31 août 2026

Macaroni bolognaise poêlé +



Un macaroni hyper savoureux dans une sauce à la viande et qui se fait dans un seul poêlon à condition que les pâtes soient déjà cuites. Toutefois, ce plat nécessite de couper plusieurs légumes en dés, un travail qui pourra se faire en équipe avec un gourmand, toujours disposé à mettre la main à la pâte. 

Ingrédients pour quatre

400 g de porc haché maigre

2 c. à soupe d’huile d’olive + 1 c. à soupe de beurre

1 carotte moyenne, en dés

1/2 poivron orange + 1/2 poivron jaune, en dés

1 petite courgette jaune + 1 petite courgette verte, en dés

1/2 barquette de champignons, en quartiers

1/2 tasse de vin rouge

1 ou 2 c. à soupe de concentré de tomate

1/2  tasse de sauce tomate

1 tasse de bouillon de boeuf

2 c. à soupe de pesto

1/8 c. à thé de poivre de Cayenne

2 tasses de macaronis twistés al dente

4 c. à soupe de coriandre hachée


1. Saler, poivrer et saupoudrer de paprika le porc haché. Dans un grand poêlon, le dorer dans l’huile et le beurre sur feu moyen-vif. Éviter de le remuer la viande pendant les premières minutes de cuisson, la laisser prendre de la couleur, ce qui accentuera son goût. Lorsqu’elle est bien dorée, la transvider dans une assiette.


2. Dans le gras restant, ajouter les carottes et les poivrons et cuire entre 3 et 5 minutes. Saler et poivrer à chaque addition.  Ajouter les courgettes et les champignons, puis mouiller avec le vin rouge. Laisser réduire 2 ou 3 minutes.


3. Remette la viande dans le poêlon et ajouter le reste des ingrédients, y compris les macaronis, mais réserver la coriandre que l’on ajoutera au service. Laisser mijoter une dizaine de minutes, surtout si les pâtes ont été cuites al dente, elles termineront leur cuisson en se gorgeant des saveurs ambiantes.







Un conte du Devoir - Le président qui marchait à l’envers




Chaque lundi, Le Devoir vous propose de ralentir en réfléchissant avec lui à un sujet qui colore l’air du temps. Cette semaine, on revient sur les peurs découlant des politiques et des déclarations du président Trump.


« Chez moi, on parle d’à peu près tout autour de la table. Les soirées sont toujours trop courtes et nos échanges sont souvent ponctués de rires qui n’en finissent pas. Le rire, c’est le lubrifiant de la vie !


L’autre soir, on s’est copieusement bidonnés en parlant de Donald Trump. Dans la frénésie des échanges, il nous a fallu à plusieurs reprises baisser le ton pour ne pas réveiller les enfants qui dormaient au premier étage.


Tous ne dormaient pas. Le lendemain matin, Eva, ma petite-fille de 7 ans, m’a demandé tout bonnement : « Grand-papa, tu pourrais me dire pourquoi vous n’aimez pas le président des États-Unis ? » Surpris, je suis d’abord demeuré figé, puis j’ai balbutié une réponse qui n’en était pas véritablement une pour gagner du temps.


La vraie réponse allait prendre la forme d’un conte. Le soir venu, je me suis réfugié dans mon bureau et j’ai accouché du Président qui marchait à l’envers. Sans jamais le nommer, je parlais de Donald Trump afin que le message ait une plus grande portée.


J’avais envie de le partager avec les lecteurs du Devoir. J’en ai fait un résumé. Qui sait, quelqu’un pourrait un jour s’en inspirer pour se sortir d’embarras ou encore expliquer à ses enfants ou à ses petits-enfants l’étrangeté du monde dans lequel on vit.»


Le conte

« Tout le monde ne parlait que de lui. Sa voix enterrait constamment celle des autres. Certains l’admiraient, d’autres le détestaient, mais presque tous le craignaient. Il parlait fort, pointait les gens du doigt et voulait toujours gagner. Mais pour lui, gagner ne suffisait pas : il voulait aussi que les autres perdent.


— Il a toujours l’air fâché. Pourquoi tout le monde l’écoute ? demanda un soir le jeune Émile à ses parents.

— Parce qu’il est très puissant, répondit son père.

