon Musk, président de Tesla, qui compte une importante usine à Shanghai, Tim Cook, d’Apple, et Kelly Ortberg, de Boeing. Les États-Unis souhaitent promouvoir l’exportation en Chine des avions, mais aussi du bœuf et du soya américains. Les technologies et l’intelligence artificielle, et leur sécurité, sont importantes pour les deux pays et devraient faire l’objet de discussions.


Guerre en Iran

« Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est lui aussi rendu à Pékin ce mois-ci. La Chine est l’une des principales alliées de l’Iran, avec la Russie. Le blocage dans le détroit d’Ormuz commence à faire sentir ses effets sur la Chine, note Guy Saint-Jacques, ex-ambassadeur du Canada en Chine. Sur ses usines de plastique, mais aussi sur ses marchés : 80 % du pétrole qui sort normalement du détroit d’Ormuz est expédié en Asie. Le dirigeant chinois a pris soin de ne pas plonger officiellement dans le conflit. « La Chine craint un renversement de régime en Iran, parce qu’avec un nouveau régime plus proche des États-Unis, elle perdrait un allié important », dit M. Saint-Jacques, aussi fellow à l’Institut d’études internationales de Montréal. Le pays aurait joué un rôle en coulisses dans l’acceptation du cessez-le-feu par l’Iran le 7 avril dernier.


Taïwan

« Si la Chine accepte des propositions favorables pour les États-Unis, qu’exigera-t-elle en retour ? Pour les experts, la plus grande menace pèse sur Taïwan, considéré par le gouvernement chinois comme faisant partie de son territoire. Les États-Unis ne reconnaissent pas la souveraineté de l’île – gouvernée selon des principes démocratiques –, mais lui apportent une aide militaire importante. Le président a d’ailleurs autorisé une vente d’armes américaines d’une valeur de 11 milliards US en décembre, mais l’envoi a été mis sur pause en raison de discussions avec Xi, selon Associated Press. Trump a fait pression sur Taïwan dans le passé, jugeant les échanges commerciaux injustes envers les États-Unis. Le leader américain reste imprévisible. « Il pourrait dire quelque chose de symbolique qui aurait un impact sur Taïwan », souligne Mme Gallagher. En déclarant que les États-Unis s’opposent à son indépendance. Ou en mettant un frein aux ventes d’armes américaines. La propension du président américain à parler sans discours préparé suscite de l’inquiétude, comme l’ont soulevé cinq diplomates asiatiques et européens au média américain Politico lundi. Trump a déjà indiqué qu’il aborderait l’épineuse question de l’armement avec Xi lors du sommet.


Alliés

« La Chine procède régulièrement à des exercices militaires dans la région. Un changement de position des États-Unis sur Taïwan, même petit, enverrait un message aux alliés asiatiques. « Ça serait un signal qu’on ne peut plus se fier aux Américains et ça pourrait entraîner une course aux armements dans ces pays – c’est déjà commencé », dit M. Saint-Jacques. Les États-Unis comptent d’importantes bases militaires au Japon, aux Philippines et en Corée du Sud.


Article intitulé

Un sommet attendu avec nervosité

Janie Gosselin

avec l’Agence France-Presse et Associated Press

La Presse

le 12 mai 2026

11 mai 2026

Gâteau choco-bananes +

Ce gâteau que j’ai cuit dans une assiette à tarte est à l’origine le pain aux bananes et aux deux chocolats de l’équipe de Ricardo. J’ai très peu modifié la recette, juste remplacé le beurre par de l’huile neutre et réduit les quantités de sucre. Bon gâteau bien bourratif qui ne nécessite pas de glaçage et que j’ai garni légèrement de tranches d’amande et d’un peu de sucre brut.

Ingrédients pour 8 portions et plus

1 tasse de farine tout usage non blanchie
1 c. à thé de levure chimique (poudre à lever)
1/2 c. à thé de bicarbonate de soude 

4 c. à soupe de cacao

1/4 c. à thé de sel
1/3 tasse d’huile de pépins de raisin

1/2 tasse de cassonade
2 oeufs
1 tasse environ de bananes mûres écrasées (2 bananes décongelées)
1/3 tasse de lait mélangé, moi, boisson à la vanille

2 c. à soupe de yogourt à la vanille
1/2 tasse de pépites de chocolat 


Garnitures

2 ou 3 c. à soupe de tranches d’amande

2 ou 3 c. à soupe de sucre brut

La cuisson se fait dans un four réchauffé à 350 °F ( 180 °C) dans une assiette à tarte profonde bien beurrée.


