« Regarder le monde aujourd’hui, c’est accepter de voir une image qui se fragmente. Crise internationale, crise climatique, crise de l’itinérance, crise de l’abordabilité. Dans ce bourdonnement incessant du lexique de l’urgence, au présent comme au futur, il devient difficile de discerner autre chose qu’une toile peinte aux couleurs sombres.
« Devant ce chaos, le pessimisme semble la réponse la plus logique, presque la plus intelligente, certainement la plus attrayante. Pourtant, au cœur de ce qui nous apparaît comme une tempête, une force silencieuse mais absolue persiste : l’esprit indomptable de notre humanité.
« Force est d’admettre que la lutte est l’une des rares expériences véritablement universelles à l’échelle humaine. Elle est notre dénominateur commun. Que l’on soit un étudiant qui se déchire l’esprit sur un examen complexe ou un militant engagé dans le démantèlement de siècles de préjugés, la structure des épreuves que nous devons traverser est la même. Elle exige de la ténacité, de la patience et un travail acharné. Mais surtout, elle exige de croire que l’issue peut nous être favorable.
« Évidemment, toutes les luttes ne naissent pas égales. Et c’est encore plus vrai quand on regarde celles d’aujourd’hui. Mais elles se nourrissent toutes de la même sève. Sans cette étincelle initiale, l’effort meurt avant même d’avoir commencé.
« Et c’est à ce moment-là que nous revenons au titre de notre histoire : l’esprit indomptable de notre humanité. De quoi s’agit-il, au fond ? C’est d’abord ce refus viscéral de s’avouer vaincu. C’est aussi cette résilience innée qui ne se contente pas de subir la tempête, mais qui l’apprivoise pour transformer chaque bourrasque en un nouvel élan. C’est enfin cette force souveraine qui nous permet de nous élever au-dessus du désespoir, non pas en ignorant la douleur, mais en la piétinant pour en faire un tremplin vers l’idéal que nous portons en nous.
« Il va sans dire que nous faisons face à des défis qui semblent insurmontables. On nous dit que le système est trop rigide, que le climat est déjà condamné, que la haine est irréversible. Si nous acceptons ces prémisses, nous acceptons la défaite avant d’avoir commencé la bataille. Pour changer le monde, nous devons d’abord croire qu’il peut être changé. C’est là que réside la source de l’esprit indomptable de notre humanité : l’optimisme.
« L’optimisme n’est pas une attente passive que les choses s’améliorent. L’optimisme est d’abord le carburant qui permet de traverser les obstacles. C’est la capacité de voir dans les vagues qui nous frappent non pas une fin, mais le reflet de notre identité profonde. C’est dans le chaos que nous définissons qui nous sommes vraiment.
« Nous ne sommes pas optimistes par simple tempérament ou par confort. Nous le sommes par nécessité. Dans les moments de noirceur, l’optimisme est l’outil et ce levier indispensable pour amorcer un changement tangible. C’est une décision stratégique autant qu’une posture spirituelle. Sans lui, nous restons paralysés, comme des spectateurs de notre propre déclin.
« Certains diront que l’espoir qui naît de l’optimisme est une illusion. Nous devons répondre que le cynisme est une prison. Le cynisme est confortable car il nous dédouane de l’action. Si rien n’est possible, alors pourquoi essayer ? L’optimisme, au contraire, est exigeant. Il nous impose de porter le fardeau de la responsabilité. Il nous implore de devenir les artisans de notre propre avenir plutôt que les gardiens de notre propre ruine. Il nous somme de rester debout là où nous sommes invités à nous agenouiller, dans le but de chercher la lumière non pas parce qu’elle est évidente, mais parce qu’elle est nécessaire.
« C’est pourquoi il ne s’agit pas ici de nourrir un espoir aveugle, mais de définir une posture éthique face au tumulte de notre époque. Au-delà du simple ressenti, ce dont il est question ici est cette tentative incessante de reconstruire une identité humaine solide là où l’image du monde se fragmente.
« Parce qu’avec l’optimisme, la question n’est jamais de savoir si nous allons gagner. De toute façon, la victoire est un concept flou. La véritable question est de savoir ce que nous choisissons d’incarner pendant que nous marchons vers l’inconnu. Car sinon, que reste-t-il à l’humanité sans son humanité ? Si nous abandonnons cette capacité d’espérer envers et contre tout, nous perdons la fibre singulière qui nous distingue profondément des machines et du néant.
« L’optimisme nous permet de rester debout, non pas parce que nous sommes plus puissants que la tempête, mais parce que nous refusons catégoriquement de la laisser souffler notre flamme intérieure. C’est cet espoir, produit de notre optimisme, qui nous donne la force de continuer. Et c’est, ultimement, à travers cette force indomptable que nous finirons par faire basculer le monde. Non pas avec un miracle soudain, mais par la répétition obstinée de notre refus de céder.
«C’est ça, l’esprit indomptable de notre humanité.»
Lettre d'idée intitulée
L’esprit indomptable de notre humanité
David Jauvin
jeune optimiste
Le Devoir
11 février 2026

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