« Il n’y a pas de manière plus délicate de le dire : plus le monde brûle, plus nos gouvernements détournent le regard. Chaque Jour de la Terre qui passe, le constat sur l’état de la planète s’enfièvre. La science ne nous dit plus « Attention ! » du bout des lèvres ; elle clame plutôt « Ça y est, nous y voilà ! », tentant de convaincre les autorités du monde entier de l’urgence d’agir. Mais même si la crise s’intensifie, la réponse politique s’amenuise, et prend la forme d’un formidable déni de responsabilité à l’endroit des générations futures.
[...]
« Est-il encore temps ? Oui, mais à peine. Dans le lot de nouvelles à faire pleurer, il y a des touches d’espoir. Comme le fait qu’en 2025, les énergies renouvelables ont comblé tout la nouvelle demande d’électricité dans le monde, que l’énergie solaire a répondu aux trois quarts de ces besoins et que les centrales au charbon et au gaz ont fait du surplace. Ces centrales aux combustibles fossiles répondent encore à la vaste majorité des besoins en électricité sur la planète, mais leur contribution commence à décliner, au profit de l’énergie propre. C’est une nouvelle digne de mention.
« La transition est possible. Mais elle exige des gouvernements qu’ils cessent de traiter l’ambition climatique comme un luxe réservé aux périodes de prospérité. En réalité, c’est l’inverse : plus le temps passe, plus les coûts de l’inaction sont exorbitants et plus les options se réduisent. 2026 marquera-t-elle le moment où les citoyens — électeurs, consommateurs, contribuables — cesseront d’accepter la rhétorique du « oui, mais plus tard » de la part de gouvernements qui ont tous les outils pour agir maintenant ? Le monde brûle maintenant. »
Extraits de l’éditorial intitulé
Déni de responsabilité
Marie-Andrée Chouinard
Le Devoir
le 24 avril 2026

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