1. Dans un bol moyen, bien mélanger la farine, la poudre à pâte, le bicarbonate et le cacao avec un fouet.

2. Dans un bol, plus grand fouetter la cassonade, avec l’huile, ajouter les oeufs, un à la fois, et mélanger jusqu’à ce que la préparation soit homogène. 


3. Insérer les ingrédients secs, - farine poudre à lever,  bicarbonate, cacao et sel       - dans la préparation liquide en trois fois en alternant avec le lait et le yogourt; mélanger après chaque addition.

4. Incorporer ensuite les bananes puis les pépites de chocolat. Verser dans l’assiette à tarte beurrée et garnir d’amandes et de sucre brut.

5. Cuire au four environ entre 35 et 45 minutes ou jusqu’à ce qu’un cure-dents inséré au centre du gâteau en ressorte propre. Servir tiède ou froid.


Adaptée librement de la recette suivante,

https://www.ricardocuisine.com/recettes/5360-pain-aux-bananes-double-chocolat






Le président rejette la réponse de l’Iran


« Les prix du pétrole sont repartis à la hausse lundi, Donald Trump ayant sèchement rejeté la réponse de l’Iran aux propositions américaines pour mettre fin à la guerre, Téhéran mettant de son côté en garde Français et Britanniques contre toute intervention dans la région.

« Je viens de lire la réponse des soi-disant “représentants” de l’Iran. Je ne l’aime pas — C’EST TOTALEMENT INACCEPTABLE ! », a écrit en lettres majuscules le président américain dimanche soir dans un bref message sur son réseau Truth Social.


« Avant même l’ouverture des marchés asiatiques, les prix du pétrole ont pris l’ascenseur, le baril de Brent gagnant 2,69 % à 104,01 dollars, alors que semblait s’éloigner la perspective d’une réouverture rapide du détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième de l’or noir consommé dans le monde, et que l’Iran bloque depuis le début des hostilités le 28 février.


« Plus d’un mois après le début de la trêve entre les deux belligérants, les tractations semblent en effet plus que jamais dans l’impasse et les espoirs de règlement nébuleux, aucune des parties n’ayant dévoilé publiquement ses propositions.


« Après des jours d’attente, l’Iran a annoncé dimanche avoir répondu au plan américain, mais sans détailler sa réponse. La télévision d’État iranienne a indiqué que la réponse transmise dimanche, par l’entremise du médiateur pakistanais, était « axée sur la fin de la guerre […] sur tous les fronts, en particulier au Liban, et sur la garantie de la sécurité de la navigation maritime », sans plus de détails.


Réouverture du détroit

« D’après le Wall Street Journal (WSJ), qui cite des sources proches du dossier, la proposition deTéhéran prévoit une réouverture graduelle du détroit d’Ormuz, et une levée simultanée du blocus des ports iraniens par la marine américaine.


« Selon le quotidien américain, Téhéran serait également prêt à « diluer » une partie de son uranium enrichi et à envoyer le reste dans un « pays tiers ».


« Washington et de nombreux pays soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l’arme atomique via l’enrichissement de l’uranium, ce qu’il dément, défendant son droit au nucléaire civil.


« Il reste encore des matières nucléaires – de l’uranium enrichi – qui doivent être retirées d’Iran » et « des sites d’enrichissement à démanteler », a affirmé plus tôt dimanche le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, à la chaîne américaine CBS.


« La guerre, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, « a permis d’accomplir beaucoup de choses, mais elle n’est pas finie », a-t-il averti.


Drones dans le Golfe

« Dans le Golfe, de nouvelles attaques ont été signalées dimanche.


« Au Qatar, un vraquier en provenance d’Abou Dhabi a été visé par un drone en matinée dans les eaux territoriales, avant de poursuivre son trajet, selon le ministère de la Défense.


« L’agence de presse iranienne Fars a affirmé qu’il « battait pavillon américain et appartenait aux États-Unis », sans dire explicitement que l’Iran l’avait visé.