— C’est quoi, être très puissant ?

— Être très puissant, c’est pouvoir faire à peu près ce que l’on veut, quand bon nous semble.

— Est-ce qu’il lui arrive de faire de mauvaises choses ?

— Malheureusement, oui !

— Mais pourquoi l’ont-ils élu président ?

— Il a fait croire aux gens qu’il avait une baguette magique pour faire pousser de l’argent dans les arbres. Les gens l’ont cru et ils ont voté pour lui.


Dans ce pays, les citoyens habitaient des maisons rouges ou bleues. Le président détestait les habitants des maisons bleues, qui n’avaient pas voté pour lui. Il les insultait sans cesse, oubliant qu’une fois installé dans la grande Maison-Blanche, il devait être le président de tous.


Incapable de supporter la critique, il rejetait la responsabilité de ses propres problèmes sur la Terre entière. Il déclara même des guerres commerciales à plusieurs nations, tout en s’étonnant de ne pas recevoir le prix Nobel de la paix.


— C’est comme ton ami Théo au Monopoly, lui expliqua son père. Quand il se met à perdre, il change les règles en plein milieu de la partie parce qu’il est plus fort. C’est ce que le président fait avec les autres pays.

— Ses parents ne lui ont pas appris à vivre ? rétorqua Émile.

Sa mère, qui était psychologue, choisit soigneusement ses mots :

— Tu as la chance d’avoir des parents qui t’aiment pour ce que tu es. Le président, lui, a eu un père très dur. « Si tu ne profites pas des autres, ce sont les autres qui vont profiter de toi », lui répétait-il sans cesse, à la façon d’un clou que l’on martèle jusqu’à ce qu’il ne dépasse plus. On ne l’a pas aimé pour ce qu’il était, mais pour ce qu’on voulait qu’il devienne. Il s’est construit un personnage pour ne jamais décevoir son père. Il en est prisonnier.


C’est un mécanisme de défense, comme un bouclier invisible. C’est comme s’il avait appris à marcher au plafond : lui demander de marcher sur le plancher est devenu impossible.


— Et ceux qui gouvernent avec lui ne voient pas qu’il marche à l’envers ?

— Ils le voient, mais certains ont peur, et d’autres veulent seulement s’accrocher au pouvoir.

— C’est quoi, le pouvoir ?

— Malheureusement, trop souvent, le pouvoir, c’est de décider pour les autres. Certaines personnes aiment tellement le pouvoir qu’elles seraient prêtes à tout pour l’obtenir ou ne pas le perdre.


Émile réfléchit un moment puis dit :

— On ne devrait pas en vouloir seulement aux gens qui font des sottises, mais aussi à ceux qui les regardent faire sans rien dire.


Sa mère sourit. Sans le savoir, Émile venait de paraphraser Albert Einstein.

— Que peut-on faire alors ? demanda le garçon.

— Ne plus avoir peur, conclut sa mère. La peur est le carburant de l’intimidateur. Le jour où plus personne n’a peur, l’intimidateur se dégonfle comme un ballon. Il faut nommer les choses calmement et ne pas accepter l’inacceptable. Le Canada apprend aujourd’hui à faire des affaires avec des partenaires plus fiables.

— Est-ce qu’il est heureux, le président ?


Sa maman resta silencieuse. Elle n’avait pas la réponse. Mais cette question en disait long sur son garçon. Il était capable d’empathie. Cela lui donna espoir pour l’avenir.»


Le surlendemain, j’ai lu le conte à Eva. Elle était très attentive. Du haut de ses 7 ans, elle me regarda droit dans les yeux et me dit : « Grand-papa, je t’aime. J’espère que tu ne te mettras jamais à marcher à l’envers. »


Conte intitulé

La président qui marchait à l’envers

Normand Bergeron

citoyen de Laval

Le Devoir

le 31 août 2026

30 août 2026

Clafoutis choco-cantaloup +


Ce dessert léger qui se fait généralement avec des cerises ressemble à s’y méprendre à une de mes tartes de paresseuse. Il se prépare rapidement avec peu de farine et peu de sucre et avec de l’huile au lieu de beurre. Pour le rendre plus appétissant, je le recouvre de tranches d’amande et d’une fine couche de sucre brut et le repasse au four, ce qui lui a conféré un croustillant craquant.


