14 décembre 2025

Chronique - La neige, oui mais...

« Il neige. C’est beau. Des millions de flocons tombent du ciel. Une pluie de confettis comme lorsqu’on gagne à Star Académie. Des milliers de poignées de grains de riz comme ceux qu’on lance à ceux qui se marient. Quand il neige, on est tous des mariés qui sortent de l’église éblouis.


« La neige, c’est de la poésie. Surtout quand on la regarde à l’abri. Dans notre nid. Peu importe la date, on est en 1902. Et pleurent les oiseaux de février :


Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
À la douleur que j’ai, que j’ai !


« Ces vers de Nelligan, je les ai en tête instantanément, dès que débute la chute. La magie de la neige, c’est de tomber sans faire de bruit. De chuter en disant chut ! Avec tant d’élégance et de féerie. 


« On dit des gouttes de pluie, mais des cristaux de neige. La pluie n’est que de l’eau, la neige est une pierre précieuse. Le plus brillant et le plus doux des métaux.


« Elle blanchit le gris de la vie. Soudain, Montréal n’est plus sale. Il est blanc comme un réflecteur. Il s’éclaire. On regarde dehors, le paysage a changé. Ce n’est plus une photo mal cadrée, c’est beaucoup mieux, c’est un tableau de Lemieux.


Il neige
Tu neiges
Je neige
Nous neigeons
Vous neigez
Ils neigent


« Ne cherchez pas l’auteur de ces vers blancs, c’est moi, on est tous poètes quand il fait ce temps.

« On est tous poètes, mais ça ne dure pas longtemps. Ce n’est pas long qu’on se met à sacrer après cette même neige qui nous faisait rêver quand on était en dedans. Quand on sort, on passe du rêve à la réalité.


« Le problème avec la neige, c’est qu’elle tombe partout. N’importe où. Pas juste où l’on voudrait bien. Pas juste dans les parcs, pas juste sur le terrain. Mais dans les rues, dans l’escalier, sur le char. Là où il faut la ramasser. La neige est de la visite folle avec laquelle on éprouve beaucoup de plaisir, mais de la visite qui colle, qui ne veut plus partir. 


« Après une journée on en aurait assez, mais elle s’est incrustée. Elle ne veut plus s’en aller. Alors il faut l’enlever. C’est forçant. Comment quelque chose qui était si léger dans le ciel peut être rendu si lourd sur terre ? Surtout dans l’escalier.


« Et puis, ça se salit rapidement, du blanc. Le beau tableau de Jean Paul Lemieux devient un graffiti noirci. Soudain, Montréal est très sale. Et notre voiture est ensevelie. 


« Les vers qui nous viennent à l’esprit, ce n’est plus : « Ah ! comme la neige a neigé ! » C’est : « Ah ! comme la souffleuse a soufflé ! », « Ah ! comme la charrue a charrié ! »


« C’est fou combien une chose qui nous enchantait quand on la voyait tomber nous déplaît autant quand il faut la ramasser. Imaginez si la nature avait appris à la neige à se relever. Elle tombe du ciel, puis le lendemain elle y retourne. Vous savez, comme dans ces boules en verre, il suffit de les brasser pour que toute la neige au sol se remette à neiger.


« Je vous le concède, notre rapport à la neige est un peu compliqué. On en veut, mais en même temps, on n’en veut pas. En ville, on s’en passerait, pour autant que sur les pistes de ski il y en ait plein. En ville, on s’en passerait, pour autant qu’on ait un Noël blanc.


« Il semble bien que cette année, on l’aura. Mais on a eu aussi un novembre blanc, un début décembre blanc, on a un mi-décembre blanc. Tout ça, c’est moins évident. Ce n’est pas vraiment nécessaire. Parce que…


«Neiger, c’est gratuit.

« Déneiger, ça nous coûte des millions.


« Bien sûr, on pourrait attendre que ça fonde. La neige, au lieu de nos fonds. On ne touche à rien. On laisse la job à la chaleur. Mais la chaleur prend de longues vacances dans l’hémisphère Sud. On en aurait pour des semaines sans auto. Ça prendrait des BIXI d’hiver, des BIXSKIS.


« Au fond, il en va de la neige comme il en va de nos étoiles, de nos stars, de nos personnalités. On trouve ça beau dans les airs et puis, un coup tombées, on s’empresse de les enlever. De les évacuer. Il n’y a pas de résolution à cette chronique. La neige et nous, c’est ainsi et ça va rester ainsi. Une relation amour-haine. Je devrais plutôt dire une relation amour-haine-amour. 


« Car le désagrément des voies obstruées et des déplacements compliqués ne vient jamais entacher l’émerveillement ressenti devant une belle poudrerie.


«Bon, c’est assez, allez pelleter.»