« D’autres pays du Golfe ont été ciblés par des drones dimanche : le Koweït n’en a pas précisé la provenance, mais Abou Dhabi a directement accusé Téhéran. Dès le déclenchement de la guerre par Israël et les États-Unis le 28 février, les monarchies du Golfe, alliées de Washington, avaient fait l’objet de frappes iraniennes inédites.


« Ces attaques interviennent deux jours après que l’armée américaine a visé deux pétroliers iraniens dans le golfe d’Oman,  voie d’accès au stratégique détroit d’Ormuz.


« Notre retenue est terminée », a averti Ebrahim Rezaei, le porte-parole de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien. « Toute attaque contre nos navires déclenchera une riposte iranienne forte et décisive contre les navires et les bases » des États-Unis.


« Nous ne courberons jamais la tête devant l’ennemi et, s’il est question de dialogue ou de négociation, cela ne signifie ni capitulation ni recul », a de son côté écrit sur X le président iranien, Massoud Pezeshkian.


Paris et Londres dans le collimateur

« Le Royaume-Uni et la France s’activent de leur côté pour mettre sur pied une coalition internationale visant à sécuriser le détroit, après un règlement du conflit.


« Les ministres de la Défense des deux pays coprésideront mardi une réunion en visioconférence avec une quarantaine de leurs homologues de pays prêts à contribuer à une telle mission, a annoncé Londres.


« Téhéran a averti que tout déploiement déclencherait une « réponse décisive et immédiate » de l’armée iranienne, après l’annonce par Paris et Londres de l’envoi de bâtiments militaires pour se prépositionner dans la région.


« La France « n’a jamais envisagé » un déploiement militaire à Ormuz, mais une mission de sécurisation « concertée avec l’Iran », a précisé le président français, Emmanuel Macron.


« Sur l’autre front du conflit, au Liban, Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs attaques mutuelles, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril. Deux secouristes affiliés au Hezbollah ont été tués et cinq autres blessés dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban, a indiqué le ministère de la Santé, selon lequel les opérations israéliennes ont fait 2846 morts depuis le début de la guerre le 2 mars.»


Article intitulé

Trump rejette la réponse de l’Iran, le pétrole repart à la hausse

Agence France-Presse

à Téhéran, Beyrouth, Jérusalem, Washington, dans le Golfe

Le Devoir

le 10 mai 2026

...

10 mai 2026

Pavés de truite en croûte de noix +


Une des mille et une manières de cuisiner un filet de truite est de le garnir d’une croûte aux noix caramélisées qui deviendra la vedette de votre repas. Avec en- dessous un enrobage au goût d’orange suave (mayo et marmelade), accompagné d’une endive braisée fondante et de quelques frites croustillantes, que de délices pour les papilles !


Ingrédients pour deux

1 filet de truite saumonée de 260 g séparé en deux portions

Sel et poivre au goût

Herbes fraîches au goût


Enrobage tendre au goût d’orange

3 c. à soupe bombées de mayonnaise légère

1 c. à soupe de yogourt nature

1 c. à soupe de marmelade d’orange


Enrobage croustillant aux noix

1/3 tasse de noix de Grenoble ou de pacanes, moi, un mélange des deux

1/3 tasse de chapelure panko

2 c. à soupe de parmesan, râpé finement

1 c. à soupe d’huile d’olive

1 c. à thé d’une herbe séchées

Sel léger


La cuisson se fait dans un four à 400 °F (200 °C) et dure une dizaine de minutes.


1. Préparer d’abord l’enrobage tendre qui servira ensuite de petite trempette pour les frites. Réunir dans un petit bol tous les ingrédients et bien mélanger.


2. Dans un moulin à épices ou un petit hachoir, moudre les noix sans insister. Éviter de réduire en poudre, il est bon qu’il reste des morceaux. Verser dans un petit bol, ajouter les autres ingrédients en mélangeant.


3. Installer les pavés sur une plaque, ou une assiette à pizza, tapissée de papier parchemin. Tartiner chacun d’une fine couche d’enrobage tendre. Recouvrir avec l’enrobage aux noix et presser doucement les pavés avec le dos d’une cuillère.


4. Enfourner et cuire entre 10 et 12 minutes selon l’épaisseur des pavés. Servis hier avec des frites, le reste de l’enrobage tendre et une endive braisée.