Ingrédients pour six portions ou huit portions

2 tasses de cubes ou morceaux plutôt petits de cantaloup 

1 c. à soupe de cassonade 

4 c. à soupe de pépites de chocolat noir 

2 gros œufs 

1/4 tasse de tranches d’amande, moulues finement 

1/3 tasse de lait ( moi, soya à la vanille) 

1/2 c. à thé d’essence de vanille (omettre si le lait est vanillé) 

1/4 tasse d’huile de pépins de raisin ou autre végétale au goût neutre 

1/2 tasse de farine tout usage non blanchie 

2 c. à soupe de cacao non sucré

1 c. à thé de levure chimique (poudre à pâte) 

1/3 tasse de cassonade 

1 pincée de sel 


Garniture craquante 

1 poignée de tranches d’amande 

2 c. à soupe de sucre brut 


La cuisson se fait dans un four à 375 °F (190 °C) et dure un peu plus de 30 minutes. 


1. Beurrer une assiette à tarte profonde et y disposer les morceaux de cantaloup. Parsemer de cassonade et de pépites de chocolat. 


 2. Dans un bol moyen, battre les oeufs au fouet avec les amandes moulues, le lait et l’huile. 


 3. Dans un bol un peu plus grand, mélanger la farine, le cacao, la levure, la cassonade et le sel. 


 4. Incorporer les ingrédients liquides (2.) aux ingrédients secs (3.) et bien mélanger à la spatule. Verser cette préparation sur les cubes de cantaloup. 


 5. Enfourner et cuire 30 minutes ou jusqu’à ce que la pâte soit ferme. 


6. Retirer du four et recouvrir de tranches d’amande et de sucre brut. Remettre au four sur la grille du centre, le gril (broil) allumé et laisser bronzer 2 minutes en surveillant bien, 1 minute de plus et les amandes cramaient. 


Secret de cuisine 

Cuit dans une assiette à tarte, ce dessert fait de plus belles tranches après avoir été réfrigéré. Meilleur tiède, on réchauffera les portions restantes 15 secondes au micro-ondes avant de les servir. 


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Y a-t-il des adultes auprès du président ?


« Et voici que Trump signe un décret présidentiel pour rebaptiser le lac Ontario « lac Amérique ». Et quoi encore !

C’est une provocation inutile de plus dans le cadre du conflit absurde et puéril qu’il entretient avec le Canada. Une guerre qu’il mène avec encore plus d’enthousiasme aujourd’hui qu’à l’époque de son premier mandat.


Plus les jours passent, plus la situation s’envenime. Et plus ça semble plaire au président américain, qui s’amuse à jeter de l’huile sur le feu.


N’y a-t-il pas quelqu’un dans son entourage qui pourrait lui expliquer à quel point cette guerre contre le Canada est stupide ?


Quelqu’un qui pourrait lui rappeler que traiter le Canada avec moins d’égards que l’Arabie saoudite et Mark Carney avec moins de bienveillance que Kim Jong-un est indécent ?


Quelqu’un qui aurait pu lui dire que c’était à la fois bête et contre-productif de se présenter jeudi devant les caméras avec son marqueur et de faire subir au lac Ontario le traitement qu’il avait réservé au golfe du Mexique ?


Hélas, non.


Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a les deux mains sur le volant, pour le meilleur et (surtout) pour le pire.


Pendant la quasi-totalité de son premier mandat, les membres de son entourage qu’on surnommait « les adultes » le protégeaient contre lui-même. Ils mettaient ainsi le reste du monde à l’abri des plus folles lubies de ce président, dont on se demande parfois s’il a encore toute sa tête.


Plus personne n’ose aujourd’hui se mettre sur son chemin. Il parvient ainsi à mener plusieurs de ses idées les plus délirantes à terme. Les nombreux errements, faux pas et scandales depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump en sont l’évidence même.


C’est aussi l’un des constats des journalistes du New York Times Maggie Haberman et Jonathan Swan, qui ont publié en juin un essai captivant sur la première année de Trump 2.0. Dans Regime Change, ces deux journalistes nous entraînent dans les coulisses de la Maison-Blanche. Ils nous permettent de mieux comprendre les causes et l’ampleur de la dérive en cours.


