23 avril 2026

La stratégie de la patience : observer, attendre

« Les négociations pour le renouvellement de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique doivent commencer cet été : elles n’augurent pas très bien, avec un président qui considère le commerce international comme un jeu à somme nulle (ce que tu gagnes, je le perds, et vice-versa) et qui délire sur le mauvais sort que son pauvre pays subirait de la part du Canada. Le secrétaire au Commerce américain, Howard Lutnick, a d’ailleurs tenu récemment des propos méprisants sur la position du Canada et de son premier ministre (« It’s nuts ») qui, comme chacun le sait, serait un parfait crétin. Sans surprise, les discussions préliminaires plutôt discrètes qui ont cours depuis des mois ne mènent à rien avec un interlocuteur qui impose des tarifs à l’emporte-pièce, que les tribunaux viennent justement d’invalider. En général, le protectionnisme, c’est bien connu, protège des intérêts particuliers plutôt que le bien commun.

« Nous sommes pour le moment les spectateurs impuissants d’une relation difficile entre le Canada et « les » États-Unis. Mais le gouvernement actuellement aux commandes chez nos voisins est loin de représenter le point de vue et les intérêts de l’ensemble des acteurs économiques américains — une réalité capitale, un peu sous-estimée, dont il faudrait tenir compte, comme le suggérait dans une excellente entrevue à 24/60 (20 avril 2026) le professeur Richard Ouellet, de la Chaire sur les nouveaux enjeux de la mondialisation économique : dans ces conditions, la meilleure stratégie serait sans doute d’y aller bien lentement, de laisser traîner les choses, bref de faire le gros dos en attendant de pouvoir discuter plus sérieusement et plus civilement avec un nouveau gouvernement.» 


Lettre d’opinion intitulée

Faire le gros dos

François Thérien

Le Devoir

le 21 avril 2026

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