«Personne n’ose lui dire, c’est vous le problème, vous êtes un taré»

(Toronto) L’ancien stratège républicain Steve Schmidt est aujourd’hui l’un des plus farouches opposants de Donald Trump aux États-Unis. Avec le président, « le choix n’est pas entre la droite et la gauche, mais entre le bien et le mal ». Mais tout n’est pas perdu : il y aura un après MAGA… Notre chroniqueur l’a rencontré à Toronto. 


« Donald Trump est « dans une situation politique irréparable », et les républicains perdront non seulement la Chambre des représentants, mais aussi le Sénat, aux élections de mi-novembre.


« C’est le jugement sans appel de Steve Schmidt, l’ancien stratège républicain devenu le plus féroce anti-Trump.


« Depuis le mois de décembre, je dis qu’il est sur une trajectoire qui le mène vers 30 % d’approbation, tous les indicateurs qu’on voit à l’œuvre étaient en germe », dit-il. 


« En sport comme en politique, faire des prédictions est facile. Mais Schmidt a quelques succès récents en la matière. Il est un des cofondateurs du Lincoln Project, un groupe d’ex-républicains ayant fait une grande campagne anti-Trump en 2020 pour aider Joe Biden. Mais quand il a vu que Biden voulait se présenter pour un deuxième mandat, il a crié sur tous les toits que le parti s’en allait au désastre. Il a même aidé le candidat déçu à l’investiture démocrate Dean Phillips à contester la nomination de Biden, une tentative vouée à l’échec et vite oubliée.


« En mai 2024, six semaines avant le débat désastreux qui a forcé Biden à se retirer en catastrophe de la campagne présidentielle, j’avais rencontré Schmidt à Toronto également, où il est à l’occasion, puisqu’il a épousé une Canadienne.


« Si des élections avaient lieu demain, Donald Trump gagnerait et ce serait la faute de Joe Biden, le seul candidat démocrate qui pouvait perdre contre Trump », m’avait-il dit alors. Une décision de pur ego, alors que Biden était censé être là pour la transition vers la prochaine génération. En fait, Biden avait besoin de Trump pour justifier sa tentative de réélection. Une tentative qui le place au « deuxième rang des pires présidents de l’histoire, vu qu’il aura permis la réélection du pire ».


« On sait la suite : l’effondrement au débat en juin 2024, la tentative désespérée de rester malgré tout… et sous d’immenses pressions de l’establishment démocrate, une démission au milieu de l’été. Puis, à 100 jours de l’élection, le choix forcé de sa vice-présidente, Kamala Harris, sans primaires.


« Deux ans plus tard, attablé au bar d’un hôtel où il m’a donné rendez-vous, devant un Coke zéro et une frite, il constate sans joie que ses prédictions étaient à peu près toutes dans le mille. La dérive de la Maison-Blanche n’est pas une surprise pour lui, qui considère depuis longtemps Trump comme un « fasciste ».


« Le niveau de corruption et de stupidité est sans précédent. Le manque d’intégrité au département de la Justice. Le barreau, le serment, la nécessité d’une preuve… est-ce que ça veut encore dire quelque chose pour les avocats ? »


« Prenez la fusillade au dîner des correspondants. Le soir même, Trump s’en sert pour promouvoir la construction de sa salle de bal à la Maison-Blanche. Ce n’est pas sa maison, c’est la nôtre. Il a détruit l’aile Est. Je veux qu’elle soit restaurée. »


« Schmidt était pourtant l’ultime insider républicain. Il a travaillé à la réélection de George W. Bush en 2004 et a été conseiller à la Maison-Blanche dans le deuxième mandat. Il a travaillé à faire passer au Sénat les nominations de l’actuel juge en chef conservateur à la Cour suprême, John Roberts, et de celui qui est peut-être le plus à droite des neuf, Samuel Alito. En 2008, il était le stratège principal de John McCain – un film, Game Change, où il est incarné par Woody Harrelson, raconte cette campagne. C’est lui qui l’a convaincu de prendre comme colistière la populiste du Tea Party Sarah Palin, une décision qu’il a vite regrettée. Et c’est lui qui a appelé Barack Obama pour concéder la victoire, le soir de l’élection.


