02 juin 2025

Escabèche de saumon de Marie-Fleur St-Pierre, bis +


Cette méthode de «cuire» le saumon dans une marinade bouillante est originale, on laisse le poisson refroidir quelques heures avant de le servir, une savoureuse idée pour accueillir les journées chaudes que l’on prévoit cette semaine. J’avais adapté l’accompagnement en y ajoutant des épices, de l’ail et des épinards et j'ai servi avec une salade de lentilles et des croûtons à l'ail badigeonnés au pinceau de vinaigrette. Délicieux !


Ingrédients pour deux

2 filets de saumon de 120 g sans la peau 

1 petit oignon rouge, émincé 

1/4 tasse d'huile d’olive 

1/4 tasse de vin blanc 

1/4 tasse de vinaigre de xérès 

1 branche de thym (moi, feuille de laurier)

Le zeste de 1 citron 


Salade de lentilles au cari

2 c. à soupe d’huile d’olive

1/2 botte de feuilles d’épinards, grossièrement hachés

1 belle gousse d’ail, dégermée et pressée

1/2 c. à thé de cari

1 conserve de 19 oz de lentilles, rincées et égouttées 


1. Dans une assiette creuse, mettre le saumon, assaisonner avec du sel fin et recouvrir avec les tranches d’oignon. Réserver. 


2. Dans une petite casserole porter à ébullition les trois liquides, la branche de thym (feuille de laurier) et le zeste de citron. Verser ce mélange sur le poisson et l’oignon. 


3. Couvrir et laisser mariner au frigo au moins 3 heures. (J'ai préparé la veille et laissé macérer les filets 24 heures.) Le poisson préparé de cette manière peut se garder jusqu’à deux jours. 


4. Pour la salade, faire revenir doucement les épinards et l’ail dans l’huile sur feu moyen. Ajouter les lentilles et assaisonner avec le cari, le sel et le poivre. Servir tiède ou froid.


Premier essai de saumon en escabèche, La cuisine de Messidor, publié en avril 2013


http://lacuisinedemessidor.blogspot.com/2013/04/escabeche-de-saumon-de-marie-fleur.html







Une séparation inévitable


« Dure semaine à la Maison-Blanche pour Donald Trump. En plus d’avoir déclenché une guerre sans merci avec certaines des meilleures universités du pays, le président des États-Unis voit partir Elon Musk, celui qui devait être capable de réduire la taille de l’État fédéral américain, ce qu’aucun politicien n’avait réussi avant lui.


« Le président a profité de la réputation de M. Musk et, au début, il aimait bien qu’il s’occupe d’un pseudo-ministère de l’efficacité gouvernementale (DOGE) qui n’avait aucune existence légale. Ce qui comptait, comme c’est très souvent le cas avec M. Trump, c’était l’impression que pouvait donner le tandem Musk-Trump, l’homme le plus riche du monde qui faisait équipe avec l’homme le plus puissant du monde.


« Mais le mariage n’aura pas duré. À part quelques fermetures spectaculaires comme celles de l’agence d’aide internationale USAID et du service de diffusion internationale Voice of America qui projetait le soft power américain aux quatre coins du monde, le bilan du DOGE est loin d’être spectaculaire. Surtout, la réduction draconienne de la taille de l’État et du nombre de fonctionnaires ne s’est pas vraiment matérialisée.


« Et plus le temps passait, plus les divergences d’opinions entre MM. Trump et Musk devenaient profondes. M. Trump avait promis de ne jamais toucher aux prestations de sécurité sociale (l’équivalent américain des pensions de vieillesse), alors que M. Musk disait que c’était une « pyramide de Ponzi », une fraude qui ne pouvait durer.


« Musk était contre les droits de douane annoncés en grande pompe par M. Trump lors de ce qu’il a appelé le « jour de la libération ». Et dernièrement, il était contre le One Big Beautiful Bill, le mégaprojet de loi économique de l’administration Trump qui, en augmentant le déficit, « défait tout ce [qui a été] fait à DOGE », dit celui qui veut s’occuper davantage de ses entreprises, dont Tesla et X.


« La séparation, même si on a pris bien soin de dire qu’elle était à l’amiable, était devenue inévitable. Mais elle arrive quand même à un bien mauvais moment pour M. Trump qui connaît le premier véritable passage à vide depuis son retour à la présidence.


[...]


« M. Trump ne l’a pas caché pendant sa campagne électorale, s’il gagnait un second mandat, il avait bien l’intention de se venger de tous ceux qui, estime-t-il, l’ont déconsidéré. Sa guerre contre les plus grandes universités américaines – Harvard, en particulier, puisqu’elle est la plus prestigieuse de toutes – ne s’explique pas autrement.