Chronique intitulée

La neige et nous

Stéphane Laporte

La Presse

14 décembre 2025


13 décembre 2025

Ramequins aux restes de spaghetti aux saucisses +

Il restait trop peu de pâtes pour faire un repas pour deux, chez choisi de les recycler avec quelques ajouts à la sauce aux saucisses, enrichissant celle-ci d’oeufs, de chapelure et d’une fine couche de parmesan. Comme mon goûteur a plus d’appétit que moi pour les pâtes, j’en ai mis plus dans son ramequin, suffisamment pour qu’il se délecte. Si vous avez cuisiné la recette de ce spaghetti aux saucisses italiennes* et qu’il vous en reste, vous aimerez sûrement cette manière facile et rapide de les apprêter en mode recyclé.

Ingrédients pour deux sans reste

Reste de spaghettis cuit, environ 1 tasse

Reste de la sauce tomate oignons et champignons, environ 1 1/4 tasse

Reste de saucisses, une vingtaine de rondelles, chacune coupées en quatre

4 c. à soupe de chapelure de pain, ou panko

4 c. à soupe de parmesan fraîchement râpé ou autre fromage

1 c. à soupe d’huile d’olive à verser en filet


1. Dans deux petits ramequins ou autres plats allant au four badigeonnés de beurre, répartir les restes de pâte. Disperser les morceaux de saucisses sur le plat.


2. Dans un bol moyen, battre les oeufs avec la sauce, puis ajouter la chapelure. Répartir entre les deux plats cette sauce enrichie, saupoudrer de parmesan ou autre fromage, et laisser couler un filet d’huile sur chacun.


3. Mettre dans un four préchauffé à 375 °F (190 °C) en mode convection et cuire une vingtaine de minutes. Au besoin, allumer ensuite le gril (broil) et laisser gratiner 2 ou 3 minutes en surveillant.


Lien vers la recette de Spaghetti aux saucisses

https://lescarnetsdemessidor2.blogspot.com/2025/12/spaghetti-aux-saucisses-italiennes.html




Lettre d’opinion - L’IA, une nouvelle forme d’aliénation


« J’enseigne la science politique au niveau collégial depuis près de 15 ans. Cette profession est pour moi une vocation ou plutôt je devrais dire mon ikigai. Ce concept japonais appelle à trouver sa raison d’être à l’intersection de ces quatre dimensions de notre vie : faire ce que nous aimons, faire ce dont le monde a besoin, faire ce pour quoi nous sommes rémunérés et faire ce en quoi nous sommes doués. C’est un grand privilège non seulement d’avoir trouvé mon ikigai, mais surtout de pouvoir l’exercer au quotidien.


« J’ai toujours eu une certitude ; une magnifique carrière se trouvait devant moi. Or, depuis que l’intelligence artificielle (IA) s’est immiscée dans nos vies, cette conviction s’épuise, car l’IA heurte mes valeurs et les raisons pour lesquelles j’aime enseigner. Je suis passionnée par les sujets que j’enseigne et j’aime transmettre mes connaissances afin que mes étudiants, qui sont aussi mes concitoyens, comprennent les rouages de la politique et les enjeux au cœur de l’actualité. Enseigner afin qu’ils puissent réfléchir par eux-mêmes et développer un jugement éclairé.


« Nous vivons un changement important de paradigme dans notre société, car nous déléguons progressivement notre intelligence à des machines. L’IA, et plus largement les technologies numériques, génèrent d’importants enjeux éthiques et politiques, transforment notre rapport à la connaissance, la manière dont nous apprenons et même notre conception de ce qu’est penser.


« Le développement de ces outils dépasse la capacité d’action de nos institutions politiques. Trop peu, voire aucune réglementation n’est imposée aux entreprises technologiques pour protéger le bien commun. Une discussion démocratique s’impose afin de décider collectivement des paramètres, des finalités et des limites que nous voulons donner à l’IA. Pour l’instant, ces technologies s’imposent à nous sans véritable consentement citoyen. On se retrouve enchaîné à ces outils technologiques alors qu’ils ne respectent pas notre vie privée en captant massivement nos données, reproduisent des biais systémiques, fragilisent la souveraineté numérique des États, contribuent à une pression environnementale accrue et posent de réelles menaces pour nos démocraties.


« Dans ce contexte, il est impératif que les étudiants développent leur esprit critique pour comprendre les nombreuses conséquences qu’engendre l’IA sur les plans éthiques et politiques ; cependant, celle-ci nuit gravement au développement de leur esprit critique. La technologie nous dépossède de nous-mêmes ; voilà une nouvelle forme d’aliénation propre au capitalisme numérique.


« Des études commencent à démontrer les effets délétères de l’utilisation de l’IA et nous pouvons déjà en observer les répercussions chez nos étudiants : esprit critique moins développé, difficulté à structurer et à communiquer ses idées, créativité altérée, désintérêt et difficultés importantes à fournir un effort et à persévérer, désengagement, manque de confiance en soi et perte de sens.