Mais avec Trump, répète-t-il, « le choix n’est pas entre la droite et la gauche, mais entre le bien et le mal ».


« Pourtant, malgré plusieurs humiliations et quelques rares prises de parole vite ravalées, tout le parti semble se tenir derrière le président. Aux primaires en Indiana cette semaine, cinq candidats au Sénat de l’État qui avaient voté contre la nouvelle carte électorale proposée par Trump ont perdu la nomination républicaine contre des candidats du président.


« Le Parti républicain est totalement, irrévocablement sous son contrôle. Et la descente va continuer parce que personne n’ose faire le premier geste, dire : “WTF, qu’est-ce qu’on est en train de faire ?” »


« Oui, quelques élus, au Sénat, à la Chambre, ont contesté certaines politiques de la Maison-Blanche. Mais c’est timide.


« Il n’y a pas de récompense pour quiconque voudrait dire la vérité à Donald Trump. Quelle est la nature de son administration ? Pam Bondi [ex-procureure générale], Kristi Noem [ex-secrétaire à la Sécurité intérieure] et bientôt Kash Patel [directeur du FBI] ont touché à une sorte de barrière électrique. Pas les centaines de fois où ils ont mal agi, ou par incompétence. Mais pour avoir fait mal paraître Donald Trump. »


«C’est la seule ligne à ne pas franchir.


« Tous se tiennent à un certain rang dans cette hiérarchie, sous leur Roi-Soleil. Personne n’est capable d’entrer dans le bureau de Trump et dire : “Vous êtes le problème, vous êtes un taré”, et donc personne ne peut s’attaquer aux problèmes fondamentaux. Leur solution, c’est toujours plus de Trump. Plus de paroles, plus de publications sur Truth Social. Donc son entourage lui renvoie une vision délirante du monde, où il est immensément admiré par une population qui se sent liée à lui. Trump vit en vase clos, enfermé dans une sorte de terrarium, comme un ours dans un habitat contrôlé. »


Quand il demande comment vont les élections de mi-mandat, personne n’ose lui dire : « On va se faire botter le derrière. »

- Steve Schmidt, ex-stratège républicain 


« Certains médias ont rapporté récemment que la cheffe de cabinet de Trump, Suzie Wiles, essaie désespérément de secouer les membres du cabinet et son entourage, pour qu’ils lui disent quelques vérités désagréables. « Je suis certain que c’est vrai, ne serait-ce que pour ne pas être isolée, être la seule à lui en dire ! »


« Le taux d’approbation du président continue à baisser de semaine en semaine, mesuré la semaine dernière entre 34 % (Ipsos) et 36 % (YouGov), selon les sondages. Il était à 47 % au début de son mandat, en janvier 2025.


« La grande force de Trump, à l’élection de 2024, était la perception qu’il était le candidat de l’économie. Or, l’inflation est encore haute, le prix de l’essence atteint des sommets et il ne peut plus blâmer Joe Biden.


« On voit que le taux de suicide des fermiers dans certains endroits est plus élevé que celui des anciens combattants. Quand les gens dans des petites communautés vont voir que leur facture d’électricité va augmenter parce qu’on y a installé des centres de données pour l’intelligence artificielle, ils vont se révolter. Les entrepôts transformés en camps de concentration pour migrants, les gens ne veulent pas de ça.


« Mais le plus grand mensonge, c’était sa promesse de ne pas déclencher de guerre. C’était certain qu’il allait le faire, les fascistes déclenchent toujours des guerres [autre chose qu’il disait en 2024]. Le Parti républicain va payer un prix très élevé pour ça.


« Il faut comprendre que chaque personne au Parti républicain a eu la même position que moi au sujet de Trump au départ. Et maintenant, on assiste à un défilé de lemmings, tous en file devant la falaise. Et ce qui est le plus incroyable, c’est de voir les démocrates observer ça, eux qui ont permis Biden [et sa tentative de deuxième mandat] et cette catastrophe. »


Pourtant, dit-il, l’histoire sera si sévère avec le 47e président qu’il deviendra un sujet de honte universelle. 


