« Le succès évolutif de notre espèce s’explique par plusieurs facteurs, mais, selon certains, le plus important serait l’hypersociabilité d’Homo sapiens, c’est-à-dire notre capacité à coopérer dans des groupes de plus en plus grands. On est ainsi passé de regroupements de quelques dizaines d’individus, à l’instar des grands primates, compétitionnant avec les autres groupes pour l’accès aux ressources, à des regroupements de plus en plus importants qui se donnaient des règles pour vivre ensemble et réussir à mieux survivre. On a donc vu apparaître dans l’histoire de l’humanité des tribus, des villages, des villes, des régions, des pays et des empires.
« Depuis l’hécatombe de la Deuxième Guerre mondiale, l’humanité avançait, même si c’était bien imparfaitement, vers un ordre mondial où les règles du vivre-ensemble prédominaient sur la force brute. Quand on regarde les succès de l’humanité des 80 dernières années, tous les développements scientifiques, médicaux, sociaux, culturels, techniques qui ont amélioré les conditions de vie d’une grande partie des humains, et que l’on constate que, devant des problèmes comme les changements climatiques, on tentait, même maladroitement, de trouver ensemble des solutions, on ne peut que conclure que la coopération a bien meilleur goût.
« Le fait que le leader du pays le plus riche et le plus puissant cherche, poussé par un ego surdimensionné, à s’approprier personnellement la puissance de l’État qu’il dirige et semble vouloir recréer le règne des empires où la loi du plus fort règle les interactions est inquiétant. On ne peut qu’espérer que ce ne soit qu’un bégaiement de l’histoire, comme elle en a toujours connu, et que ce hoquet ne durera pas trop longtemps.»
Lettre intitulée
L’hypersociabilité et le succès de l’espèce humaine
Joffre C. Allard
Le Devoir
le 9 janvier 2026

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