14 août 2026

Washington menace l’Iran d’un «isolement comme le monde n’en a jamais vu»



« Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a menacé jeudi l’Iran d’un isolement économique « comme le monde n’en a jamais vu », nouveau signe d’un durcissement de Washington, qui promettait pourtant début août un accord imminent pour rouvrir le détroit d’Ormuz.


« Ce sera une combinaison d’un isolement économique comme le monde n’en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d’Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d’entrer ou de sortir des ports iraniens », a déclaré M. Bessent sur la chaîne conservatrice Newsmax, en promettant de nouvelles mesures, sans en préciser la nature : « Restez à l’écoute, d’autres annonces arrivent la semaine prochaine. »

« Le ton a changé en quelques jours : le 4 août, le même Scott Bessent évoquait un accord possible avec Téhéran « aujourd’hui ou demain » pour rouvrir ce passage stratégique du commerce mondial d’hydrocarbures. « Nous avons de très bonnes discussions », avait déclaré le même jour Donald Trump, assurant que l’Iran voulait passer un accord.


« Ces propos rassurants avaient fait grimper Wall Street et chuter les cours du pétrole.


« Cette nouvelle escalade verbale intervient alors que la guerre, déclenchée fin février par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, approche de son sixième mois : le protocole d’accord conclu en juin pour y mettre durablement fin a volé en éclats début juillet, avant que Donald Trump ne suspende les frappes à la fin du mois, en conditionnant cette pause à la conclusion rapide d’un accord.


« Tout accord devait inclure l’ouverture « complète et totale » du détroit d’Ormuz et « la fin de la menace nucléaire iranienne », avait-il affirmé le 1er août.


« Le président américain semble depuis privilégier une approche plus attentiste, fondée sur la pression économique.


« Actes de piraterie »

« Sur le terrain, le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole mondial, reste le point de friction le plus brûlant.


« Les Émirats arabes unis ont dénoncé une attaque iranienne menée jeudi soir contre deux navires affiliés à la compagnie pétrolière publique ADNOC qui franchissaient le détroit. Abou Dhabi a condamné les « actes de piraterie » des Gardiens de la Révolution qui constituent « une menace directe » pour « la sécurité énergétique mondiale ».


« Les Émirats ont demandé à l’Iran de « rouvrir complètement et sans condition » ce passage.


« Téhéran a de son côté fustigé jeudi les « mensonges » de Donald Trump, qui avait assuré la veille, sur son réseau Truth Social, que les États-Unis avaient un contrôle « total » du détroit.


Ormuz reste « sous la gestion et le contrôle total de la République islamique », a martelé Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement central Khatam al-Anbiya.

« Dans les faits, le détroit est verrouillé par l’Iran depuis le début de la guerre, tandis que les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens. Téhéran exige des navires une autorisation et veut imposer à terme des frais de service, ce que Washington refuse.


« Avant Scott Bessent, le vice-président J.D. Vance avait affiché jeudi sur Fox News la priorité donnée à l’arme économique : « l’objectif numéro un » des États-Unis est de « faire en sorte que le pétrole et l’essence restent bon marché pour les Américains », « l’objectif numéro deux » étant « d’assurer que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire ».


« M. Bessent a, lui, présenté sa stratégie comme la combinaison de deux leviers, l’asphyxie financière et le blocus physique, citant Cuba et le Venezuela en comparaison : « Le Venezuela s’est immédiatement effondré quand nous avons imposé le blocus », s’est-il félicité.


« Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé jeudi les États-Unis de « mauvais calculs » liés à des défaillances du renseignement. « Un exemple : la guerre contre l’Iran. Maintenant, un mauvais calcul encore plus important sur le détroit d’Ormuz », a-t-il écrit sur X.


Article intitulé

Washington menace l’Iran d’un «isolement jamais vu» loin des promesses d’accord sur Orumuz

Benjamin Legendre à Téhéran

Agence France-Presse

Le Devoir

Le 13 août 2026 à 22 h27




 

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