« En attendant, il doit se préparer à une bataille juridique sur la légalité de ses droits de douane, invalidés par le Tribunal de commerce international, jugement qui a été suspendu en appel. L’affaire devrait se rendre jusqu’en Cour suprême.


« Les tribunaux vont de plus en plus souvent être appelés à se prononcer sur les initiatives du président Trump et même s’il possède une supermajorité de juges conservateurs à la Cour suprême, les tribunaux inférieurs et, surtout, les tribunaux administratifs risquent de ralentir la mise en œuvre de ses politiques.


« D’autant que sur le fond, son recours à des lois lui permettant d’invoquer une situation d’urgence économique ne font pas l’unanimité même dans les milieux les plus conservateurs, ce qui rend assez imprévisible une éventuelle décision de la Cour suprême.


« L’aluminium importé du Québec serait une menace pour la sécurité nationale des États-Unis ? Vraiment ? Les pièces d’automobiles fabriquées en Ontario aussi ? Et pourquoi doit-on craindre les « deux par quatre » canadiens ? 


« Il est de plus en plus évident que les droits de douane imposés par l’administration Trump ne sont nullement motivés par des raisons économiques, mais par la politique la plus partisane. Comme le montre bien l’annonce de son intention de doubler les droits de douane sur l’acier et l’aluminium canadiens dans un discours partisan devant des travailleurs de l’acier en Pennsylvanie.


« Reste à voir si les tribunaux américains seront capables de reconnaître qu’il y a un lien direct entre les droits de douane imposés par le président Trump et ses intérêts strictement partisans. Parce que, bien franchement, on en est rendu là. »

01 juin 2025

Petits pains de viande à la chinoise +

J’aime cette façon toute simple de réaliser des pâtés, on peut varier les viandes et les saveurs presque à l’infini. Ils sont toujours réussis et les restes font de bons sandwichs. Ceux-ci, faits de porc haché et d'ingrédients aux saveurs chinoises, vont nous régaler, j'en suis certaine. Appréciation à venir...


Ingrédients pour deux avec restes 

400 g de porc haché  

1/4 tasse de flocons d’avoine, cuisson rapide

1/4 tasse de panko

3 champignons blancs, hachés 

1 oeuf battu 

1 petite échalote sèche, hachée finement

1 c. à soupe de sauce soya réduite en sel

1 c. à soupe de beurre d’arachide

1 c. à soupe de sauce hoisin

3/4 c. à thé de cinq épices chinoises

Sel léger, poivre au goût


Garniture 

2 c. à soupe de sauce hoisin   


 La cuisson des petits pâtés se fait dans un four à 375 °F (190 °C) et dure environ 25 minutes.  


1. Dans un grand bol, réunir tous les ingrédients des pains de viande. Assaisonner au goût de sel et de poivre, mélanger. avec les mains.  


2. Dans les six alvéoles d’un moule à muffins standards soigneusement huilées, répartir la préparation à l’aide d’une petite mesure de 1/2 tasse. Presser doucement chacun. S’il vous en reste, les ajouter dans les six alvéoles.  


3. Sur chacun des pâtés de viande, étendre une fine couche de sauce hoisin. 


4. Enfourner et cuire 25 minutes. Servir avec du riz et une bonne salade.  


Librement adaptés d’une recette semblable,

https://lacuisinedemessidor.blogspot.com/2023/07/vacances-en-cuisine-50-petits-pains-de.html 



Trois juges osent dire à Trump qu’il n’a pas le droit de jouer au yo-yo


« On a beaucoup insisté sur la stupidité économique des tarifs mondiaux de Donald Trump.


« Mais le président a-t-il seulement le droit de décréter des tarifs « mondiaux » du jour au lendemain ? De les faire passer de 145 % à 30 % pour la Chine ? De les annoncer pour le Canada, puis de les réimposer, et de les annuler encore… en les fixant à 10 % pour la potasse et le pétrole, mais à 25 % – voire 50 % s’il met à exécution sa menace de vendredi – pour l’acier et l’aluminium ? En faisant fi des traités internationaux, y compris ceux qu’il a signés ?


« Le Tribunal de commerce international des États-Unis a répondu non de manière retentissante mercredi.


« Les décrets du président à la base des tarifs étaient attaqués par une

douzaine d’États et des entreprises qui importent des biens aux États-Unis.


« Les trois juges ont conclu que Trump a abusé de son pouvoir.