« Dans 25 ans, si on devait se rencontrer et faire le tour des États-Unis, on ne trouvera plus personne qui aura voté pour Trump. “Hein ? Trump ? Pas moi !” »


« Schmidt a quitté le Lincoln Project en mauvais termes avec les cofondateurs. En plus de son balado quotidien et de son Substack, The Warning, il a démarré son propre mouvement, Save America, qui prétend récolter 100 millions pour défaire des républicains aux élections de novembre.


« Il a aussi produit une publicité contre la visite du roi Charles, un geste d’apaisement envers Trump, une « répudiation » de la visite historique de son grand-père en 1939, pour lutter contre le fascisme.


C’est au contraire une attitude ferme qu’il faut.


« Mark Carney, avec son discours de Davos, a mis fin à la fièvre d’apaisement des leaders européens. Et à la complaisance face à la folie présente. Il a mis le monde devant un choix : vous pouvez continuer à vivre dans un monde délirant et partager le délire du roi fou Donald ou regarder le monde tel qu’il est. Ça m’apparaît historique.


« Carney est le plus important leader du monde anglophone. Il a la rare capacité de voir le monde tel qu’il est et de le communiquer. C’est un homme sérieux dans une ère de clowns. Il est l’opposé exact de Keir Starmer [le premier ministre britannique], venu dans le bureau Ovale avec son invitation pour une visite royale, comme si c’était le billet gagnant d’une loterie dans Willy Wonka. C’est gênant. Mortifiant. Trump se nourrit de la faiblesse des autres. »


La nouvelle génération démocrate

Schmidt a récemment participé au balado du gouverneur démocrate du Kentucky, Andy Beshear. Le politicien de 48 ans est le fils de l’ancien gouverneur de l’État Steve Beshear (2007-2015). Il a été procureur général avant d’être élu de justesse dans cet État très républicain, en 2019. Il a été réélu en 2023. Il ne fait pas mystère de ses ambitions présidentielles, l’indice le plus clair étant qu’il fait la promotion de son livre sur la « guérison » des États-Unis… qui ne paraîtra qu’en septembre.


« C’est la génération de démocrates qu’il faut entendre davantage », dit le stratège. «Les Clinton, Obama, on n’a plus besoin de les entendre, c’est fini, mais les démocrates ont de la difficulté à entendre ça. Au fait, qui a succédé à Barack Obama, en 2016 ? »


« Andy Beshear a l’avantage de n’avoir aucun passif électoral national. « Un gouverneur démocrate dans un État républicain, au milieu du pays, qui a eu beaucoup de succès ; il a tout ce qu’il faut pour être un candidat. »


« Il est loin d’être le seul. Le sénateur de l’Arizona, Mark Kelly, ancien astronaute de 62 ans, est aussi parmi les candidats solides. À côté du gouverneur de l’Illinois, J. B. Pritzker, et de celui de la Pennsylvanie, Josh Shapiro. 


« J’espère voir plusieurs personnes se porter candidates. Mais si on parle en termes de baseball, pour moi, l’espoir numéro un, c’est Jon Ossoff.»

-Steve Schmidt 


« Ossoff a réussi l’exploit de ravir un siège de sénateur de la Géorgie à un républicain, en 2021. À 33 ans, il était le plus jeune élu de la Chambre haute. C’est un modéré, en porte-à-faux avec certaines politiques démocrates campées plus à gauche.


«Schmidt est renversé de voir que Kamala Harris ne ferme pas la porte à une autre candidature, après sa défaite de 2024.


« Qu’arrivera-t-il si les démocrates reprennent le contrôle du Congrès ?


« Ils vont faire des enquêtes. Et on aura passé le point maximum du pouvoir du président. Il sera un lame duck, ce qui peut le rendre plus dangereux à un certain niveau. Il deviendra encore moins populaire, mais sa base deviendra plus extrême. Plus dense, plus chaude. Comme une étoile avant d’exploser et de devenir un trou noir. »


Selon lui, le pays est en crise. « La méfiance populaire face au pouvoir entre en collision avec la complaisance des élites. » Mais il y aura un après-Trump, un après-MAGA. Le pays peut être sauvé, en somme…


« J’aimerais voir revenir une forme d’harmonie dans notre politique avant qu’on puisse passer à autre chose. »


Chronique intitulée

Maga est en train de mourir

Entrevue avec Steve Smith, un ex-stratège républicain

Yves Boisvert

La Presse

le 10 mai 2026