22 mars 2026

Regard sur le Moyen-Orient

 


Au 22jour du conflit, l’Iran s’accroche et ne montre aucun signe de recul. En frappant lourdement le sud d’Israël samedi, Téhéran perce le système de défense israélien et attise les ardeurs de ses opposants. Au petit matin dimanche, Israël ripostait déjà avec de nouvelles frappes. Donald Trump, lui, a lancé un ultimatum au régime des mollahs au sujet du blocage du détroit d’Ormuz.


Attaques en Israël

« Samedi, les États-Unis et Israël ont mené des frappes contre un complexe nucléaire dans la ville de Natanz, le principal site d’enrichissement nucléaire de l’Iran, selon l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. L’armée israélienne a toutefois nié l’attaque – et le Pentagone a refusé de commenter la situation. Dans la soirée, l’armée iranienne n’a pas tardé à répliquer : des missiles ont atteint deux localités du sud de l’État hébreu, détruisant des bâtiments et faisant une centaine de blessés, selon le service national d’urgence médicale en Israël, qui a décrit la situation comme une « catastrophe ». La cible ? Vraisemblablement un centre de recherche nucléaire israélien, près de la ville de Dimona, qui n’a toutefois pas été atteint. D’après la presse étrangère, ce centre de recherche a contribué à la production d’armes nucléaires au cours des dernières décennies. « Si le régime israélien est incapable d’intercepter des missiles dans la zone hautement sécurisée de Dimona, cela signifie, sur le plan opérationnel, que nous entrons dans une nouvelle phase du conflit », a déclaré le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, sur X. À peine quelques heures plus tard, la ville israélienne d’Arad a été lourdement frappée.


Des frappes marquantes

« Ma mère a crié », a raconté à l’AFP Ido Franky, un adolescent de 17 ans vivant à Arad. « C’est effrayant, cette ville n’avait jamais connu ça », a-t-il décrit, après s’être réfugié dans un abri avec sa famille. Cette frappe sur Arad est majeure, dans le conflit, puisqu’elle a fait – selon les dires d’Israël – le plus grand nombre de blessés en une seule attaque. Il s’agissait également de la première fois que des missiles iraniens pénétraient le système de défense aérienne israélien dans cette zone. La soirée a été très difficile pour Israël, a déclaré le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. « Nous sommes déterminés à continuer de frapper nos ennemis sur tous les fronts », a-t-il assuré. Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que ses menaces soient mises à exécution : la journée de dimanche était à peine entamée en Iran, que l’armée israélienne menait déjà de nouvelles frappes au cœur de Téhéran. Pendant ce temps, l’Iran continuait de tirer des missiles, notamment en Arabie saoudite, où le ministère de la Défense a rapporté que la région de Riyad avait été visée par trois missiles balistiques iraniens.


Une puissance affaiblie ?

« Depuis le début du conflit, la puissance de combat de l’Iran a été considérablement réduite, d’après l’armée américaine, qui a déclaré avoir frappé plus de 8 000 cibles et 130 navires. Selon les rapports des services de renseignement américains, les frappes de l’été dernier ont aussi retardé de plusieurs mois le programme nucléaire de Téhéran, sans toutefois l’avoir éliminé. Mais après que l’armée iranienne eut tiré des missiles, sans atteindre la cible, vers la base américano-britannique de Diego Garcia, située dans l’océan Indien à environ 4000 km du Moyen-Orient, des experts estiment que l’Iran a encore des atouts cachés dans sa manche. Cette attaque est un signal politique qui démontre que l’Iran a encore des capacités militaires jusqu’ici insoupçonnées, a écrit sur X le chercheur français Etienne Marcuz. L’armée iranienne a aussi averti samedi les Émirats arabes unis qu’elle les prendrait pour cible s’ils autorisaient des attaques contre des îles du Golfe appartenant à l’Iran.


Risque d’« accident nucléaire »

« Pendant ce temps, les critiques contre les attaques se multiplient. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), notamment, redoute le pire, et appelle « à la retenue militaire afin d’éviter tout risque d’accident nucléaire ». Aucune fuite de matières radioactives n’a été signalée sur le site de Natanz, a tout de même précisé le directeur de l’Agence. De leur côté, les membres du G7 ont demandé samedi à l’Iran « la fin immédiate et sans condition » de ses attaques « injustifiées ». Même le Kremlin, allié de longue date de l’Iran, a condamné les frappes, qu’il qualifie d’« irresponsables », car elles présentent « des risques réels de catastrophe à l’échelle de tout le Moyen-Orient ». Israël est considéré comme le seul pays doté de l’arme nucléaire dans la région, mais entretient l’ambiguïté sur le sujet.


Un ultimatum de Trump

« En fin de soirée, samedi, Donald Trump a lancé un ultimatum à l’Iran sur Truth Social : si la République islamique ne rouvre pas le détroit d’Ormuz dans les 48 prochaines heures, les États-Unis anéantiront les centrales électriques de l’Iran – ce à quoi l’armée iranienne a répondu qu’elle riposterait et ciblerait les infrastructures énergétiques dans la région. La veille, le président avait pourtant affirmé que les opérations militaires contre l’Iran pourraient être graduellement réduites. Ses directives sont donc très attendues par le Congrès américain, qui n’avait pas donné son aval au déclenchement de la guerre avec l’Iran. Entre-temps, le détroit d’Ormuz demeure bloqué. L’armée américaine a déclaré, samedi, qu’elle avait « réduit » la capacité de l’Iran à y paralyser la navigation en bombardant cette semaine une installation souterraine. Une vingtaine de pays – dont le Canada, les Émirats arabes unis et le Japon – ont réitéré être « prêts à contribuer aux efforts » nécessaires à la réouverture du passage maritime. »


Article intitulé

De lourdes frappes iraniennes dans le sud d’Israël

Megan Foy

Avec les informations de l’Agence France-Presse, du New York Times, du Washington Post, de l’Associated Press et de CNN

La Presse

le 22 mars 2026

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