« Pour justifier ces décrets, la Maison-Blanche invoque une loi de 1977, la Loi sur les pouvoirs économiques internationaux d’urgence (IEEPA), qui accorde des pouvoirs extraordinaires au président pour faire face à une crise économique.


« Ce qu’on oublie de dire, c’est que cette loi remplaçait une autre loi similaire que le président Nixon avait utilisée.


« Nixon, en plus de la première crise pétrolière, avait dû faire face à une crise monétaire qui a mené à l’abandon de l’étalon-or pour le dollar américain.

« Le Congrès a jugé que le président était allé trop loin dans ses décisions, et que la loi d’urgence donnait au président des pouvoirs « dictatoriaux ». C’est donc pour limiter ce qu’un président peut faire au nom de l’urgence économique qu’on a adopté l’IEEPA en 1977.


« Car il faut comprendre que c’est le Congrès, pas le président, qui a autorité en matière de commerce. L’IEEPA est une cession temporaire de pouvoir par le Congrès au président, quand une urgence nationale le justifie. Pas quand le président a envie de s’en emparer. De toute manière, la Constitution ne permet pas au Congrès de liquider ses pouvoirs au profit du président.


« Pour qu’un président puisse utiliser ces pouvoirs, il faut respecter certains critères. Il doit y avoir une véritable menace extérieure à la sécurité nationale ou à l’économie américaine. Cette menace doit être « inusitée et extraordinaire ». Il faut enfin que l’urgence nationale déclarée soit logiquement liée à cette menace et que l’action du président réponde à cette urgence.


« Les trois juges concluent que les critères ne sont tout simplement pas respectés. 


« Trump a usurpé le pouvoir du Congrès en jouant au yo-yo avec les tarifs mondiaux. Ni les circonstances extraordinaires ni le lien rationnel entre ses actions et la supposée urgence n’ont été démontrés.


« Nous ne disons pas que l’utilisation par le président des tarifs comme outil de négociation est mal avisée ou inefficace, écrit en substance la Cour. La question n’est pas là : ce n’est simplement pas permis par la loi dans les circonstances.


[...]


« L’effet du jugement est suspendu depuis jeudi par une cour d’appel. L’affaire devra être débattue sous peu à nouveau. On devine que la Cour suprême sera éventuellement saisie de l’affaire. Il faudrait tordre la loi pour penser qu’ils sont légaux. Mais ça s’est déjà vu…


« On est donc très loin d’en avoir fini avec le jeu des droits de douane. Il faudra que l’effet économique soit ressenti par les Américains pour que la pression politique augmente au Congrès. Et encore.


« Au moins, dans l’intervalle, on voit que des juges de toutes provenances trouvent le moyen de dire cette évidence : Donald Trump a beau avoir une âme fasciste, il n’a pas les pouvoirs d’un dictateur.


« Ils le font en sachant qu’ils seront attaqués violemment par le président et ses porte-voix, insultés sur les réseaux sociaux, et probablement menacés personnellement.


«Car, incroyablement, il faut maintenant du courage aux États-Unis pour simplement rappeler au président qu’il y a un État de droit.


Yves Boisvert

Extraits de la chronique intitulée:

Ces juges qui osent dire à Trump qu’il n’est pas dictateur

La Presse

le 31 mai 2025, publié à 6 h

31 mai 2025

Renversé aux poires et au cacao


Il ressemble à celui que j’ai déjà publié* mais le sirop, qui se compose de sirop d’érable, de cassonade et de lait de coco, ajoute une note caramélisée à l’ensemble du gâteau. Excellent petit renversé, le sirop pénètre jusqu'au centre de la pâte et la rend moelleuse. Un peu plus sucré toutefois, on servira de plus petites pointes...! :) 


Ingrédients pour 6 ou 8 portions

1 tasse de farine tout usage

4 c. à soupe de cacao

1 c. à thé de levure chimique + 1/4 de bicarbonate de soude

1/4 c. à thé de sel

2 poires, pelées et coupées en tranches

1/4 tasse d’huile de pépins de raisin ou autre huile végétale neutre

1/2 tasse de cassonade

2 oeufs 

1/3 tasse de boisson soya à la vanille ou de lait


Sirop à l’érable

1/2 tasse de sirop d’érable

1/2 tasse de cassonade

1/3 tasse de lait de coco ou crème légère


La cuisson se fait dans un four à 400 °F  (200 °C) dans une assiette à tarte en céramique, et dure 35 minutes.


1. Dans une casserole, sur feu moyen-vif, porter les ingrédients du sirop à ébullition, puis laisser mijoter pendant 1 minute. Verser au fond de l’assiette. Ajouter les poires et réserver.