« Trump a abordé son premier mandat présidentiel en novice, rappellent-ils. Et bien que l’on ait beaucoup écrit sur les bouleversements de cette première présidence et sur l’ensemble des normes qu’il a transgressées, ces inquiétudes paraissent aujourd’hui bien désuètes. »


En 2015, il « avait rempli son cabinet de gens qui lui étaient étrangers, aux états de service irréprochables, des généraux comme James Mattis et John Kelly, qui le considéraient, lui ainsi que sa vision du monde, comme dangereux et 

détestables ».


Or, « vers la fin de son mandat, il a nourri un profond ressentiment face à l’impact qu’ils avaient eu sur sa présidence. Il a alors pris la résolution de gouverner différemment la fois suivante – s’il devait y avoir une prochaine fois », écrivent les journalistes.


Et c’est exactement ce que Donald Trump a fait.


***


On retrouve aujourd’hui autour de lui des idéologues zélés, comme Stephen Miller, qui est notamment conseiller à la sécurité intérieure, ou Russell Vought, qui dirige le Bureau de la gestion et du budget de la Maison-Blanche.


Il y a aussi bon nombre de lèche-bottes. Le cas du secrétaire d’État, Marco Rubio, l’illustre de façon éloquente dans Regime Change.


« Il attendait que Trump sollicite son avis pour le lui donner, avec déférence. Il voyait son rôle comme celui d’un exécutant de la volonté de Trump et cherchait rarement à lui imposer ses propres vues », lit-on. Comme la plupart des membres de l’entourage du président.


Il y a enfin, parmi les autres personnalités qui ont gravité dans l’entourage de Donald Trump depuis janvier 2025, une série de personnages louches et amoraux (Bill Pulte, Laura Loomer, Boris Epshteyn…), qui l’ont flatté tout en alimentant sa paranoïa, nourrissant ainsi ses « penchants les plus sombres ».


Des conditions gagnantes pour que les choses tournent mal.


D’autant plus que Donald Trump aime toujours plus provoquer des crises que les gérer, qu’il s’estime maintenant tout-puissant… et qu’il vieillit. Il est plus fatigué, il entend moins bien qu’avant et il apparaît encore plus décomplexé qu’autrefois, signalent les journalistes.


« Quel que fût le mince filtre verbal qu’il possédait par le passé, il avait désormais disparu. Il disait tout ce qu’il voulait, quand il le voulait. »


Les décisions de Donald Trump font trop souvent l’unanimité à la Maison-Blanche. Les républicains au Congrès sont également presque tous serviles. L’institution ne joue donc plus son rôle traditionnel de contre-pouvoir.


Mais il arrive parfois qu’un conseiller de Donald Trump, consterné par une décision prise par le président, tente de s’interposer et de le faire changer d’avis.


On apprend dans Regime Change que le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a demandé au président de mettre de l’eau dans son vin avant l’imposition de droits de douane à quelque 180 pays en avril 2025.


Lors d’une réunion à ce sujet dans le bureau Ovale, il a tenté d’intercéder en faveur du Canada et du Mexique et de freiner l’imposition de droits de douane dans le secteur automobile.


En vain.


Howard Lutnick a par la suite été pris à partie par Donald Trump, qui l’a accusé d’être trop faible. Il a appris la leçon. On l’a vu à plusieurs reprises, depuis, défendre publiquement son président avec zèle.


C’est ce qu’il a fait encore jeudi, en accusant le premier ministre Mark Carney de viles manœuvres qui auraient eu pour but d’empêcher le Parti québécois de remporter les élections provinciales.


On ne saura probablement jamais ce qui s’est vraiment passé vendredi dernier à Washington lorsque les négociations ont achoppé. Mais il faut s’attendre à ce que les membres de la garde rapprochée de Donald Trump continuent à s’en prendre au Canada et à Mark Carney avec virulence.


Certains recommenceront peut-être même à évoquer l’idée de faire du Canada le 51e État américain.


Ces loyaux conseillers ne se comportent pas en adultes. Ils ne reculeront devant rien pour faire le bonheur du président. »


Chronique intitulée

Trump, les adultes en moins

Alexandre Sirois

La Presse

le 28 août 2026

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