« Plusieurs questions s’imposent. Quel est le sens de notre enseignement ? Qui veut encore apprendre ? Devons-nous encore enseigner aux étudiants à rédiger des dissertations ou des travaux de recherche alors que l’intelligence artificielle peut le faire à leur place en quelques secondes ? Ces exercices intellectuels sont essentiels pour apprendre à penser, analyser, organiser des idées, comprendre la complexité du monde et développer son esprit critique. Ils sont au cœur même de la mission de l’éducation.


« Alors, maintenant, comment peut-on enseigner afin que notre mission ait du sens ? Comment éviterons-nous de sombrer dans une société abrutie ? Comment resterons-nous humainement intelligents et non artificiellement intelligents ?


« Il faut s’empresser d’y réfléchir et de grâce, ne laissons pas l’intelligence artificielle y répondre à notre place !»


Lettre d’opinion intitulée

Cette intelligence qui nous abrutit

Valérie Leduc

professeur en science politique

Le Devoir

le 13 décembre 2025

12 décembre 2025

Pavés de saumon au beurre de basilic +

Au menu de notre repas du soir, deux portions d’un filet de saumon, cuites dans un poêlon à rainures, à la manière d'un steak, en les garnissant d’épices à bifteck, puis arrosées d’un beurre au basilic frais, plus rapide qu’un pesto, et tout aussi goûteux.


Ingrédients pour deux

2 pavés de saumon d’environ 140 g chacun

Épices à bifteck, mélange Montréal

Paprika au goût

1 c. à thé d’huile d’olive


Beurre au basilic frais

3 c. à soupe comble de beurre

1 belle gousse d’ail, pressée

3 c. à soupe de feuilles de basilic émincées finement


1. Dans un petit bol, réunir les ingrédients du beurre au basilic. Réserver.


2. Assaisonner les pavés d’épices à bifteck (la préparation du commerce est déjà salée) et saupoudrer de paprika. Badigeonner d’une fine couche d’huile d’olive.


3. Chauffer un poêlon à rainures et y cuire les pavés, côté chair dessous durant 3 minutes. Retourner les pavés et recouvrir de la presque totalité du beurre au basilic. Poursuivre la cuisson 2 minutes.


4. Servir en ajoutant le reste du beurre et déguster, hier avec des frites au four et des asperges.









Dans une église à Boston, une critique symbolique d’une politique de Trump



Les responsables d’une église catholique près de Boston refusent de modifier leur crèche de la Nativité où les figurines de Marie, de Joseph et de l’Enfant Jésus sont manquantes, défiant ainsi l’ordre de l’archidiocèse de Boston. Un écriteau sur lequel est écrit ICE WAS HERE (L’ICE est passée ici) explique leur absence par les rafles des agents de l’immigration dans la région, une critique de la politique de Donald Trump.

« La crèche, située à l’extérieur de l’église paroissiale St. Susanna à Dedham, au Massachusetts, présente les traditionnels bergers, moutons et rois mages rassemblés autour d’une mangeoire remplie de foin. L’Enfant, Jésus, Marie et Joseph brillent par leur absence.


« La Sainte Famille est en sécurité dans le sanctuaire de notre église », ajoute une petite note à l’intérieur de la crèche, qui est protégée par un écran en plastique.


« Si vous apercevez l’ICE, veuillez appeler LUCE », peut-on y lire avec le numéro de téléphone de ce groupe de défense des immigrants où on peut signaler la présence d’agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) au Massachusetts.


« En septembre, l’ICE a lancé une vaste campagne d’arrestations dans la région de Boston, comme dans d’autres grandes villes.


«S’adressant aux médias lundi soir devant l’église, le père Stephen Josoma a déclaré que le but de cette crèche était de « susciter le dialogue » et non de provoquer. Mais, a-t-il ajouté, « le fait que certains ne soient pas d’accord […] n’en fait pas un sacrilège ».


« Les responsables de la paroisse vont rencontrer l’archidiocèse avant de prendre une décision définitive sur la crèche, a-t-il indiqué.


Ordre de l’archidiocèse

« Vendredi, l’archidiocèse de Boston a ordonné à la paroisse de retirer les écriteaux de sa crèche : « Les fidèles ont le droit à de véritables occasions de prière et de culte catholique plutôt qu’à des messages politiques qui divisent », a indiqué l’archidiocèse dans un communiqué. L’archidiocèse rappelait aussi que l’Église proscrit « l’utilisation d’objets sacrés à des fins autres que la dévotion du peuple de Dieu ».


« Samedi, Todd Lyons, directeur par intérim de l’ICE, a lui aussi critiqué la crèche, la qualifiant dans le Boston Herald d’« absolument répugnante ». Selon lui, elle s’inscrit dans un « discours dangereux » qui serait responsable d’une flambée d’agressions contre les agents de l’ICE.