2. Dans un bol moyen, battre la cassonade avec l’huile au fouet. Ajouter les œufs et bien mélanger.


3. Dans un bol plus petit, mélanger la farine, le cacao, la levure chimique, le bicarbonate et le sel.


4. À la cuillère, incorporer ces ingrédients secs dans le mélange aux oeufs en alternant avec le lait de coco. 


5. Répartir la pâte sur le sirop et les poires. Enfourner entre 30 à 40 minutes, moi 35, ou jusqu’à ce qu’un cure-dents inséré au centre du gâteau en ressorte propre.


6. Laisser tiédir le gâteau avant de le renverser sur une assiette. 


*Adaptée de la recette publiée dans La cuisine de Messidor,

https://lacuisinedemessidor.blogspot.com/2022/12/renverse-surprise-aux-poires-et-au.html




Qui a peur du mot génocide ?


« Le journal L’Humanité a décidé de le mettre en une la semaine dernière. Libération a publié la lettre de 300 auteurs y ayant recours. Les représentants mondiaux d’Amnistie internationale l’emploient tous les jours. Le général Roméo Dallaire ne fait aucun détour. Plus de 900 avocats et anciens juges britanniques l’ont brandi cette semaine.

« L’utilisation du mot génocide pour parler de la situation à Gaza se répand de plus en plus.


« À un point tel qu’il est en train de devenir un marqueur politique. Dans plusieurs cercles progressistes, reconnaître l’existence d’un génocide commis par Israël contre les Palestiniens de Gaza, et ce, même si aucun tribunal international n’a statué sur la chose, c’est être du côté de la vertu, du courage. À l’inverse, refuser de l’employer, c’est de la lâcheté, voire de la complicité avec le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Nétanyahou.


« Mais la pression ne vient pas que de là. Dans les cercles pro-israéliens, l’utilisation du terme est vue comme une hérésie. Une insulte profonde à l’histoire des Juifs qui ont subi l’Holocauste et dont les plus profondes blessures ont été ravivées par les attaques du Hamas du 7-Octobre.


« Entre les deux, un immense fossé.


« En principe, c’est la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par l’Afrique du Sud en décembre 2023, qui a la responsabilité d’établir si Israël commet un génocide selon les termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, s’il faut se fier au passé, cette cour mettra de nombreuses années à trancher sur le fond de la question.


« Le tribunal a cependant trouvé assez de raisons de s’inquiéter pour imposer à l’État hébreu trois séries de mesures conservatoires – en janvier, mars et mai 2024.


« Ces dernières, qui ordonnent notamment à Israël de mettre fin à ses opérations militaires à Gaza, ont été largement ignorées par le pays visé, sans grande conséquence. Les mandats d’arrêt lancés contre le premier ministre Benyamin Nétanyahou2 et contre l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant3, qui sont suspectés de « crimes de guerre consistant à affamer délibérément des civils » et de crimes contre l’humanité « de meurtres, de persécutions et d’autres actes inhumains », restent lettre morte.


[...]


« De plus en plus de voix, auxquelles j’ajoute la mienne, demandent qu’on reconnaisse l’extrême gravité de la situation et qu’on agisse en conséquence.


« Parce qu’une fois qu’on a dit le mot génocide, qu’est-ce que ça change ? Rien et tout, en même temps.


« Rien, parce que les avertissements qu’ont émis les tribunaux internationaux, les Nations unies et les grandes organisations humanitaires et des droits de la personne auraient dû suffire à faire passer les gouvernements occidentaux, alliés d’Israël, à l’action. Mais nous n’avons vu que des mises en garde timides à ce jour, dont le dernier coup de semonce du Canada, de la France et de la Grande-Bretagne.


« Tout, parce que les pays qui ont signé la Convention sur les génocides sont tenus légalement d’agir pour les prévenir ou pour les arrêter, sans quoi ils peuvent être tenus responsables lors d’un éventuel procès. Et cette obligation d’agir peut prendre plusieurs formes. Suspendre les liens diplomatiques et les ententes avec Israël, mettre fin à tout transfert d’armes, sanctionner les individus et les organisations qui ont un lien avec les crimes reprochés. Même une intervention militaire pour faire cesser le carnage doit être envisagée.


« Je sais, ce sont des responsabilités lourdes pour les gouvernements, liées à l’utilisation du mot génocide, mais les conséquences de ne rien faire ou de n’en faire pas assez sont beaucoup plus graves. »


Extraits de la chronique intitulée

Est-il temps de parler de génocide ?


Laura-Julie Perreault

La Presse

Le 31 mai 2025

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