« Dans la paroisse et ailleurs à Dedham, certains s’étonnent de l’ordre de l’archidiocèse, survenu un mois après une déclaration quasi unanime des évêques catholiques américains condamnant les méthodes brutales de l’administration Trump en matière d’immigration.


« La crèche de l’église St. Susanna, ci-dessus, n’est pas sa première version non traditionnelle de la Nativité. En 2018, elle avait représenté l’Enfant Jésus dans une cage, à l’époque où des enfants de migrants arrêtés avaient été séparés de leurs parents. 


« Nous sommes attristés par l’état du débat actuel et la diabolisation des immigrants », avaient écrit les évêques en novembre, se disant « préoccupés par les conditions dans les centres de détention et par l’absence de soutien pastoral. Nous déplorons que certains immigrants aux États-Unis aient arbitrairement perdu leur statut légal ».


Changement climatique

« La crèche de l’église St. Susanna, dans une rue animée d’une banlieue aisée de Boston, n’est pas sa première version non traditionnelle de la Nativité.


« Celle de 2018 avait aussi suscité la controverse : elle représentait l’Enfant Jésus dans une cage, une scène qui, selon les dirigeants de l’Église, reflétait la politique d’immigration en vigueur. En 2019, la paroisse a évoqué le changement climatique, montrant certains personnages dans l’eau jusqu’à la taille.


« D’autres crèches de Noël à thèmes politiques ont surgi dans tout le pays cette année. Ainsi, une église d’Evanston, en Illinois, représente l’Enfant Jésus les mains liées par des attaches en plastique. Près de Chicago, Marie, Joseph et Jésus sont absents ; un peu comme à Dedham, un panneau indique qu’« en raison de l’activité de l’ICE dans notre collectivité, la Sainte Famille se cache ».


«Au Massachusetts, les catholiques sont généralement plus libéraux que dans d’autres régions et la paroisse St. Susanna a obtenu de nombreux soutiens. 


« Sur sa page Facebook, les réactions à la crèche sont partagées. Certains remercient la paroisse de « dire la vérité au pouvoir », mais d’autres la jugent sévèrement. « Le diable a infiltré l’église », dit l’un d’eux.


« Quelle honte de parodier ainsi la naissance du Christ », a écrit un observateur.

« Vous êtes du bon côté de l’histoire », a rétorqué un autre.


« J’aimerais habiter assez près de cette église pour la fréquenter », a déploré une femme.


« Elizabeth Doris-Gustin, 67 ans, voisine de longue date de la paroisse et membre d’une église épiscopale, affirme qu’elle et beaucoup de ses voisins attendent avec impatience chaque année les crèches de Noël de l’église St. Susanna.

« On peut ne pas être d’accord avec tout, mais ça fait réfléchir, dit-elle. J’aimerais que plus d’églises aient la même audace. »


« Elle espère que la paroisse conservera sa crèche de 2025 : « Je vais prier pour qu’ils la gardent. »


Article intitulé

Jésus, Marie et Joseph sauvés de l’«ICE»

Jenna Russell

Le New York Times

La Presse

le 12 décembre 2025

11 décembre 2025

Spaghetti aux saucisses italiennes, version simplifiée +


Un vrai spaghetti de paresseuse, je ne prends même pas le temps de déshabiller les saucisses, je les coupe en rondelles, les fais dorer dans un grand poêlon avec des poivrons et des oignons, je verse un peu de sauce tomate et du bouillon, j'incorpore des champignons, je laisse bouillonner le tout une vingtaine de minutes à découvert, j'ai fait cuire des spaghettis, c’est presque prêt en même temps.

Ingrédients pour deux avec restes

2 c. à soupe d’huile d’olive + 1 c. à thé de beurre

1 ou 2 oignons jaunes, en lamelles

6 saucisses italiennes fortes, en rondelles

2 demi-poivrons, en dés

1/2 barquette de champignons, tranchés

1/2 tasse de sauce tomate du commerce

1 1/4 tasse de bouillon de boeuf réduit en sel


La façon de faire est dans le texte de présentation. Bien entendu, on peut ajouter d’autres légumes, ce pourrait être l’occasion de vider le frigo, étant donné que c’est une version du mercredi soir, quand il n’y a plus grand-chose au réfrigérateur ou dans les armoires parce que les rabais de la semaine commencent le jeudi matin.




Il vous en reste ?
Voyez ce que pourrez faire en vous servant de quelques ingrédients que vous avez toujours chez vous afin de récupérer les restes de spaghettis, de sauce et de saucisses.

https://lescarnetsdemessidor2.blogspot.com/2025/12/ramequins-aux-restes-de-spaghetti-aux.html